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duisit à travers le terrain découvert avec beaucoup de sang-froid et de tranquillité jusqu'à ce qu'il eût atteint les sentinelles:
il les quitta alors pour un moment, et poussa encore une recon- (er naissance au bord du bassin. A la fin, se trouvant apparemment ja assuré que tout était bien, il se retourna et donna évidemment 4 l'ordre d'avancer, car « en un moment », dit le major Skinner, qui le troupeau tout entier s’élança vers l'eau avec une confiance So sans réserve, si différente de la prudence et de la timidité qui avaient marqué les précédents mouvements, que rien ne me le persuadera qu'il n'y avait pas une coopération rationnelle et uq concertée d'avance de la part de la troupe tout entière », et Lis par conséquent quelque mode de communication définie par me signes. cal En ce qui concerne l'emploi par le chat de gestes significatifs, ®PF j'ai observé des cas tels que ceux où il fait l'imitation de la Hé demande formulée par un terrier, observant que le terrier reçoit Br quelque nourriture en réponse à ce geste; ou il fait un bruit M particulier quand il désire qu'une porte soit ouverte, et si ce ea désir n'est pas écouté, l'animal « tirera les vêtements avec ses n'al griffes, et, ayant ainsi réussi à attirer l'attention, il ira vers la se |
porte de la rue, s'arrêtera là, miaulant de la même manière jusqu'au moment où on lui ouvrira ». Je citerai encore un chat qui, en voyant son ami le perroquet « battant des ailes et se débattant dans la pâte jusqu'aux genoux » court informer la cuisinière de la catastrophe, miaulant et faisant tous les signes qu'il peut faire pour la faire descendre, finissant par sauter sur elle, se cramponnant à son tablier, et essayant de la tirer en bas, de façon que la cuisinière finit par descendre à temps pour emptcher l'oiseau d’être asphyxié.
Ce geste de tirer par les habits, pour engager quelqu'un à gagner le théâtre d’une catastrophe, se rencontre fréquemment chez les chats et les chiens.
Plusieurs exemples sont donnés aussi de chats sautant sur les chaises, et regardant du côté de la sonnette, quand ils sentent du lait (ceci signifie qu'ils désirent qu'on la tire afin d'appeler le domestique qui apporte le lait) plaçant mieux leurs pattes sur la sonnette en un signe encore plus accentué, ou sonnant eux-
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En ce qui concerne les gestes significatifs faits par les chiens (en dehors des gestes de chasse), je puis citer un terrier que j'avais, et qui, lorsqu'il avait soif, avait l'habitude de manifester son désir d’avoir de l’eau en implorant devant un lavabo, ou tout autre objet qu’il savait contenir de l’eau. Et Sir John Lefroy, de la Société Royale, m'a communiqué le cas semblable, mais beaucoup plus frappant, de son terrier. Une femme de chambre avait le devoir de l’approvisionner de lait, mais un matin, la domestique, occupée à quelque travail de couture, et ne lui servant pas son lait, « le chien s’efforça par tous les moyens possibles d’attirer son attention, et de l’entraîner, et enfin il écarta le rideau d'un cabinet, et bien que n'ayant jamais été dressé à chercher ou à apporter, il prit dans ses dents la tasse réservée à son usage, et l'apporta à ses pieds ». Un cas presque semblable est cité à la même page.
M. A. Browning m'écrit : « Mon attention fut attirée par un chien qui me paraissait être dans un grand état d’excitation ; il n'aboyait pas (il aboie rarement), mais pleurait et exécutait toutes sortes de mouvements ; en parlant d'un sujet humain, j'aurai dit qu'il gesticulait. » Avec les pâtres je revins à la porcherie; nous ne vimes qu'un cochon, et le ramenâmes, et aussitôt que nous eûmes fait ceci, le chien courut après chaque cochon successive- À ment, le ramena à l’étable par l'oreille, puis s’occupa d’un autre, jusqu’à ce que tous furent enfermés.
Plus loin, je donne une observation faite par moi-même sur un terrier qui adressait des gestes à un autre chien. Le terrier A étant endormi dans ma maison, et le terrier B, couché sur un mur à l'extérieur, un chien étranger G passa au bas du mur sur le chemin public, suivant un dog cart. Voyant C, B sauta immédiatement du mur, courut à l'endroit où A était endormi, le réveilla en le soulevant du nez d'une manière très particulière, et suggestive, qu’A comprit de suite comme un signe. [1 sauta sur le mur et poursuivit le chien G, bien que C fût à ce moment hors de vue, dans un détour du chemin.
Là encore, je cite, d'après le D' Beattie, le cas d'un chien qui sauva la vie de son maître (lequel était tombé dans unc crevasse de la glace, etne se soutenait que par son fusil mis en t'avers de l'ouverture) en courant dans un village voisin, et en tirant
un homme par son habit d'une manière tellement significative que celui-ci suivit l'animal et sauva le patient.
Beaucoup de cas plus ou moins semblables sont rappelés dans Jes livres d'anecdotes, au sujet des gesles significatifs du singe. Je donne l'exemple remarquable rappelé par James Forbes, de la Société Royale, le cas d’un singe mâle se lamentant pour obtenir le cadavre d'une femelle qui venait d'être tuée d’un coup de fusil. « L'animal, dit Forbes, vint à la porte de la tente, et, voyant ses menaces inutiles, fit entendre un lamentable gémissement, et par les gestes les plus expressifs, parut implorer la dépouille de sa compagne. Elle lui fut donnée. Il la prit tristement dans ses bras, et la porta à ses compagnons qui l'attendaient. Ceux qui furent témoins de cette scène extraordinaire résolurent de ne plus jamais tirer dorénavant sur un seul singe. »
Le capitaine Johnson parle d'un singe qu’il avait tiré sur un arbre: « L'animal descendit aussitôt jusqu’à la branche la plus basse de l'arbre, comme s’il allait se jeter sur moi; il s'arrêta soudain, et froidement mit sa patte sur la partie blessée couverte de sang, et la tendit pour me la montrer. Je fus tellement saisi que cela m'a laissé une impression qui ne s’est jamais effacée, et depuis, je n'ai jamais tiré sur aucun singe. Presque immédiatement après mon retour vers mes compagnons, avant que j'eusse pu raconter en entier ce qui s'était passé, un Syer vint m'apprendre que le singe était mort. Nous donnâmes l'ordre au Syer de nous l'apporter, mais avant son retour, d’autres singes avaient enlevé le mort et tous avaient disparu. »
Sir William Hoste rappelle un fait semblable. Un de ses officiers revenant chez lui après une longue tournée de chasse, vit un singe femelle courir le long des rochers avec un petit dans ses bras. Il fit feu immédiatement, et la bête tomba. Comme il s'approchait, elle étreignit son petit sur sa poitrine, et de l’autre main montra la blessure que la balle lui avait faite en entrant dans le haut de sa poitrine. Plongeant ses doigts dans le sang, et les offrant à sa vue, elle semblait lui reprocher d’être la cause de sa douleur, et aussi de celle du petit qu'elle montrait fréquemment. « Je ne fus jamais aussi touché que lorsque j'entendis cette
histoire, dit Sir William, et je pris la résolution de ne jamais !
tirer sur un seul de ces animaux. »
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Finalement, pour prouver que les plus intelligents d'entre les animaux inférieurs peuvent apprendre l'usage des signes de l'ordre le plus conventionnel (ou le plus éloigné de l'expression naturelle de leurs sensations et idées), je citerai les expériences récentes faites par Sir John Lubbock sur « l’enseignement de la conversation aux animaux. » Ces expériences ont consisté à écrire sur des cartes semblables, et séparées, des mots tels que «08 », « eau », « dehors », « caresser », « choyez-moi », et à apprendre à un chien à apporter la carte portant le mot exprimant son désir du moment.
De cette manière, une association d'idées s'établit entre l'apparence d’un certain nombre de signes écrits et leur signification respective. Sir John Lubbock arriva à apprendre à son chien l'usage correct de ces signes (1).
Naturellement, dans ces expériences, des marques de quelque sorte auraient aussi bien servi que des mots écrits, car il serait absurde de supposer que le chien peut lire les lettres de manière à les construire mentalement en l'équivalent d’un mot parlé, de même façon qu'un enfant qui épelle o-s pour faire ensuite os. Mais, de toute façon, ces expériences sont d’un grand intérêt pour montrer qu’il est possible, avec les animaux les plus intelligents, d'apprécier l'emploi de signes aussi conventionnels que ceux qui constituent une phase de l'écriture supérieure aux images, et inférieure à l'emploi de l'alphabet,
Il en a été assez dit maintenant, pour prouver d'une manière irréfutable que les animaux présentent le germe de ce que j'appellerai la faculté de faire des signes. Comme le principal objet de ces chapitres est d'évaluer la possibilité de la naissance du langage humain au moyen d’un développement continu de ce germe, nous pouvons maintenant passer à l'étude générale du langage humain, dans son sens le plus large, comprenant toutes les manifestations de la faculté de faire des signes.
Reportons-nous au schéma. Il est inutile de considérer les cas 1 et 2, car ils sont évidemment au même niveau psychologique chez l'homme et l'animal. Le cas 3 aussi, en particulier dans la direction de la branche 4, est en grande partie psycholo-
(1) Nature, 10 avril 1884, pp. 547-548.
e D LS Ph BD ts a VS RO IAE Ho 44 à me
giquement équivalent chez l'homme et l’animal ; et dans la mesure où il y a une différence, celle-ci se trouve dans la nature psychique plus élevée de l’homme, qui est beaucoup plus riche en idées qui trouvent leur expression naturelle dans ie ton et le geste et qui, par conséquent, sont impossibles chez la bête Mais il faut reconnaître qu'ici il n’y a rien à expliquer. Le fait que l'homme possède un esprit plus riche en idées porte avec lui, comme une chose toute naturelle, le fait que leur expression naturelle est plus multiple.
La situation toutefois est différente quand nous arrivons aux
‘signes conventionnels ; car ceux-ci atteignent un développement
si considérable chez l'homme, comparé aux animaux, qu'il est permis de se demander s'ils ne dépendent pas réellement de quelque faculté mentale additionnelle, distincte en nature.
La première chose que nous avons à considérer, par rapport aux signes conventionnels employés par l'homme, est qu'aucune ligne stricte de démarcation ne peut étre tirée entre eux et les signes naturels. Les derniers passent dans les premiers par gradations, de telle façon qu'il devient impossible de faire des distinctions dans un grand nombre de cas individuels. En ce qui concerne les sons, par exemple, on ne peut dire, dans beaucoup de cas, si telle ou tellé modulation &ni est maintenant reconnue comme l'expression d’un certain état sensationnel, a toujours eu la même signification, ou est devenue telle par habitude conventionnelle, bien que, si nous considérons les différentes intonations par lesquelles différentes races humaines expriment quelques-uns de leurs sentiments similaires, nous puissions être assurés que dans tels cas l'une ou l'autre des différences doil être due à une habitude conventionnelle, exactement comme dans les cas inverses où toute l'humanité emploie les mêmes
‘sons pour exprimer les mêmes sentiments, nous pouvons être
assurés que ce mode d'expression est naturel. Ilen est de même des gestes. Beaucoup d’entre eux qui, à
‘première vue, nous paraîtraient, à en juger par nos propres
sentiments seuis, être naturels, tels, par exemple, que le baiser
‘sont, comme le montre l'observation des races primitives,
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épaules, sont par les mêmes moyens démontrés ètre naturels (1). Mais pour notre but présent, évidemment, il importe peu que nous soyons ou non capables de classer tous les signes comme conventionnels ou naturels, car il est certain que les animaux emploient les uns et les autres, et de là suit qu'aucune distinction entre la brute et l’homme ne peut être basée sur la nature naturelle ou conventionnelle des signes qu'ils emploient; par conséquent nous pouvons à l'avenir négliger cette distinotiône et les signes conventionnels et naturels, s'ils ont été intentionnel- M lement faits comme signes, seront considérés comme identiques. Par égard pour :a méthode, cependant, j'étudierai la faculté de LE faire les signes, telle que la manifeste l'homme, dans l'ordre 2 de son évolution probable, et ceci veut dire que je commencerai par le système le plus naturel, ou le moins conventionnel, qui est
le langage par intonations et gestes.
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(1) Sur ces points, voir Darwin, Expression des Émotions.
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