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à des idées d’une abstraction supérieure à celle que fournit cette logique. Les sourds-muets qui n'ont point été dressés possèdent les mêmes notions de bien et de mal, de cause et d'effet, etc., que possèdent les animaux et les idiots, comme nous l'avons déjà vu. Ils pensent toujours sous les formes les plus concrètes, car ils nous disent (après qu'ils ont été dressés) qu'ils pensaient toujours par images avant d'avoir reçu leur éducation. En outre, le fait qu'ils ne peuvent atteindre des conceptions du plus faible degré d’abstraction est établi par cet autre fait que dans aucun exemple je n'ai pu rencontrer les preuves qu'un sourd-muet, antérieurement à son éducation, en fût venu à imaginer quelques formes du surnaturel. C’est là, je crois, un fait remarquable, non seulement parce que nous aurions le droit de supposer que quelque forme élémentaire de fétichisme ou de culte des esprits ne serait pas un système trop abstrait pour avoir été élaboré par l'esprit d'un homme civilisé abandonné à ses propres ressources, mais aussi parce que dans ce cas l'esprit n’est point entièrement abandonné à lui-méme. Au contraire, les amis du sourd-muet ont coutume de faire de leur mieux pour lui donner quelque idée de leur religion, quelle qu'en soit la forme. Pourtant l'on voit toujours qu'en l'absence du langage aucune idée de ce genre ne peut être communiquée. Par exemple le Révérend S. Smith me dit qu'un de ses élèves, avant d'avoir reçu de l'éducation, supposait que la Bible avait été imprimée dans le ciel par une presse qui était mise en mouvement par des imprimeurs d'une force considérable; c'est ainsi seulement que le sourd-muet interprétait les gestes par lesquels ses parents avaient cherché à lui faire comprendre que pour eux la Bible renferme une révélation d'un Dieu puissant qui habite les cieux. Pareillement, M. Graham Bell me cite un autre cas analogue dans lequel le sourd-muel supposait qu'on allait à l’église uniquement pour rendre ses devoirs au clergé. »
À propos de la même question, M. Tylor dit, dans un passage déjà cité, que les sourds-muets ne peuvent former des idées s'élevant au-dessus du niveau le plus bas de l'abstraction, et plus loin, il en donne quelques exemples intéressants. Ainsi, pa exemple, un sourd-muet dressé disait qu'avant son éducation,