LES CONTES POPULAIRES EN KABYLIE
encore qu'auparavant. Satni dit à Thouhoui : «Que j'accomplisse ce pourquoi je suis venu à présent. » Elle lui dit : « La maison où tu es sera ta maison; mais je suis chaste; je ne suis pas une personne vile. S'il est que tu désires avoir ton plaisir de moi, tu feras souscrire tes enfans à mon écrit afin qu'ils ne cherchent point à disputer contre mes enfans au sujet de tes biens. ■ Satni fit amener ses enfans et les fit souscrire à l'écrit. Satni dit à Thouhoui : « Que j'accomplisse ce pourquoi je suis venu à présent. Elle lui dit : • La maison où tu es sera ta maison; mais je suis chaste; je ne suis pas une pereonne vile. S'il est que tu désires avoir ton plaisir de moi, tu feras tuer tes enfans afin qu'ils ne cherchent pas à disputer contre mes enfans au sujet de tes biens. » Satni dit : « Quon commette sur eux le crime dont le désir t'est entré au cœur. » Elle fit tuer les enfans de Satni devant lui ; elle les fit jeter en bas de la fenêtre aux chiens et aux chats et *ceux-ci en mangèrent les chairs et il les entendit pendant qu'il buvait avec Thouhoui. Satni dit à Thouhoui : « Accomplissons ce pourquoi nous sommes venus maintenant ; car tout ce que tu as dit devant moi, on Ta fait pour toi. » Elle lui dit : • Rends-toi dans la chambre. » Il se coucha sur un lit d'ivoire et d'ébène, afin que son amour reçût récompense et Thouhoui se coucha sur le rebord. Satni allongea la main pour la toucher : elle ouvrit sa bouche à la largeur d'un grand cri. »
Tkouboui est simplement une sorcière. De sa bouche sort un vent furieux, qui emporte Satni et le laisse loin de là* tout nu, dans une chambre de four (1).
B. La LITTÉRATURE BeRBÈRE.