‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 28 sur 67 · CSS PRE EST OE ES · texte numérisé non relu

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chacun occupe dans l'esprit ua territoire extrémement considérable; voici ces quatre stages où phases, groupés selon leur ordre.

1° Récepts inférieurs, comprenant la vie mentale de tous les animaux inférieurs, et de la sort: les facultés de connotation réceptuelle telles que celles que l'enfant, 2u sortir du premier àge, partage avec le perroquet;

2 Récepts supérieurs, correspondant à la catégorie étendue d'idéation qui appartient à l'enfant, du moment où ses facultés de connotation réceptuelles commencent à dépasser celles du perroquet jusqu’à l'âge où la connotation, purement dénotative jusque là, commence aussi à devenir dénominative.

3° Concepts inférieurs, correspondant à la province d'idéation conceptuelle où celle-ci émerge hors de l'idéation réceptuelle supérieure, jusqu'au point où la connotation dénominative entre en jeu pour nommer non seulement les récepts, mais aussi les concepts associés.

4 Concepts supérieurs, comprenant tous les perfectionnements ultérieurs de la pensée humaine.

Les récepts supérieurs sont donc ce qu'on peut appeler plus commodément des préconcepts (1); ils oceupent l'intervalle qui sépare la vie réceptuelle de l'animal, de l'aurore de la vie conceptuelle de homme. Ün préconcept est donc cette sorte de récept supérieur qui ne se rencontre chez aucun animal, mais existe chez l'être humain après qu'il a dépassé l'animal, et avant quil n'ait atteint la conscience de soi. On voudra bien remarquer qu'en créant ainsi les ‘expressions récepts supérieurs ou prtconcepts, je ne préjuge en rien la situation de mes adversaires: je délimite simplement un certain territoire d'idéation qui vient d’être pour la première fois indiqué. Naturellement, mon but est de montrer éventuellement que chez l'enfant en voie de développement, de même que les sensations engendrent les perreptions, et les perceptions des récepts (comme chez les animaux), de

même les récepts engendrent les pré-concepts, ceux-ci les concepts, ces derniers les propositions, et celles-ci les syllogismes.

(1) Je fabrique ce mot sur le modèle déjà fourni par « préperception » qui fi mis en usage par Lewes, et dont l'emploi est maintenant courant parmi les psychologues,

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Mais, en fournissant en ce moment ce lien des préconcepts, je ne préjuge en rien de la conclusion: je délimite seulement le terrain de la discussion. Nul de mes adversaires ne peut contester mes faits qui sont trop évidents pour qu'on en puisse douter. Si done ils sont opposés à ma classification de ceux-ci, en ce qui voncerne la nouvelle catégorie des préconcepts, ce doit être parce qu’ils s'imaginent qu'en établissant cette catégorie, je rapproche subrepticement l'esprit de l'enfant, et celui de l'animal plus qu'ils ne jugent prudent. Que voudra:ent-ils donc que je fisse alors ? Si je n’établissais point cette catégorie, c'est alors que véritablement, j'aurai; à préjuger de la question. Ou bien il ya quelque différence entre la faculté de nommer du perroquet, etceïie du jeune enfant, ou il n°v en a point. S'il n’en est pas, tant mieux pour mon argumentation, mais j'admets qu'il en existe une, et je la trace au point où l'on peut commencer à dire que l'intelligence de l'enfant diffère d'une manière quelconque de celle du perroquet, c’est-à-dire au point où l'aptitude nominative de l'enfant surpasse évidemment celle du perroquet et de tout autre animal. Si ce moment se présente avant la naissance des facultés conceptuelles, je ne suis point responsable de ce fait, et en l'énonçant, je ne touche en rien à la position de tout adversaire qui soutient que ces facultés distinguent l'homme. Si sa position valait quoi que ce soit auparavant, elle ne peut être affectée parce que j'attire l'attention sur le fait que si le perroquet étendra son nom dénotatif du terrier au chien d'arrêt, il ne suivra pas l'enfant plus loin dans le processus de la connoblion réceptuelle.

Ou encore, en d’autres termes, quand l'enfant dit baouaou à un chien d’arrêt, après avoir appris ce nom pour un terrier, ou bien il juge d’une ressemblance, et affirme un fait, ou il ne fait 4ücune de ces deux choses. Si mes adversaires préfèrent dire que l'enfant fait l’une et l'autre, la discussion est close, car en ce cas le perroquet, lui aussi, est apte à la fois à juger et à opérer une b'édicalion. D'autre part, si mes adversaires suivent le parti le Plus sage, et acceptent me distinction des noms réceptuels et tonceptuels, il leur faut aussi me suivre, et reconnaître que la limite des préconcepts se trouve entre les récepts de l'oiseau tt les concepts de l'homme; c’est le territoire qui est d'abord

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