LA DANSE ET LA MUSIQUE EN CHINE
Si les huit modulations sont gardées et s'il n'y a aucune confusion dans les différents accords, les esprits et les hommes seront unis » (1).
Actuellement, les fonctions du Ministère de la musique sont : « de diriger et surveiller tout ce qui concerne le nombre et la mesure des tons et des sons musicaux, de les adapter hartnonieusement à des chants composés exprès, de les faire résonner sur des instruments et de les approprier aux fêtes et cérémonies publiques, aux réceptions de la cour et aux grands sacrifices, afin d'approfondir le clair et Tobscur et d'unir par l'harmonie le haut et le bas » (2). C'est sans doute à l'harmonie sociale, que s appUque ce dernier paragraphe : mais le ministère tout entier peut être considéré comme une survivance d'une époque très primitive, où la vie du clan, dominait tout dans la société chinoise et où la musique jouait en effet im rôle des plus importants, parce que sa fonction consistait, en s' associant à la poésie et à la danse, à entretenir des sentiments et des idées jugées nécessaires à la bonne harmonie du corps social.
Ce souci de Tintérêt social et le besoin d'y rapporter tout ce qui peut faire impression sur le cœur ou l'esprit des hommes domine dans tout le système politique de la Chine. Il est permis d'en faire remonter l'origine à l'époque très lointaine des clans primitifs et d'en attribuer la conservation au développement lent et régulier de la société chinoise, qui jamais n'a oublié ses origines et qui, tout eu agglomérant et subordonnant les clans, n'a jamais non plus songé à les abolir. — Mais cette prétention chinoise de régenter la littérature dans un but d'utilité sociale, s'est surtout donné carrière à propos de Tart dramatique.
,1) ChoU'King in Livres sacrés de l'Orient^ 52. (2) Bazin, loc. cit., 219.