‹ L'évolution littéraire dans les diverses races humainesChapitre 9 sur 209 · LE LANGAGE CHEZ L*£NFANT · texte numérisé non relu

LE LANGAGE CHEZ L*£NFANT

homme (1). Les Malais ont des mots pour désigner les principales couleurs ; ils n'en ont point pour dire « couleur » en général (2). Le vocabulaire basque n'a qu'un même terme pour dire « volonté, désir, pensée » (3).

De cet ensemble de traits particuliers aux langues des primitifs, on pourrait déjà inférer avec assez de certitude le caractère de leur littérature, en déduire les qualités et les défauts ; surtout on peut prévoir que la parole, élément essentiel des littératures développées, ne doit jouer dans l'esthétique littéraire des primitifs qu'un rôle en quelque sorte accessoire ; qu'elle doit se subordonner humblement à la mimique et au chant. Mais, avant de conclure cette enquête préliminaire, il nous faut encore voir quelle est la langue de l'enfant, quelle est aussi sa littérature ; car il y a plus d'une analogie entre le premier âge de l'individu et celui du genre humain.

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