‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 15 sur 67 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'intonation et le geste, considérés comme moyens de commrnication, peuvent être étudiés simultanément. On ne peut dire, \ en effet, qu'historiquement ou psychologiquemen, l’un soit an- D térieur à l’autre, pas plus qu’on ne peut dire que dans les toutes ; premières phases de leur déveioppement, l’un soit plus expressif que l’autre. Les plus intelligents d’entre les animaux emploient l’un et l’autre, les sifflements, hurlemenis, grondements, grognements, cris, roucoule ments, etc., qui, dans différentes espèces, accompagnent autant de sortes différentes de gestes, ne sont assurément pas moins expressifs que ces sortes variées de sentiments qu’ils expriment. Chez l'homme méme, l'intonation est tout à fait aussi générale, et, dans certaines limites, tout aussi expressive que le geste. Bien plus, même dans un langage pleinement développé, de légères différences d’intonation jouent un rôle considérable dans la transmission de la pensée rationnelle. Les cinq cents mots qui constituent la langue chinoise en font mille cinq cents par l'emploi d'inton. tions significatives, et

même dans les langues les plus développées, des nuances de de ge signification sont rendues d’une manière qui ne pourraient l'être intel] d'une autre facon. Néanmoins, le langage des intonations, comme très t le langage mimique, se rapproche évidemment davantage de BR lang: l'expression de la logique des récepts, et l’exprime plus immé- ES l'épo diatement que ne le peut le langage articulé. Ceci est facile à les prouver par tous les faits dont nous disposons. Nous savons qu'un

enfant fait un chemin considérable dans le langage des intona- (1) G tions et des gestes avant de commencer à parler, et d'après le EE docteur Scott qui a eu une grande expérience dans l'éducation (4) 1 des enfants idiots, « ceux à qui on ne peut espérer apprendre PL plus que les simples rudiments de la parole, sont cependait 1881.)

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capables de recevoir une somme considérable de connaissances au moyen des signes, et de s’en servir pour s'exprimer » (1). Finalement, il est reconnu que chez les sauvages, le ton, la gesticulation et la grimace jouent un plus grand rôle dans leur conversation que dans la nôtre.

D En fait, nous avons quelques raisons qui montrent, bien que

cela soit contesté, que dans le cas de beaucoup de sauvages, la

à gesticulation est d'autant plus une aide nécessaire à l'articulation que la dernière sans la première n'est que très imparfaitement intelligible. Par exemple « ceux qui, comme les Arapahos, possèdent un vocabulaire très pauvre, prononcé d'une façon presque inintelligible, peuvent à peine converser les uns avec les autres, dans l'obscurité (2). » Comme le dit M. Tylor, « la quantité des témoignages en faveur de l'existence de tribus dont le langage est incomplet sans l’aide de gestes-signes, même pour les choses courantes, est très remarquable » (3). Un fait qui, comme il l’ajoute avec raison « constitue un argument éloquent en faveur de la théorie que le langage par gestes est le langage originel de i’humanité [comme il l’est ontogénétiquement à l'égard de l’homme individuel] hors duquel la parole s’est développée plus ou moins complètement parmi les différentes tribus (4). »

À l'appui des conclusions générales de cet ordre, je puis ici citer aussi les bonnes remarques qui suivent du laborieux ouvrage du colonel Mallery sur le langage du geste (5).

« Les désirs et les émotions des très jeunes enfants se traduisent par un petit nombre de sons, mais par une grande variété de gestes et d'expressions faciales. Les gestes d’un enfant sont intelligents, longteinps avant qu'il ne parle ; bien qu'on essaye très tôt et d’une façon persistante de perfectionner la faculté du

à langage, et nullement de développer celle de la mimique, dès l'époque où il commence risu cognoscere matrem, il n'apprend les mots que tels qu’on les lui enseigne, et les apprend par le

(1) Cité par Tylor, Early History of Mankind, p. 80.

(2) Burton, City of the Saints, p. 151.

(3) Loc. cit., p. 18.

(4) Loc, cit,, p. 18.

(5) Sign-Language among the North American Indians, par le lieutenant-colonel

rie Mallery. (First annual Report of the Bureau of Ethnology. Washington,

moyen intermédiaire de signes qui ne sont pas expressément en. seignés. Quand il sera depuis longtemps familiarisé avec la parole, il corsultera encore les gestes et les expressions de physionomie de ses parents et de sa bonne, comme s’il cherche ainsi à tra. duire ou expliquer leurs paroles. Ces faits sont importants, eu égard à la loi biologi À veut que l'ordre de développement de l'individu soit le mene que celui de l'espèce... Les aliénés comprennent des gestes et y obéissent, alors qu'ils n’ont aucune connaissance quelconque des mots. On voit aussi des enfants à moitié idiots qui ne peuvent dépasser que les plus simples rudiments de la parole, pouvant recevoir une somme considérable d'informations au moyen des signes, et pouvant s'exprimer par ceux-ci. Les aphasiques continuent à faire usage de gestes appropriés. Un bègue aussi agite ses bras et ses traits, comme s’il était décidé à exprimer au dehors sa pensée, d’une facon qui n'indique pas seulement l'effort physique mais aussi l'emploi des gestes comme un expédient héréditaire. »

Les mots, donc, dans la mesure où ce ne sont point des imitations intentionnelles d’autres sons, et par cela même des voisins des gestes, sont essentiellement plus conventionnels que les sons qui expriment immédiatement les émotions ou les actes corporels qui attirent l'œil, et qui, dans la mesure où ils ont une signification intentionnelle, sont rendus, autant que cela est possible, intentionnellement descriptifs. C'est pourquoi, pour faire ou comprendre ces signes plus conventionnels, il faut un degré d'évolution mentale plus avancé, et c’est pour cela que partout nous voyons le langage des intonations et gestes précéder le langage articulé, comme étant un moyen plus simple, plus na turel, et, partant, plus primitif, de communiquer les idées réceptuelles, Nous trouvons un autre exemple de cette même vérité générale dans le fait que le langage par intonations et gestes esl celui auquel ont recours les hommes qui ne comprennent pas le langage articulé les uns des autres, et bien que dans les races chez qui le langage par gestes a été porté à la plus haute per: fection, la plupart des signes employés soient devenus plus 01 moins conventionnels, ils sont encore principalement descriptifs. Ce fait est directement établi, sans qu'il soit besoin d’une analys spéciale, par cet autre fait que les membres de ces races soil

HOMME INTONATION ET GESTE 107 \s expressément en- capables de communiquer entre eux d'une façon si singulièrejarisé avec la parole, ment complète qu'au spectateur le résultat paraît presque maons de physionomie gique. C'est ainsi que « les Indiens qui ont été exhibés dans cherche ainsi à tra- l'Orient civilisé, ont souvent réussi à communiquer, par des sont importants, eu moyens de leur invention et par l'application &e leurs principes, à de développement dans ce qu'on peut appeler la langue maternelle non vocale, avec spèce. Les aliénés des sourds-muets blancs, qui sûrement ne possèdent point de qu'ils n’ont aucune codes de signes plus rapprochés de celui que l'on attribue aux aussi des enfants à Indiens, autre que le code qui leur est commun par le fait qu’ils s plus simples rudi- sont hommes. Ils témoignaient du plus vif plaisir à rencontrer omme considérable des sourds-muets, tout comme les voyageurs en pays étranger vant s'exprimer par se réjouissent de rencontrer des personnes parlant leur e usage de gestes langue » (1).

t ses traits, comme Tylor dit encore : « Le langage par gestes est en substance le pensée, d’une façon même sur toute la terre »; et Mallery confirme ceci en faisant , mais aussi l'emploi BR remarquer que « son étude non seulement vient à l'appui de ÿ cette proposition, mais montre qu'il est, pour une même idée, un sont point des imi Mnombre étonnant de signes qui sont, en substance, identiques cela même des voi- non seulement parmi les tribus sauvages, mais parmi tous les

peuples qui se servent de gestes avec quelque fréquence. Les hommes, en cherchant un mode de communication entre eux, et en employant ces mêmes méthodes générales, se sont trouvés dans beaucoup de conditions et de circonstances variables qui ont déterminé d’une façon différente beaucoup de conceptions, et l'expression de celles-ci, mais plusieurs de ces dernières ont été semblables »..

Tel étant le cas, c'est une question intéressante que de déterminer la syntaxe de ce langage, car nuus pouvons être assurés qu'en ce faisant nous opérons sur les principes fondamentaux de la faculté de faire des signes, au point où naît la logique des récepts, et non sur les ramifications développées de cette faculté, telles que nous les trouvons perfectionnées dans la logique plus conventionnelle des concepts caractéristiques de la parole. Mais avant d'aborder cette partie de notre sujet, je

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(1) Mallery, Loc. cit., p. 320. L'auteur cite plusieurs très intéressants exemples de Conversations de ce genre, et ajoute que les muets ont plus d’aptitudes à comprendre les Indiens que ceux-ci n’en ont à comprendre les muets, parce que pour ces derniers, L« action, action, action » de Démosthène est le seul langage, au lieu d'en être un complément, si précieux soit-il.

dirai quelques mots pour montrer à quel puissant degré de per. fection le langage gesticulé peut être développé.

Tylor dit : « En tant que moyen de communication, il est cer. tain que la pantomime indienne n'est pas seulement capable d'exprimer un petit nombre de notions simples et ordinaires, mais que pour le sauvage inculte, avec son petit nombre d'idées toutes matérielles, elle remplace avantageusement son maigre vocabulaire (1). »

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Et le colonel Mallery, dans l’admirable traité auquel nous avons « Froi FA eu déjà recours, montre en détail à quel point surprenant cette « | à « pantomime indienne » peut supnléer à la parole. Les exemples gauch | suivants sont choisis parmi les nombreux dialogues et discours «(8 N qu’il donne, et qui tous présentent les mêmes caractères géné « Eau raux. gauch

Îs sont rapportés d’après M. Ivan Peñoff qui a pris note de vière «

conversation au moment même. Les deux interlocuteurs étaietà « (9

des Indiens de tribu différente. D dirigée

« (4) Kenaïtze. — Main gauche levée à la hauteur de l'œil, k gauch paume de la main dirigée en dehors, déplacée plusieurs fois de large.

droite à gauche rapidement, les doigts étendus et rapprochés BR « (4 montant les étrangers avec la main gauche. La main droit forme décrit une courbe du nord à l’est. « (1 « Laquelle des tribus du nord-est est la vôtre ? » en ded

« (2) Tennanal.— Main droite formant un creux, levée jusqu « (4: la bouche, puis étendue et décrivant une ligne ondoyante des teur de cendant graduellement de droite à gauche. La main gauclt € décrivant des contours montagneux en apparence, un pic s’éle- «€ (4 vant au-dessus de l’autre. Les Chalidoolïts disent que ci étendu signifie : « Tenan-tnu-Kohtäna : hommes de Mountain-ri € (4 (rivière de la montagne). » trois d « (3) K. — La main gauche élevée à la hauteur de l'œil k « (46 paume de la main en dehors, déplacée de droite à gauche, l& homm doigts étendus, l'index de la main gauche décrivant une couw'k € (4 de l'est à l’ouest. — Les contours de montagne et de la riviètt doigts indiqués comme dans la réponse précédente. « Combien à e (Al jours de Mountain-river ? » en def «Non.

(4) Loc. cit., p. 39. « (1!

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« (4\ T. — La main droite levée vers l'index, et le pouce formant d'abord un croissant, puis un anneau. Ceci est répété trois fois. — « Lune, nouvelle et pleine trois fois. »

« (5) Main droite élevée, paume en avant, l'index levé et abaissé à intervalles réguliers. —-- « Marché. » Les deux mains imitant l'acte de ramer, alternativement de droite à gauche. — « Voyagé trois mois à pied et en barque ».

« (6) Les bras croisés sur la poitrine, simulant le frisson. — « Froid, hiver ».

« (1) L'index droit désignant celui qui parle. — « Moi »; main gauche désignant l’ouest. — « Voyagé vers l'ouest. »

« (8) Main droite élevée en forme de tasse jusqu'à la bouche. — « Eau »; main droite décrivant une ligne ondoyante de droite à gauche, graduellement descendante, désignant l’ouest. — « Ri-

Rire courant vers l'ouest. »

« (9) Main droite graduellement poussée ex avant, la paume dirigée en haut, à partir de la hauteur de la poitrine. La main gauche abritant les yeux, regardant à grande distance. — « Très large. »

« (10) La main gauche et la main droite rapprochées en forme d'abri incliné. — « Loger, camper. »

« (11) Les deux mains élevées à la hauteur de l'œil, la paume en dedans, les doigts étendus. — « Plusieurs fois. »

« (12) Les deux mains fermées, la paume en dehors, à la hauteur des hanches. — « Surpris. »

« (13) L'index désignant un point en avant de l'œil. — « Voir. »

« (14) Main droite élevée à la hauteur de l'épaule, trois doigts étendus, la main gauche me désignant.—« Trois hommes lancs.»

€ (15) K. La main droite me désignant, la main gauche élevée, trois doigts étendus. — « Trois hommes blancs. »

« (16) Faisant le signe de croix russe. « Russes. » — « Les trois hommes blancs étaient-ils Russes ? »

« (17) T. — La main gauche élevée; la paume en dedans, deux doigts étendus, signe de croix avec la droite. — « Deux russes. »

« (18) La main droite étendue à la hauteur de l'œil, la paume en dehors, déplacée extérieurement un peu vers la droite. — Non, »

€ (19) Un doigt de la main gauche levé. — « Un. »

. l'épaule, le bras droit étendu graduellement dans toute sa lon: ndiens

« (20) Signe de croix avec la main droite. — « Russe. »

« (21) La main droite, à la hauteur de l'œil, les doigts fermés ei étendus, la paume en dehors vers la droite. — « Oui. »

« (22; La main droite en travers de la poitrine, étendue, la deux

paume en haut, doigts et pouce fermés comme s'ils tenaient « (/ quelque chose. La main gauche dans la même position croisant BN dorsal la droite, paume en bas. — « Commerce. » chose.

« (23) Main gauche tenant un doigt tout droit, la droite me RS porter

désignant. — « Un homme blanc. » « (4 « (24) Main droite tenue horizontalement, la paume en bas à Res doi quatre pieds environ de la terre. — « Petit. » plusiet « (25) L'index et le pouce formant des ronds devant les yeux. «(4 — « Lunettes. » étendu « (26) La main droite fermée, la paume en l'air, en avant de la RSR haut poitrine, le pouce dirigé vers le corps. — «Donné une. » directil « (27) Formant un creux avec la main droite, simulant l'action Rhomme de boire. — « Boisson. » l'est. »

« (28) La main droite étreignant la poitrine à plusieurs Etair reprises, les doigts tour à tour repliés et étendus. — « Forte.» Sans de « (29) Les deux mains pressant les tempes et la tête remuée de ionnels côté et d’autre.— « Ivre, mal de tête. » eux qu « (30) Tous les doigts juxtaposés et étendus à la fois, dirigés es ndian

en avant. — « Ensemble. » signes « (31) Les doigts enlacés à plusieurs reprises. — « Construit.» plus ou « (32) La main gauche étendue, les doigts fermés et incliné Le po vers la gauche. — « Camp. » : imique « (33) Les poignets placés contre les tempes, mains courbées RPI0n nat en j'air et en dehors, les doigts étendus. — « Cornes. » Lu « (34) Les mains levées horizontalement à la hauteur delt mon

elle-ci, ous les sagage ç ecte, »1 ‘autres Eiter un € es natic 'emier €

gueur, la main pendant un peu à la fin. — « Long dos, élan. »

« (35) Les mains droites, la paume en dehors, les doigts allon gés, étendus, placés l'un devant l'autre alternativement. - « Arbres, forèt épaisse. »

« (36) Signe de croix. — « Russe. »

« (37) Mouvements répétés de tir. — « Tiré. »

« (38) Les signes pour l'élan (n° 33, 34), montrant deux doigi de la main gauche. — « Deux. »

« (39) Signe pour indiquer le campement comme précédemment (n° 40). — « Camp. »

ce O8» « (40) Main droite décrivant une courbe, de l’est à l'ouest, trine, étendue, la deux fois. — « Deux jours. » me sils tenaient « (M) La main gauche levée à la hauteur de la bouche, face e position croisant dorsale en dehors, les doigts fermés comme s'ils tenaient quelque

chose, la main droite simulant le mouvement de déchirer et de droit, la droite me porter à la bouche. — « Manger de la viande d'élan. »

« (42) La main droite placée horizontalement contre le cœur, les doigts fermés, déplacés un peu en avant et légèrement élevés: plusieurs fois. — « Cœur content. »

JS devant les yeux. « (43) Les doigts de la main gauche et l'index de la main droite

étendus et placés ensemble horizontalement, dirigés en avant à l'air, en avant de la la hauteur de la poitrine. Mains séparées, la droite désignant la nné une. » direction de l'est, et la gauche, celle de l’ouest. — « Les trois e, simulant l'action WR hommes et celui qui parle se séparèrent, allant à l’ouest et à l'est. »

Etainsi de suite, la conversation consistant en 116 paragraphes. Sans doute, quelques-uns de ces gestes paraissent être conventionnels, et tel est le cas, indubitablement, pour la plnpart de eux que le colonel Mallery donne dans son Dictionary of Mndian Signs. Mais ceci prouve seulement qu'aucun système de ignes ne peut acquérir quelque développement sans devenir lus ou moins conventionnel.

Le point sur lequel je désire attirer l'attention est que la nimique continue, aussi longtemps que possible, à être l’expresion naturelle de la logique des récepts. Comme Mallery le fait emarquer ailleurs : « le résultat des études faites jusqu'ici est le montrer que ce qui est appelé le langage par signes des. ndiens n'est pas, à proprement parler, une langue, mais que elle-ci, avec le langage par gestes des sourds-muets et celui de ous les autres peuples, constituent ensemble un langage, le tagage gesticulé de l'humanité dont chaque système est un diacle. » Pour bien montrer ceci, et en même temps pour donner autres preuves de la perfection du langage par gestes, je puis Biter un exemple de l'emploi d'un langage de ce genre par d’aues nations, et un autre de son emploi par les sourds-muets. Le remier est emprunté à Alexandre Dumas.

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«Russe. »

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