‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 12 sur 67 · HOMME LANGAGE · texte numérisé non relu

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d'autres fourmis, #Btime de communication. M. Hague, le géologue, écrivant à

ent se communique M. Darwin, de l'Amérique du Sud, dit que sur le dessus de cheinformations à dis ES inée de son salon, il y avait trois vases habituellement remqualité des odeus lis de fleurs fraîches. Un nid de fourmis rouges découvrit ces au pied d'une trar-Meurs, et forma une ligne vers elles passant constamment en

haute de six pieds aut et en bas entre le dessus de la cheminée et le plancher, sorte d'assemblé et aussi entre le dessus de cheminée et le plafond. Pendant se consulter. Tout à plusicurs jours successivement, M. Hague repoussa fréquem-

a rapidement la face ent au moyen d’une brosse, les fourmis du mur vers le planr. Au sommet de hEher. Mais comme elles ne furent pas tuées, la ligne se reforma. es broussailles proSun jour cependant il tua avec son doigt quelques-unes des e de temps, l'infor- ourmis sur le dessus de la cheminée. L'effet fut immédiat et sous, et une colonne nattendu. Aussitôt que quelques fourmis, en approchant, arrix Brtrent près de la place où leurs camarades étaient couchées,

riais la colonne, a > cette perturbation stance de plusieurs battre en retraite. »

he s’efforce de troun'y a pas de ponts, squ'au moment où haque fourmi alors u, et monte dessus, de devant, tenant s avec leurs mandifourmis, et quanl la force des petites e à traverser, penrent des morceaux sement du bac juse aussi longtemp;

nortes ou mourantes, elles s’en retournèrent et s'enfuirent avec oute la hâte possible. En une demi-heure, le mur au-dessus de a cheminée était débarrassé à fourmis. Durant l'espace d’une eure ou deux la colonne d’en bas continua à monter jusqu’au bord inférieur, coupé en biais, de la cheminée, et là, les individus plus timides, quoique incapables de voir le vase, devinrent quelue peu conscients du danger, et retournèrent sans autres invesigations, pendant que les plus audacieux avançaient avec hésiation un peu sur le bord supérieur de la cheminée, et étendant eurs antennes et allongeant leurs cous, parurent donner un oup d'œil prudent par-dessus le bord, de façon à voir leurs ompagnes mourantes. Alors, à leur tour, ils tournèrent casaque Bt suivirent les autres, exprimant, par leur attitude, beaucoup l'excitation et de terreur. Une heure ou deux plus tard, le senier ou piste conduisent de la colonie inférieure au vase, était ntièrement dégagé de fourmis.

….Un trait curieux et invariable est fourni par le fait que lors- | qu'une fourmi, rebroussant chemin par frayeur, en rencontrait ne qui s’approchait, toutes deux communiquaient toujours, ais chacune poursuivait son propre chemin, la seconde fourmi ontinuant son voyage jusqu’à l'endroit où la première fourmi avait pris la fuite, et suivant alors son exemple. Pendant quelques jours, après les faits qui précèdent, il n'y eut plus de fournis visibles sur le mur, tant au-dessus qu'au-dessous de la che-

étendue de la coooit être considérée gnes. Voici maine de quelque sys

minée. Puis quelques fourmis de la colonie inférieure comme cèrent à reparaître, mais au lieu d'aller au vase qui avait été scène du désastre, elles l'évitèrent d’un commun accord, et si vant le bord inférieur de la cheminée jusqu'au verre qui étail# milieu, elles recommencèrent leurs déprédations sur celui: avec exactement le même résultat.

Dernièrement, sir John Lubbock a fait quelques expériencx dans le but spécial de mettre à l'épreuve les facultés de commr nication des fourmis. 11 vit que si une fourmi découvre un dép de larves en dehors du nid, elle revient au nid, et bien qu'elk n'ait pas de larves à montrer, sait demander aide et assistance de nombreuses amies se mettant en devoir de la suivre, comm guide, vers l’amas de larves qu'elle a découvert. Dans une expé rience très instructive, sir John disposa trois morceaux de rubar chacun de deux pieds et demi de longueur environ. Un bouti chaque ruban était attaché au nid, et l’autre plongeait dans w verre. Dans le verre correspondant à l'extrémité de l’un da rubans, il plaça un nombre considérable de larves (de 300 à 6h dans un autre verre, à l'extrémité d’un autre ruban, il ne ni que deux ou trois larves, et laissa vide le troisième verre.

Le verre vide était mis là pour voir si une des fourmis iraiti

ce verre, par hasard. Il prit alors deux fourmis, en placça l'un gag dans le verre pourvu de nombreuses larves, et l'autre dans k into verre où il n’y en avait que quelques-unes. Chaque fourmi pri dist une larve, la porta au nid, revint pour en reprendre et ainsi @ la r suite. Après chaque voyage, il ajoutait une larve au verre où la c y en avait peu, afin de remplacer celle qui avait été déplacée. l: un résultat de l'expérience fut que, durant quarante-sept heures que demie, les fourmis qui étaient allées au verre contenant de not breuses larves amenèrent deux cent cinquante-sept amies à (1) leur aide, tandis que durant cinquante-trois heures, celles qu “ps étaient allées au verre contenant deux ou trois larves seulement, L' orm

n’en amenèrent que quatre-vingt-deux ; et aucune fourmi n'alh au verre sans larves. Comme tous les verres étaient expos dans les mêmes conditions, et comme les chemins menant au deux premiers devaient, au début, en tous cas, être égalemeil odorants grâce au passage d°5 fourmis, ces résultats apparair sent très concluants comm démonstration de l'existence tk

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quelque faculté de communication bien définie par laquelle les fourmis ont pu faire savoir, non seulement qu'il y avait des larves, mais même quel était le point où la plus grande abondance D s'en rencontrait. Pour les moyens de communication, ou la méthode des signes, il est certain que chez les fourmis comme chez les abeilles, ils consistent principalement en gestes faits par les antennes, mais des gestes d'autres sortes sont aussi employés, comme cela est suffisamment bien prouvé par l'observation suivante du révérend D° M Cook: « J'ai vu une fourmi s'agenouiller devant une autre, en baissant et allongeant sa tête, et se coucher sans mouvement, exprimant ainsi, aussi clairement que les

signes du langage peuvent le faire, son désir d'être nettoyée. Je compris de suite le geste, comme le fit la fourmi à qui s'adressait le geste, car celle-ci se mit immédiatement à la besogne. » Voilà pour la faculté de faire des signes déployée par les hyménoptères. Ne possédant guère de faits analogues relatifs aux autres invertébrés (1), je passerai maintenant aux vertébrés. Ray a observé les différentes intonations mises en usage par la poule commune, et les a trouvées uniformément significatives d'idées ou d'états émotionnels différents. Par conséquent, nous pouvons avec raison considérer ceci comme un système de langage, quoique très rudimentaire. Il distingue en tout neuf ou dix intonations distinctes qui signifient autant d'émotions et d'idées distinctes, savoir: l’action de couver, la conduite de la couvée,

D la recherche de la nourriture, l'alarme, la recherche d’un abri, D la colère, la douleur, la crainte, la joie ou l’orgueil d'avoir pondu

un œuf. Houzeau, qui fait des observations indépendantes, dit que les poules articulent au moins douze sons significatifs (2).

(1) Le meilleur exemple que je connaisse parmi les invertébrés, en dehors des hyménoptères, est celui que j'ai moi-méme observé, et déjà rappelé Cans l'Évolution mentale chez les Animaux.

L'animal dont il s’agit est la chenille processionnaire. Ces larves émigrent sous la. forme d’une longue ligne rampant en file, la tête de l’une touchant la queue de l'autre, Si un membre de la série se trouve déplacé, la chenille en avant de celuici s'arrête, et commence à agiter sa tête d’une manière particulière de côté et d'autre. Ceci indique à la chenille la plus rapprochée d'arrèter sa marche et d’agiter sa tête, et ceci continue jusqu’à ce que toutes les chenilles en avant de l'interruption soient arrêtées, toutes :agitant leurs têtes ; mais aussitôt que l'intervalle est comblé par l'avance de la partie postérieure de la colonne, le devant se remet en marche, et l'agitation des têtes cesse.

(2) Facullés mentales des Animaux, t, IL, p. 348.

Beaucoup d'autres exemples pourraient être empruntés sur oiseaux, et plus encore aux mammifères, montrant que des sons vocaux sont employés avec l'intention d'exprimer des sensations obs ou des idées définies ; mais pour éviter les longueurs, je citerai seulement quelques faits sous une forme condensée.

« Dans le Paraguay, le Cebus azaræ, quand il est excité, articule au moins six sons distincts qui excitentchezles autres singes | des émotions semblables (Rengger).. C'est un fait plus remarquable, que le chien, depuis sa domestication, a appris à aboyer È de quatre ou cinq manières différentes: l'aboiement de l’ardeur, dou comme dans la chasse, celui de la colère comme dans le grognement, le glapissement ou hurlement du désespoir, quand il est enfermé. l'aboiement de nuit, le jappement de joie quand il part d'a pour une promenade avec son maître, et le jappement très distinct, de supplication, quand il désire qu'une porte ou une fenêtre soit ouverte (1). »

Je puis encore rappeler en passant les exemples de l'usage des signes, par les mammifères, qui sont détaillés dans mon Intel. ligence des Animaux.

M. S. Goodbehere m'a parlé d'un poney qui avait l'habitude de repousser le verrou intérieur d'une grille dans son enclos, À et qui hennissait pour faire venir un âne qui était en liberté dans la cour voisine : l'âne venait alors, soulevait le loquet extérieur, et ouvrait la barrière en délivrant le poney.

Au sujet des gestes, M"° K. Addison m'écrivit que son choucas, qui vivait dans un jardin, et qu’elle baignaït habituellement, lui rappelait qu'elle avait oublié de préparer le bain, en venant devant elle, et en faisant les mouvements correspondant à ses

ablutions, sur le sol. A

Youatt cite le cas d'un cochon | qui fut dressé à arrêter le SN kr. gibier avec une grande précision, et ceci, comme dans le cas ET des chiens, implique un grand développement de la faculté d D 1 p faire les signes. Tout chasseur doit savoir combien le chien cou- ls au} chant comprend bien ses propres indications, et aussi les éndi- | pha cations des autres chiens en tant que signes. van

En ce qui concerne sa propre indication, s’il est à quelque À Ir

(1) Darwin, Descendance,

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