‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 36 sur 67 · PR ET · texte numérisé non relu

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venait à une brebis avec ses agneau”, en désignant la première, elle disait « mama-ba », et pour les agneaux, elle disait « Z/dba ». Même chose pour les canes et canetons, poules et poussins, et pour tous les animaux à qui elle avait donné des noms.il est évident ici que {da servait à communiquer l’idée générique de jeune, et de la sorte, après avoir été originellement employé comme nom propre ou dénotatif, il servait comme adjectif ou nom connotatif. Mais bien qu'il exprimât une qualité, celle-ci était de nature si appréciable aux sens que l'adjectif revenait virtuellement au substantif, en ce qui concerne la faculté d'abstraction. C'était l'équivalent du mot #ébé, quand, par extension connotative, ce mot vient à être employé comme adjectif dans l’apposition de bébé-ba pour agneau, etc.

Presque en même temps qu'elle fit l'acquisition des adjectifs, cetle enfant commença à apprendre l'emploi de quelques verbes passifs, et de mots indiquant certains états de sensation. Elle ajouta également à son vocabulaire quelques prépositions indiquant la relation d'espace, telles que en haut, en bas, etc. (1).

Tandis qu'elle faisait ces progrès, elle en réalisait encore et même de plus évidents dans la faculté de faire les signes, mais dans une autre direction. Le langage, dans le sens de la prédication formelle n'ayant point encore commencé, le développement dont il s’agit se produisit dans le domaine du geste. À cette époque (deux ans) elle était en état d'exprimer un granl nombre d'idées simples par l'emploi combiné de gestes, d'intonations, et d’une extension connotative considérable de ses mots. Ses gestes, toutefois, étaient toujours de l'ordre le plus simple ou le plus réceptuel. Elle tirait les vêtements des personnes pour qu'on lui ouvrit la porte, elle désignait un verre pour indiquer son désir de boire, etc. Ceci revient à dire que là phase indicative du langage coïncidait pleinement avec les pre mières phases dénotative et réceptuellement connotative, Si méme elle n'empiétait sur celles-ci. J'ai déjà dit que cette phase indicative du langage constituait la première apparition de là

(4) Nous verrons plus loin que dans cette phase de l'évolution mentale, iln'y à p&f de distinction bien nette entre les différentes parties du langage, C’est pourquoi ll, et dans tout ce chapitre, j'emploie les mots nom, adjectif, verbe, etc, dans un self général et vague,

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faculté de faire des signes que j'ai observée chez mes propres enfants, à une époque où le seul désir exprimé semblait être œlui d'être rapproché de l'objet indiqué, et autant que j'en puis juger, ceci est vrai de tous les enfants. Mais le fait à noter main: tenant est que quand les récepts logiques furent devenus plus complets, les désirs exprimés par le geste devinrent de plus en pus variés, et à l'âge de deux ans et demi (après que l'articulation ou la confection de mots véritables se füt bien établie) la phase indicative du langage se développa en une pantomime régulière, comme l'exemple suivant va le montrer. Revenant à la maison,

après avoir pris son premier bain de mer, elle courut vers moi

pur me raconter sa nouvelle expérience; elle fit ceci en indiquant d'abord le rivage, puis en faisant le simulacre d'enlever ses tétements, d'entrer dans la mer, de s’y tremper, puis faisant remonter ses mains le long du corps jusqu'à sa tête, elle indiqua que l'eau était montée jusqu’à ses cheveux qu'elle me montra encore mouillés. Tout ce récit se fit sans un seul son articulé.

Dans ce cas (et beaucoup d'autres du même genre pourraient tre cités si besoin en était) nous trouvons un exemple du même hit général. Nous voyons que la première phase du langage chez k jeune enfant est celle que nous avons désignée comme indialive, celle qui est occupée par des intonations et gestes indiquant des sensations, des objets, des qualités, des actions.

Cette phase indicative du langage ou du geste dure beaucoup plus longtemps chez certains enfants que chez d'autres (principilement chez ceux qui sont en retard pour parler), et plus elle dure longtemps , plus elle exprime un perfectionnement dans liléation. Mais dans tous les cas, il y a deux points à observer à

Bitégard. Le premier est que dans ses premières phases, et pen-

dant une partie de son évolution, elle est exactement identique äx phases correspondantes de la gesticulation indicative chez ksanimaux inférieurs. C'est ainsi, par exemple, que le professeur lreyer a remarqué qu'à l’âge de seize mois, son fils, qui ne pouit encore prononcer un mot, avait coutume de faire un geste Suppliant significatif (bittbewegung) pour indiquer son désir de loir exécuter quelque acte. Ceci naturellement, je le prends tinme un exemple de gesticulation indicative se produisant à Un niveau relativement élevé de développement, mais nous trou-

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