‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 4 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

J'en viens maintenant à l'étude de la seule distinction qui, à mon sens, puisse être avec raison établie entre la psychologie de l'homme et celle de la bête : c'est ici la grande différence qui fournit une explication psychologique complète des nombreuses et immenses ressemblances qui existent incontestablement entre l'esprit du singe le plus élevé et celui du sauvage le plus dégradé; c'est d’ailleurs la différence qui est maintenant universellement admise par les psychologues de toute école, depuis le catholique romain jusqu'à l’agnostique dans le domaine religieux, dej, :is l'idéaliste jusqu'au matérialiste dans le domaine philosophique.

De nombreux auteurs, depuis Aristote, l'ont énoncée avec clarté, mais je ne saurais mieux l’exposer que dans les termes de Locke : « On peut douter que les animaux combinent et élargissent leurs idées de cette facon à un degré quelconque; mais il est un point sur lequel on peut être assuré, ce me semble, c’est que la faculté d’abstraire n’est pas du touten eux, et que la possession d'idées générales est ce qui établit une différence parfaite entre l’homme et la brute, et c'est un degré d'excellence que les facultés de la brute n’atteignent aucunement. Car il est évident que nous n'observons aucune trace,chez elle, de l'emploi de signes généraux pour des idées universelles ; ce qui nous fait penser

(1) Dans mon précédent ouvrage, j'ai consacré un chapitre à l'imagination, dans lequel j'ai traité de la psychologie de l''déation en ce qui concerne les animaux. Il nous faut maintenant considérer celle-ci chez l'homme, et, pour ce faire, il est nécessaire de revenir quelque peu à l'idéation chez les animaux.

Je ferai mon possible, toutefois, pour éviter les redites, et, dans les trois chapitres qui suivent, je supposerai que le lecteur est déjà familier avec mon précédent ouvrage. À dire vrai, l'argumentation qui occupe les trois chapitres suivants ne peut être pleinement appréciée si l'on n'a précédemment parcouru les chapitres IX et X de l’Évolution Mentale chez les Animaux.

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avec raison qu'elle ne possède point la faculté d’abstraire ou de faire des idées générales puisqu'elle ne se sert ni de mots, ni de signes généraux. Le fait que les animaux n’emploient ni ne connaissent de faits généraux ne saurait être attribué à un manque d'organes appropriés à l'émission de sons articulés. Beaucoup d'entre eux en effet, nous le voyons, peuvent articuler des sons, et prononcer des mots d’une façon suffisamment distincte, mais jamais avec un but de ce genre, et d'autre part des hommes qui par quelque défaut organique sont privés de la parole, réussissent cependant à exprimer leurs idées générales par des signes qu'ils emploient à la place de mots. Cette faculté manque absolument chez les animaux. Je crois donc que nous pouvons admettre que c'est en ceci que les bêtes se distinguent de l’homme ; c’est là la différence véritable qui les sépare entièrement, et qui finit par creuser entre eux un abîme, car si les animaux ont des idées, et ne sont pas de simples machines comme le voudraient quelques-uns, nous ne pouvens leur refuser quelque raison. Il me semble évident que dans certains cas, quelques-uns d’entre eux raisonnent, de même qu'ils ont le senliment ; mais ils ne raisonnent que sur des idées particulières telles qu'ils les ont recues de leurs sens. Les plus élevés d’entre eux sont attachés dans ces étroites limites, et n’ont pas, je crois, la faculté de les élargir par n'importe quelle sorte d’abstraction (1). » Nous venons d'énoncer ici, avec toute la lucidité de sens commun de ce grand écrivain, ce que nous pouvons appeler la distinction initiale ou fondamentale que nous poursuivons ; c'est cette « différence propre » qui, d’abord étroite comme l’espace compris entre deux lignes de rails au point où elles diver-

(1) Human Understanding, livre I, chap. 11, 10 et 11, — À ce passage, Berkeley a objecté qu’il est impossible de former une idée abstraite de qualité indépendam-

| ment de toute idée concrète d'un objet ; par exemple, l’idée du mouvement indépen-

damment de celle d’un corps en mouvement, (Voir Principles of Human Knowledge, introd., vit, xix.) C’est ici un point que je ne saurais traiter à fond sans entrer dans la philosophie de la grande discussion sur le Nominalisme, le Réalisme et le Conceptualisme, ce qui m’entrainerait en dehors des limites strictement psychologiques daus lesquelles je désire me tenir, 11 me suffira donc d'indiquer que la critique de Berkeley consiste ici simplement à montrer que Locke n'a pas poursuivi suffisamment loin sa philosophie du nominalisme, Par contre, Locke a vu et a dit qu’une idée générale ou abstraite renferme une perception de similitude entre individus d’une sorte, sans qu'il soit tenu compte des différences, Mais il ne sut aller plus loin, et montrer qu’une pareille idée n’est pas une idée dans le sens d'image men-

gent, finit par s’élargir de façon à se terminer pour ainsi dire aux - pôles opposés de l'esprit. En effet, en faisant des progrès continus selon la méme ligne de développement, l'esprit humain devient capable de réfléchir à des abstractions de sa propre fabrication qui sont de plus en plus éloignées de la perception sensitive des objets concrets ; il peut unir ces abstractions en une variété infinie de combinaisons idéales; celles-ci à leur tour peuvent s’élaborer en des constructions idéales d'un caractère de plus en plus complexe, et ainsi de suite jusqu'à ce que nous arrivions à ces facultés pleinement développées de la pensée introspective que chacun d’entre nous connaît directement.

Nous en venons maintenant, à la fois, à une matière à analyse raffinée, et à une série de questions qui sont d’une importance fondamentale pour tout l'ouvrage présent. Je veux parler de la nature de l’abstraction, et de la classification des idées. Bien des ambiguïtés s’attachent encore à ces importants sujets, et il est impossible d'en parler en employant des termes sur la signification desquels tous les psychologues soient d'accord. Je vais donc définir avec soin le sens que j'attache à ces termes, et qui est celui qu’ils devraient avoir. Je terminerai en adoptant une classification qui est neuve à certains égards, et donnerai mes raisons tout au long à l’apoui de celle-ci.

Les psychologues sont d’uccord pour reconnaître que ce qu'ils nomment idées particulières ou idées d'objets particuliers, est de la nature des images mentales ou souvenirs de ces objets, comme par exemple le so: de la voix d'un ami fait surgir dans mon esprit l'idée de cet ami en particulier. Ils s'accordent encore sur ce que les idées dites par eux générales naissent d’un assemblage d'idées particulières comme lorsque après une observation

tale, mais est simplement un symbole intellectuel d'un fait absolument impossible, savoir de la qualité séparée de l'objet, Le symbolisme intellectuel de cette nature s'exécute principalement par l'intermédiaire des signes conventionnels, verbaux ou autres, comme nous le verrons plus loin, et c’est grâce à une compréhension plus claire de ce processus que le Réalisme succomba peu à peu devant le Nominalisme, Eh somme la seule différence entre Locke et Berkeley consiste icience quele nominalisme du premier n'était point aussi complet que celui du second, Je puis faire remarquer que si, dans la discussion qui va suivre, je puis sembler ne point mettre en avant distinctement la doctrine du Nominalisme, je n'agis ainsi que pouréviter à mon investigation une collision inutile avec le Conceptualisme. Je suis moi-même un Nominaliste et m'accorde avec Mill sur ce point qu'en disant que nous pensons avec des concepts, cela revient à dire que ‘ous pensons avec des noms de classe.

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répétée de nombreux hommes individuels, je forme l'idée d'homme ou d’un être abstrait qui renferme les ressemblances existant entre ces homines individuels sans tenir compte de leurs différences particulières. Ainsi les idées particulières répondent aux percepts, tandis que les idées générales répondent aux concepts : une perception individuelle (ou sa répétition) donne naissance à son équivalent mnémonique comme idée particulière, tandis qu’un groupe de perceptions similaires quoique non identiques donne naissance à son équivalent mnémonique comme conception, ce qui n’est donc qu'un autre nom pour une idée générale ainsi engendrée par un assemblage d'idées particulières. De même que la méthode de M. Galton, consistant à superposer sur une même plaque sensible un certain nombre d'images individuelles, donne naissance à une photographie mixte où chacun des constituants individuels est partiellement et proportionnellement représenté ; de même sur la plaque sensible de la mémoire, de nombreuses images de perceptions antérieures se fondent ensemble en une seule conception qui constitue alors une image composite, ou représentation générique de ses éléments constituants; en outre, dans le cas de Ja plaque sensible, il n’y a que les images particulières présentant de plus ou moins nombreux points de ressemblance qui puissent être ainsi fusionnées en une photographie distincte, et de même dans le cas de l'esprit, seules, ces idées particulières qui sont de meme famille peuvent contribuer à constituer une conception nette (1). Voilà pour les idées particulières et générales. Quant au terme abstrait, il a été employé par différents psychologues en différentes significations. Pour ma part, je l'emploierai dans le sens où l'emploie Locke dans le passage cité plus haut, et qui est celui où l’emploient la plupart des écrivains modernes qui traitent de ces matières. Nous conformant donc à leur manière de comprendre ce mot, nous prendrons le terme « idée abstraite » comme pratiquement synonyme d’ « idée générale ». Le processus de l'abstraction consiste en effet à analyser mentalement l'ensemble présenté par n'importe quel objet de perception, et à

(1) Cette comparaison a été précédemment employée par M. Galton lui-même, et aussi par M. Huxley dans son ouvrage sur Hume,

extraire idéalement les traits ou qualités sur lesquels l'attention se porte à ce moment. Le plus individuel lui-même des objets ne saurait manquer de présenter un assemblage de qualités, et s’il est vrai qu'un tel objet ne saurait être réellement divisé en ces qualités constituantes, il est certain d'autre part qu'il est possible de le diviser ainsi idéalement. L'homme individuel que je connais sousle nom de John Smith ne saurait être décomposé en telles quantités de chaleur, de muscles, d'os, de sang, de couleur etc., sans cesser entièrement d’être homme, mais cecin’empêche pas que je puis en esprit faire abstraction de sa chaleur (en y pensant en tant que cadavre), de sa chair, de ses os, de son sang (en y pensant en tant que sujet disséqué) de la couleur blanche de sa peau, de la coloration noire de ses yeux, etc. Il est évident qu’en dernière analyse notre faculté de former des idées générales, ou concepts, dépend de cette faculté d'abstraction, c'est-à-dire de l'aptitude à séparer idéalement une ou plusieurs des qualités présentées par les percepts, c'est-à-dire par les objets des idées particulières. Mon idée générale de chaleur n’a été rendue possible que parce que j'ai idéalement abstrait la qualité chaleur de différents corps échauffés dans lesquels elle a coexisté avec d'innombrables associations différentes d’autres qualités. Mais ceci n'empêche point que partout où je rencontre cette qualité particulière, je la reconnais comme étant la même, et j'arrive ainsi à une idée générale ou abstraite de chaleur, en dehors de toute autre qualité avec laquelle, dans les vas particuliers, elle se peut trouver associée (1). Gette faculté d'idéation abstraite fournit la conditio sine quä non de tous les degrés du développement, car c’est par elle seule que nous pouvons com-

(1) Ainsi la seule distinction valide qui puisse être établie entre l'abstraction et la généralisation est celle qui a été faite par Hamilton, et que voici : « L'abstraction consiste en la concentration de l’attention sur un objet particulier ou sur une qualité particulière d’un objet sans qu’elle se porte sur quoi que ce soit d'autre. La notion de la figure du pupitre devant moi est une idée abstraite, une idée qui fait partie de la notion totale de ce corps et sur laquelle j'ai comcentré mon attention pour la considérer exclusivement. Cette idée est abstraite mais elle est en même. temps individuelle, elle représente la forme de ce pupitre particulier et non celle d’un autre corps quelconque. » La généralisation, d'autre part, consiste en une combinaison idéale d’abstractions, « quand, comparant différents objets, nous mettons le doigt sur leur ressemblance, quand nous concentrons notre attention sur ces points de similitude... la notion générale nous fait donc connaître une qualité, propriété, puissance, notion, relation, bref, tout point de vue auquel nous recon-

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arer l'idée avec l’idée, et ainsi atteindre d’une manière progresve les niveaux de plus en plus élevés, aussi bien que les proits de plus en plus complexes de l’idéation. De l'histoire de ce évelopperent, nous avons à parler davantage plus loin; en iiendant. je désire seulement signaler deux faits qui s’y rappor- Sent. Le premier est qu'à travers celte histoire, le développeent est un développement : la faculté d’abstraction est partout e méme espèce ; et le second fait, c'est que ce développement

st partout dépendant de la faculté du langage. Nousinsisterons Beaucoup sur l’un et l’autre de ces points dans les chapitres sui- Sants, mais il était nécessaire d'énoncer ces faits dès maintenant

“4 faits que les psychologues de toutes les écoles acceptent à MBrésent — pour rendre intelligible la nouvelle division que je ais faire dans ma classification des idées. Cette division est e]!e que j'établis entre la faculté de l’abstraction non dépenante du langage et celle qui en est dépendante. Je viens de re que la faculté d’abstraction est partout la même en espèce, ais comme j'ai immédiatement affirmé que le développement > l'abstraction est dépendant du langage, j'ai laissé ouverte la estion de savoir si, oui ou non, il peut exister une abstraction hdimentaire sans langage. C'est cette question, par conséquent, : e nous devons maintenant aborder. D'un côté,on peut dire qu’en 4 Éservant le qualificatif abstrait aux idées qui ne peuvent être prmées qu'à l’aide du langage, nous tirons une ligne arbitraire xée sur un degré dans l'échelle continue d'une faculté qui est artout la même en espèce. Car, disent quelques psychologues, est évident que dans notre propre cas, la plupart de nos plus ples abstractions ou idées générales ne dépendent pas, pour

ssons une pluralité d'objets comme une unité, » Ainsi il peut y avoir abstraction ms généralisation, mais comme dans ce cas, l’abstraction ne porte que sur des ées particulières, cette phase en est méconnue par la plupart des écrivains qui nploient en conséquence abstraction et généralisation comme termes convertibles. ll dit : « Par abstrait, j'entendrai toujours en logique propre l'opposé de conel; par un nom abstrait, le nom d’un attribut ; par le nom concret, le nom D'un objet. » (Logic, 1, paragraphe 4.) Toutefois cette restriction est arbitraire : Concentrer l'attention sur un objet particulier » est la mème sorte d'acte mental e de concentrer son attention sur n'importe quelle « qualilé particulière d’un bjet »: En agissant ainsi, Mill suit les classiques, et s'élève expressément contre la hodification introduite pour la première fois (en apparence) par Locke, et depuis énéralement adoptée ; mais peu importe dans lequel des deux sens qui viennent 'être expliqués un écrivain emploie le mot « abstrait », à la condition qu'il y persiste.

leur existence, des mots. Ou encore si ceci est contesté, ces psychologues peuvent montrer les enfants et même les aniinaux

inférieurs comme preuves de leur assertion. Car un enfant! manifeste, indubitablement, la possession d'idées générales anté- ! rieures à la possession d’un langage articulé quelconque, et après À qu'il commence à se servir d’un tel langage, il le fait en élargis- À

sant spontanément la signification attachée aux mots originels. A l'appui de ces deux énoncés, d'innombrables observations

peuvent être citées et j'en citerai plus loin, mais ici il me

suffira de donner une seule preuve à l'appui de chacun d'eux. A

l'égard de l’enfant, M. Preyer nous dit qu'à l’âge de huit mois 1), É

c'est-à-dire longtemps avant qu'il ne fût capable de parler, son

enfant pouvait classer toutes les bouteilles comme ressemblant NS

au biberon (2) ou rentrant dans la catégorie de celui-ci.

Au sujet du second fait, M. Taine rapporte qu'une petite fille À âgée de dix-huit mois, s'amusant avec sa mère en se cachant à derrière un rideau, disait : « Concou ». De plus, quand sa nou. ! riture était trop chaude, quand elle allait trop près du feu ou 2 d’une bougie, ou quand le soleil brillait, on lui disait : « Ca 0

brûle. » Un jour, en voyant le soleil disparaître derrière une

montagne, elie s’écria: « A brûle coucou », montrant par là à la à fois la fc:mation et l’assemblage d'idées générales « non seule- : ment exprimées par des mots que nous n’employons pas (et, en Ë conséquence, pas par d’autres mots que ceux qu’elle avait pré- Bi cédemment employés), mais correspondant aussi à des idées ei, ss

par conséquent, à des classes d'objets et de caractères généraux

qui, dans nos cas, ont disparu. La soupe chaude, le feu dans le #

foyer, la flamme de la bougie, la chaleur du jour dans le jardin, et finalement le soleil, forment une de ces classes. Le visage de la nourrice ou de la mère disparaissant derrière une colline forme l’autre classe (3). »

Pour en venir aux animaux, et pour commencer par les

(1) L'âge mentionné correspond étroitement avec celui donné par M, Perez qui dit: qu’ « à sept mois, il (l'enfant) compare mieux qu’à trois, et il paraît à cet âge avoir des perceptions visuelles associées avec des idées d'espèce : par exemple, il relie les différentes saveurs d’un morceau de pain, d'un gâteau, d’un fruit avec leurs différentes formes et couleurs » (Trois Premières Années de l'Enfance).

(2) L'Ame de l’Enfant, trad. H. de Varigny.

* (3) Taine , Intelligence, p. 18.

es pr roce:

acult.

broce:

oit r ques e fer endr le ch ion, Pareil lans :

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emples les plus simples, les animaux les plus élevés ont tous »s idées générales de ce qui est bon à manger et de ce qui ne st pas, tout à fait distinctes des objets particuliers caractérisés ar l'une ou l’autre de ces qualités. Si nous donnons en effet à elque animal supérieur un morceau de nourriture d'une spèce qu'il n'a point rencontrée encore, l'animal ne le happe ni le rejette immédiatement : il soumet le morceau à un examen tentif avant de le livrer à sa bouche. Ceci prouve, mieux que but autre fait, qu’un tel animal a une idée générale on abstraite doux, de l’amer, du chaud, ou, en somme, de ce qui est bon à > de huit mois (1), Si anger et de ce qui ne l'est pas, le but de l'examen étant évile de parler, son ESSSomment de constater laquelle de ces deux idées générales d’esame ressemblant MSece s'applique à l'objet particulier examiné. celui-ci. : Quand nous choisissons nous mêmes quelques mets qui, nous qu'une petite fille k supposons, se trouvera être bon à manger, nous n'avons pas re ense cachant esoin d'appeler à notre aide l’une quelconque de ces classes , quand sa nouï- Aus élevées d'idées abstraites que nous devons à notre faculté ) près du feu ou # élocution. C'en est assez pour déterminer notre décision si lui disait : « Ca apparence particulière, l'odeur, ou bien la saveur de l'aliment re derrière une pus fait sentir qu'il est conforme à notre idée générale de ce trant par là à la # i peut se manger. C'est pourquoi, quand nous voyons des les « non seule- M@nimaux se tirer d’alternatives pareilles par une méthode idenpyons pas (et, en 4 que, nous ne pouvons raisonnablement douter de la similitude qu’elle avait pré- | es processus psychologiques, car, comme nous savons que ces si à des idées ei, SBrocessus chez nous mêmes n’impliquent pas l'exercice des aclères généraux acultés supérieures de notre esprit, il paraît évident que des e, le feu dans le MS rocessus dont les manifestations semblent aussi indentiques * dans le jardin, À oit réellement ce qu’ils paraissent être, sont réellement idenes. Le visage de ques. Autre fait. Si je vois un renard rôdant dans une cour ière une colline e ferme, j'en conclus qu'il a été conduit par la faim à aller dans fendroit où il a une idée générale qu’il se trouve beaucoup le choses bonnes à manger, de même que dans la même situaion, je me suis entraîné à franchir la porte d’un restaurant. Pareillement si je dis à mon chien le mot « Chat », j'éveille lans son esprit l’idée non d’un chat en particulier — car il voit tant de chats — mais du chat en général. Ou quand ce même hien, accidentellement, traverse la piste d'un autre chien, ‘odeur du chien étranger lui fait lever la queue, et hérisser le

ontesté, ces psyme les aninaux Car un enfant; :s générales anté- Ilconque, et après # e fait en élargis- # x mots originels.

les observations !

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par M. Perez qui dit:

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poil de son dos, en prévision d’un combat. Pourtant l'odeur d’un

chien inconnu doit éveiller dans son esprit, non l'idée d'un chien

en particulier, mais une idée de l'animal chien en général. Jusqu'ici, on se le rappellera, j'ai donné les preuves en faveur

de l’idée que les uns et les autres, enfants et animaux, sont

capables de former des idées générales d’un ordre simple, et par conséquent, qu'à la formation de telles idées l'usage du langage n'est pas nécessaire. Je veux considérer ensuite ce qui doit étre dit de l’autre côté de la question, car, comme je l'ai précédemment remarqué, plusieurs — je puis dire la plus grande partie — des psychologues rejettent cette catégorie de preuves in toto, comme n'ayant point de rapports avec le débat. C'est

pourquoi en premier lieu, je considérerai leurs objections à | cette sorte d'évidence, et je résumerai ensuite la question tout | entière pour suggérer enfin une classification des idées qui, À dans mon opinion, doit être acceptée comme constituant un |

terrain commun de conciliation par l'une et l’autre parties.

Je commencerai par une citation de Locke : « Dans quelle # mesure les animaux possèdent-ils cette faculté (celle de # comparer les idées) ? Cela n’est pas facile à déterminer. J'imagine |

qu'ils ne l'ont pas à un grand degré, car bien qu'ils aient probablement plusieurs idées assez distinctes, cependant il me semble que c’est la prérogative de l'intelligence humaine, quand elle a suffisamment distingué quelques idées, pour les percevoir comme parfaitement différentes, comme constituant deux idées, de chercher et de considérer dans quelles circonstances ces idées sont susceptibles d’être comparées.

« C’est pourquoi je pense que les bêtes ne vont pas plus loin ‘dans leur comparaison que de comparer quelques circonstances sensibles rattachées aux objets eux-mêmes. L'autre puissance de comparaison, qui peut être observée chez l’homme, et qui se rattache aux idées générales, et est utile seulement aux raisonnements abstraits, nous pouvons conjecturer que très probablement les bêtes ne l'ont point.

« L'opération qui suit dans l'intelligence au sujet des idées, c'est la composition par laquelle l'intelligence réunit plusieurs des idées simples qu’elle a reçues par la sensation et la réflexion, et en fait des idées complexes. Sous cette dénomination de compo-

itio ositi omp uoiq nsen idée urlo:

« Da hom lusie Drme, u'un( ar les nima lexes « Pe )mple con oins] gne imerai l'on] e So] ortée ur no!

urs pe uie, si ruit, il ent la D'apr.

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(1) Hum

ant l'odeur d’un l’idée d'un chien n général.

euves en faveur À animaux, sont à re simple, et par sage du langage ce qui doit être e je l'ai précéla plus grande rorie de preuves : le débat. C'est rs objections à | la question tout | | des idées qui, È constituant un tre parties.

: « Dans quelle W culté (celle de # miner. J'imagine ien qu'ils aient cependant il me humaine, quand pur les percevoir ant deux idées, constances ces

ition Let être comprise aussi la faculté de développer : la comosition n'y apparaît pas autant que dans les idées plus omplexes, mais encore est-elle une réunion de plusieurs idées, uoique de même espèce. Ainsi, en ajoutant plusieurs unités nsemble, nous avons l'idée d’une douzaine, et en réunissant idée répétée de plusieurs perches nous formons celle d'un urlong (autre mesure de longueur).

« Dans ce cas aussi, je le suppose, les bêtes sont loin d'atteindre homme, car, quoiqu'elles embrassent et retiennent ensemble lusieurs combinaisons d'idées simples, comme par exemple la prme, l'odeur, la voix du maître, elles constituent l’idée complexe u’un chien a de lui, ou plutôt sont autant de marques distinctes ar lesquelles il le connaît. Cependant je ne pense pas que les nimaux les combinent d'eux-mêmes et fassent des idées comlexes. ,

« Peut-être même que là où nous pensons qu'ils ont des idées D mplexes, il y a seulement une idée simple qui les dirige dans

connaissance de plusieurs choses, qu'ils distinguent peut-être oins par ia vue que nous ne l’imaginons. J'ai été, d'une manière gne de foi, informé qu'une chienne nourrirait, jouerait avec, et imerait, de jeunes renards autant que ses petits et à leur place, l’on peut seulement la leur faire téter assez longtemps pour

e son lait les pénètre. Les animaux qui ont une nombreuse Rortée de petits ne paraissent avoir aucune connaissance de eur nombre, car bien qu''’3 soient fort émus si l’on prend un de urs petits pendant qu'ils sont à portée de leur vue ou de leur uie, si un ou deux leur sont enlevés en leur absence, ou sans ruit, il ne semble point que les petits leur manquent, ou qu'ils

ent la notion que le nombre en a été diminué » (1).

D'après ce passage, il est évident que la comparaison, le

groupement » et le « développement » d'idées que Locke a en lue est la comparaison, le groupement et le développement con-

ient ou intentionnel qui appartient seulement au ressort de la flexion ou de la pensée. Il ne s'occupe point de ces facultés de

Dmparaison, ni du groupement d'idées qu'il reconnaît à l'animal,

moins qu'il puisse être prouvé que l'animal est capable de

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t pas plus loin

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(1) Human Understanding, livre I, ch. 11, 88 5-7. k

chercher et de considérer dans quelles circonstances elles sont

capables d’être comparées. Et alors, il ajoute : « C'est pourquoi

je pense que les bêtes ne vont pas plus loin dans leur compa-# raison que de comparer quelques circonstances sensibles atta-l chées aux objets eux-mêmes. L'autre puissance de comparaison Ë qui peut être observée chez l'homme appartenant aux idéesk générales et étant utile seulement aux raisonnements abstraits à

nous pouvons conjecturer que très probablement les bêtes ne! l'ont point. »

Jusqu'ici donc, il semble parfaitement évident que Locke croit} que les animaux présentent le pouvoir de « la comparaison et du

groupement » des «idées simples » jusqu’au point où cette compa-

raison et ce groupement commencent à être aidés par la penstel réfléchie. C'est pourquoi, quand immédiatement après il en vient à expliquer ainsi l'abstraction : « la même couleur étant observé:

aujourd’hui dans la «raie ou la neige, que l'esprit hier receva

du lait, l'esprit considère cette apparence seule, et en fait hh représentation de tous les objets de cette sorte, et lui ayanik donné le nom b/ancheur, par ce son il désigne la même qualitéh qu'on l’imagine, ou qu'on la rencontre dans quelque lieu que € à

soit, et c’est ainsi que les universaux (idées ou mots) se cons

tituent », quand il explique ainsi l'abstraction, ilnous parait abso-Ù lument certain que ce qu'il entend par abstraction est le poud voir de contempler d’une façon idéale les qualités séparées de objets, ou comme il le dit, de «considérer les apparences seules »} C’est pourquoi je conclus sans plus de discussion que, dan

la terminologie de Locke, le mot abstraction s'applique seul

lement à ces développemenis supérieurs de la faculté qui sons rendus possibles par la réflexion. À Maintenant, de quoi ce pouvoir de réflexion dépend-i Comme nous le verrons plus loin, il dépend du langage, ou del faculté d'attacher des noms aux idées abstraites et générales.

Autant que je le puis savoir, les psychologues de toutes lk®

écoles existantes s'accordent sur ce point, en soutenant qu la faculté de donner des noms aux abstractions est à la fois Ni condition de la pensée réfléchie, et l'explication de la différent entre l'homme et la brute, en matière d’idéation.

Il me semble inutile de s'arrêter sur un point où tout le mont

st d ants ausé pgue le l'e Darfa Co PnCOI déat bt de sente pt de ples ( Du no Die qu pas. À ela d el qt in m lusie ept g

de vue

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Onp uciditi ions it

(1) On ’Imagina ation da des impr duite d’ui

ances elles sont st d'accord, et dont il est beaucoup parlé dans les chapitres sui-

« C'est pourquoi ants. Pour le moment, je m'efforcerai seulement de découvrir les ans leur compa-h Mauses de la divergence d'opinions qui existe entre les psychos sensibles atla- Bones qui attribuent, et ceux qui refusent, aux animaux la faculté de comparaison L ie l'abstraction. Je pense être en position de rendre ce point nant aux idées MDarfaitement clair.

ements abstraits à ent les bêtes nef

Comme nous l'avons déjà vu, et comme nous le verrons souvent encore, ilest admis de tous côtés que les animaux, dans leur déation, ne sont pas renfermés dansla faculté spéciale d'imaginer bt de se rappeler les perceptions particulières, mais qu'ils présentent aussi le pouvoir, comme Locke l’a défini, d'« embrasser bt de retenir ensemble plusieurs combinaisons d'idées simples (4) ». La seule question alors est de savoir réellement si oui bu non ce pouvoir est le pouvoir de l'abstraction. Dans l'opinion Me quelques psychoïogues, il l’est, et pour d’autres, il ne l'est as. Mais, de quoi dépendra la réponse à une telle question ? ela dépendra, évidemment, de savoir si nous tenons pour essenel qu'une idée générale ou abstraite puisse s’incarner dans n mot. A certain point de vue « embrasser et retenir ensemble lusieurs combinaisons d'idées simples », c'est former un conà ept général de beaucoup de percepts, mais à un autre point

de vue, une combinaison d'idées simples de ce genre ne peut tre regardée que comme un concept, quand elle a été conçue par 'esprit comme concept, ou quand, pour avoir été incorporée dans an nom, elle se tient devant l'esprit comme un fruit de l'esprit, distinct et organisé, devenu ainsiun objet aussi bien qu'une prouction de l'Idéation. Car alors seulement l'Idée abstraite peut tre reconnue comme abstraite, et être utilisable comme créaion définie de la pensée, capable de servir de matière à quelque utre construction d'ordre idéationel plus élevé.

On peut citer M. Taine qui soutient cette vue avec une grande : ucidité. , De nos nombreuses expériences (il s'agit des percepions individuelles d'une exposition d'araucarias), iireste le jour

t que Locke croit} omparaison et du it où celte compi-| lés par la penstel taprès il en vienià ur étant observétis prit hier recevai ule, et en fait hi rte, et lui ayan la même qualité elque lieu que tt u mots) se Cons nous parait absoction est le pou ités séparées de barences seules »}

ssion que, dan à s'applique seu

faculté qui sonbs

xion dépend-il'* langage, ou del s et générales. à es de toutes lei n soutenant qui s est à la fois Ni à de la différent

, (1) On peut trouver la preuve de ce fait, en abondance, dans le chapitre sur Imagination (Évolution mentale chez les Animaux). K est démontré que l'imagiation dans les animaux ne dépend pas seulement des associations déterminées par 4 des impressions sensitives du dehors, mais atteint le niveau où s'effectue la conduite d’une série de figures mentales, per se,

où tout le mont

suivant quatre ou cinq scuvenirs plus ou moins distincts qui s’effacent eux-mêmes, nous laissant une représentation simple, | sans couleur, vague, dans laquelle entrent comme éléments à constituants diverses sensations réviviscentes à un état abso- lé lument faible, incomplet, avorté. Mais cette représentation n'est M point l’idée générale ou abstraite. Ge n’est que son accom- ‘4 pagnement, et, si je puis m'exprimer ainsi, celle dont elle est extraite. Car la représentation, quoique mal esquissée, est une esquisse, l'esquisse sensible d'un individu distinct. En fait, si je puis la prolonger et m'y arrêter, elle renouveile quelque | sensation visuelle spéciale ; je vois mentalement quelques contours qui correspondent seulement à un araucCaria particulier, et en conséquence ne peuvent convenir à la classe entière; main. ; tenant, mon idée abstraite correspond à la classe entière, elle M diffère alors de la représentation d’un individu. En outre, mon # idée abstraite est parfaitement claire et déterminée; maintenant d que je la possède, je ne manquerai pas de reconnaître un arau- ee: caria parmi les plantes que je puis voir, elle diffère donc de la représentation confuse et flottante que j'avais d’un araucaria M particulier. Qu'est-ce donc qu'il y a au-dedans de moi de si clair et de si déterminé, correspondant au caractère abstrait, corres- MM pondant à tous les araucarias et correspondant à celui-là seul? M$ Un nom de classe, le nom Araucaria.…. Ainsi nous concevons 4 les caractères abstraits des choses au moyen des noms abstraits | / qui sont nos idées abstraites, et la formation de nos idées abs- | traites n’est rien de plus que la formation des noms » (1). KL La question, en réalité, est de savoir ce que nous entendons par ce terme abstraction, ou ses équivalents. Si nous limitons le k terme à la faculté « d'embrasser et de retenirensemble plusieurs Æ#S combinaisons d'idées simples », plus la faculté de donner un #1 nom au composé résultant, il est certain que les animaux M

(4) Loc. cit., pp. 397-399. Je signalerai aussi ici un ouvrage intéressant et suggestif d'un autre écrivain français, M. Binet (Za Psychologie du Ruisonnement, 1886), Son À but est de montrer que tous les progrès du raisonnement sont fondamentalement identiques avec ceux de la perception. Pour arriver à cela, il nous donne une À exposition détaillée du fait général que les progrès de l'une et l'autre espèce dépendent de ia « fusion » des états de la conscience. Dans Le cas de la perception, les éléments ainsi fusionnés sont des sensations, tandis que dans le cas du raisonnement ce sont des ‘perceptions, dans l'un et l’autre cas le principe d'association étant également impliqué.

IME

1s distincts qui entation simple, | mme éléments % à un état abso- fé ésentation n'est ue son accom- li lle dont elle est # quissée, est une & istinct. En fait, M puveile quelque | t quelques conia particulier, et | entière; main. À

diffèrent des hommes, en ne présentant pas cette faculté de | l'abstraction, car cela revient à dire que les animaux n'ont pas la faculté du langage. Mais si le terme n’est pas limité ainsi, s’il est employé pour signifier le premier processus ci-dessus nommé, indépendamment du second, alors, sans aucun doute, les animaux ressemblent aux hommes en présentant la faculté del’abstraction. Gonformément à la première définition, il suit nécessairement que « nous concevons les caractères abstraits des choses au moyen des noms abstraits qui sont nos idées abstraites », et c'est pourquoi « la formation de nos idées abstraites n’est rien de plus que la formation des noms ». Mais, conformément au dernier point de vue, si grande que soit l'importance de fixer un nom à un composé d'idées simples dans le but de don-

sse entière, elle} ; Ë h He or ner à ce composé plus de clarté et de stabilité, l'essence de * se Dh 4 l’abstraction consiste dans l’acte de composition ou dans le fusionnl e; - Ê 2 LA La . .

s SE nement d'idées particulières en une idée générale de la classe à

nnaître un arau- #4 ffère donc de la d’un araucaria le moi de si clair M

laquelle les choses individuelles appartiennent. L'acte de donner à cette idée composée un nom de classe est tout à fait-un acte . } distinct, et qui est nécessairement postérieur à l'acte précédent | de composition. Pourquoi alors, peut-on demander, nierons-

abstrait, corres- M L k dre OS nous qu'une telle idée composée soit une idée générale, ou à celui-là seul? ls bstraite, simpler , , US ? D aDSiraile, SIMP ement parce qu'elle n'est pas suivie de l'acte de nous CONCeVORS SE dénomination ?

bs noms abstraits | nos idées abs- } pms » (4).

nous entendons nous limitons le à semble plusieurs à de donner un ue les animaux

A mon avis, il y a‘ at à dire en faveur de chacun de cespoints de vue que je ne me prononcerai pas.

Ge que j'ai essayé de faire jusqu'ici est de montrer clairement que la question de savoir s’il y a ou non une différence entre la brute et l'homme, en ce qui concerne l'abstraction, n’est rien de plus qu’une question de terminologie.

| La véritable question se posera seulement quand nous en pserons à la faculté âu langage; la question qui est devant nous

est simplement une question de classification psychologique, ou de nomenclature d'idées.

Maintenant, il m'apparaît que cette question peut être défi-

téressant et suggestif onnement, 1886). Son À t fondamentalement il nous donne une

L l'autre espèce dé- nitivement réglée, et beaucoup de malentendus inutiles peude la perception, les vent être évités, par un lé I n léger rajustement, et une plus étroite h

le cas du raisonne-

incipe d'association définition de termes.

Pour tous, que l'on accepte ou non de désigner par le mot Romans. Évol, ment. 3

abstraction la faculté de réunir des idées simples, sansla faculté de nommer ces composés, il est certain qu’au point où cette faculté additionnelle de donner ces noms se présente, la précédente faculté est à tel point perfectionnée que tout système de nomenclature psychologique doit être fort imparfait s'il est dépourvu des termes par lesquels on reconnaît la différence. Car même si les psychologues de l'école adverse concédaient que l'essence de l'abstraction consiste dans la réunion d'idées simples, et point dans le processus postérieur de la nomination des composés, cependant l'effet de ce processus ultérieur — ou faculté additionnelle — est si prodigieux que les degrés supérieurs de l’abstraction qui par elle sont rendus possibles, demandent assurément à être distingués du degré inférieur.

C'est pourquoi, sans préjuger de la question de savoir s’il y a ici une différence de degré ou de nature, je soumettrai une classification d'idées qui, ne pouvant soulever d'objections, aura du moins l'avantage de nous aider beaucoup dans notre étude de la question elle-même.

J'emploierai le mot idée dans le sens que j'ai détini dans mon précédent ouvrage, c'est-à-dire comme un terme générique qui signifie indifféremment un produit de l’Imagination, du simple souvenir d'une impression sensitive au résultat de la plus abstraite généralisation (1).

Par idée simple, idée ;;-rticulière ou idée concrète, j'entends le simple souvenir d’une perception sensitive particulière.

Par idée comp'sée, idée complexe, ou idée mixte, j'entends la combinaison d'idées simples, particulières, ou concrètes, dans cette sorte d'idée composée qui est possible sans l'aide du langage.

En dernier lieu, par idée générale, idée abstraite, concept ou notion, j'entends cette sorte d'idée composée qui n'est rendue possible que par l’aide du langage, ou par le fait de nommc. les abstractions en tant qu'abstractions.

Maintenant, dans cette classification, bien qu'il soit nécessaire de citer au moins dix termes distincts qui les uns et les autres sont à présent en usage parmi les psychologues, ou ont été usités

(1) Évolution mentale chez les Animaux.

sansla faculté point où cette nte, la précéit système de parfait s’il est différence. Car:

ncédaient que ‘union d'idées la nomination ultérieur — ou s degrés supépossibles, deiférieur.

savoir s’il y a oumettrai une bjections, aura ns notre étude

léfini dans mon > générique qui ion, du simple de la plus abs-

concrète, j'ene particulière, ixte, j'entends oncrètes, dans sans l'aide du

raite, concept bsée qui n'est le fait de nom-

soitnécessaire

et les autres ont été usités

par les classiques qui ont écrit sur la matière, nous pouvons observer qu’il n’y a réellement à distinguer que trois classes séparées. En outre, on remarquera que pour la définition, je limite les premiers trois termes à la dénotation des souvenirs de perceptions sensitives particulières seules, refusant, en conséquence, de les appliquer à ces souvenirs formés par la fusion de beaucoup de perceptions sensitives qui permettent aux enfants, aux animaux (aussi bien qu’à nous-mêmes) de former des idées composées d'espèce ou de classe, sans le secours du langage. C'est-à-dire que la première division de cette triple classification ne concerne que ce que l’on nomme les percepts; la dernière ne s'adresse qu'aux concepts. Il n'existe aucun mot correspondant à la division médiane, et ce fait en lui-même montre plus puissamment l’état de confusion où en est la classification des idées. Les psychologues des deux écoles que nous avons considérées, cer:x qui admettent, et ceux qui nient qu’il y ait une différence d'espèce entre l'idéation des hommes et celle des bêtes, sont

| également forcés de reconnaître qu'il y a une grande différence | entre ce que j'appelle une idée simple et ce que j'appelle une

idée composée.

En d’autres termes, c'est un fait évident que la seule distinction entre les idées n'est pas celle qui existe entre le souvenir d’un percept particulier etla formation d’un concept nommé, car entre ces deux classes d'idées, il en existe évidemment une autre, en vertu de laquelle les animaux et les enfants eux-mêmes sont capables de distinguer les objets individuels comme appartenant à une sorte ou à une espèce. Cependant ce grand et important domaine de l’Idéation existant entre les deux autres est, pour ainsi dire, un domaine innommé. Même les mots idée com-

à posée, idée complexe st idée mixte sont par moi rapportés à ce } domaine sans la sanction de l'usage antérieur, car, comme il a H été remarqué ci-dessus, l'existence de ce domaine a été si com-

plètement ignorée que nous n'avons aucun mot qui puisse lui être appliqué de la même façon que percept et concept sont applicables aux faits psychologiques voisins.

La conséquence est que les psychologues d’une école donnent à cette division intermédiaire de l'Idéation des noms qui sont applicables seulement au domaine inférieur, pendant que les

psychologues de l’autre école lui donnent des noms qui devraient n'être applicables qu'à la division supérieure. Le seul point sur lequel ils semblent s'accorder, c'est qu’ils ignorent le large espace que couvre ce domaine intermédiaire, et en conséquence, ils ignorent aussi la grande distance qui sépare les limites de ces domaines.

C’est pourquoi à côté des termes percept et concept, je crée le motrécept.Ce mot semble exactement répondre aux exigences de la question. Toute perception veut dire littéralement per-ception, et conception signifie con-ception, et réception signifieré-ception. Un recept estdonc une reconnaissance de choses précédemment connues.

Il est de l'essence de ce que j'ai défini comme idées composées (récepts) qu'elles s'élèvent dans l'esprit hors d'une répétition de percepts pius ou moins similaires. Ayant vu beaucoup d’Araucarias, l'esprit reçoit de l'entière masse d'individus qu'elle a perçue une idée composée de l’A*aucaria, ou d'une classe comprenant tous les individus de ce:.e sorte, une idée qui diffère d'une idée générale ou abstraite seulement en n'étant pas sciemment fixée el représentée comme une idée au moyen d'un nom abstrait. C'est pourquoi les idées composées peuvent naître seulement d'une réception de percepts plus ou moins similaires, et de là vient qu'il convient de les désigner sous le nom de récepts.

De plus, les associations que nous avons avec les mots de même origire, reçu, réception, etc., sont toutes d'rdre passif, comme les associations que nous avons avec les mots concevoir, conception etc., sont d'ordre actif, Ici encore donc, l'usage du mot récept est bien approprié à la classe d'idées en question, parce qu’en recevant de telles idées l'esprit demeure passif, de même qu'en concevant des idées abstraites l'esprit est actif. Pour former un concept, l'esprit doit intentionnellement grouper ses

percepts (ou les souvenirs de ceux-ci) dans le but de les réunir comme en un faisceau de choses similaires, et de donner à ce faisceau une étiquette et un nom. Maïs pour former un récept, l'esprit n'a pas besoin d'exécuter pareil acte volontaire. Les similit'es entre les percepts qui constituent seules l’objet de cet ordre d'idéation sont si marquées, si visibles et si fréquemment renouvêlées dans l'observation, que dans le moment même de la per-

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idées compos d'une répéti- | vu beaucoup dividus qu'elle ine classe comlée qui diffère ant pas sciemyen d'un nom ent naître seus similaires, et om de récepts. ke les mots de d'rdre passif, ots concevoir, donc, l'usage es en question, eure passif, de est actif. Pour { grouper ses t de les réunir e donner à ce er un récept, ire, Les similiet de cet ordre mment renouâme de la per-

ception ceux-cise trient eux-mêmes, el, pour ainsi dire, tombent spontanément dans leurs classes appropriées, sans effort conscient de la part du percipient.

Nous n'avons pas besoin de nommer des pierres pour les dislinguer des pains, ni des poissons pour ne pas les confondre avec les scorpions. Les distinctions de classe de cette sorte sont renfermées dans l’acte même de la perception (voyez le cas de l'enfant avec les bouteilles) et comme nous le verrons dans lo suite, dans le cas des animaux supérieurs elles peuvent s'élever à un degré étonnant de perfection judicieuse.

Les recepts donc sont des associations spontanées, formées sans intention; elles peuvent être nommées abstractions non perçues (1).

Une autre remarque reste à faire avant que notre nomenclature d'idées ne puisse être regardée comme complète. On aura remarqué que le terme idée générale est également approprié aux idées de classe et d'espèce, que ces idées soient ou non nommées. Les idées de ce qui est bon à manger, et de ce qui ne

(4) À ce propos, je puis citer l'exposé suivant, très clair, tiré d'un travail du secrétaire de l’Institut Victoria, qui est dirigé contre la doctrine générale que je me suis etforcé d'exposer, d'après laquelle il n’y à pas de différence de nature entre la psychologie de la brute et celle de l’homme.

« L'abstraction et la généralisation ne deviennent intellectuelles que quand elles sont utilisées par l'Intellect. Un taureau s'irrite de la couleur rouge, et non de l’objet dont la couleur rouge est l’attribut; mais il! serait absurde de dire que le taureau abstrait volontairement le phénomène de la coloration rouge de ces objets. Ce pro-

L cessus est essentiellement d’abstraction, et cependant en mème temps, il est essentiel- E lement automatique. » Et parlant de l’Idéation des brutes en général, il continue :

« Certaines qualités d’un objet attirent son attention à l'exclusion d'autres qualités qui sont laissées de côté, et, de la sorte, il abstrait automatiquement. L'image d’un objet ayant été imprimée dans sa mémoire, les sensations qu’elle excite sont aussi imprimées dans sa mémoire, et à la reproduction de l’image, ces sensations et les actions qui en résultent sont reproduites automatiquement aussi. Ainsi il agit par l'expérience, automatiquement encore. L'image peut être l’image du même objet, ou

à d'un autre objet de mème espèce, mai: ‘effet estle mème, et de la sorte il généralise } automatiquement aussi. »

En dernier lieu, parlant de l'induction, il dit : « Çette méthode est commune à l'homme et à la brute, et comme les facultés de l’abstraution, elle ne devient intellectuelle que quand nous voulons la rendre telle. » (E, 3. Morshead dans un essai sur la Psychologie comparée, Journ. Vict, Inst., 1870, vol. V, pp. 303, 304).

Dans le travail de M. Binet auquel il à été déjà fait allusion, la distinction en question est aussi reconnue, car il dit que la « fusion » des sensations qui a lieu dans un acte de perception est exécutée automatiquement (c'est-à-dire qu’elle est réceptuelle), alors que la « fusion » des perceptions qui sout impliquées dans un acte de Hi anis est exécutée intentionnellement (c'est-à-dire qu’elle est concep-tuelle),

PP

l’est pas sont aussi générales chez l’animal que chez l’homme, et ont été dans chaque cas formées de la même manière, à savoir par une accumulation d'expériences particulières spontanément assorties dans la conscience. Les idées générales de cette sorte n'ont cependant pas été prises en considération par les écrivains qui se sont antérieurement occupés de la psychologie de la généralisation ; de là vient que le terme général, comme le terme abstrait, a été, par l'usage, réservé à ces produits plus élevés, seuls, de l’idéation, qui dépendent de la faculté de langage. Les seuls mots que je puisse trouver ayant été employés par les écrivains antérieurs pour désigner les idées impliquées dans cette espèce bes inférieure de généralisation qui ne dépend pas du langage sont ‘à les mots rappelés plus haut, comme complexe, composé et mixte. Mais aucun de ces mots ne vaut le mot général, parce qu'aucun d'eux n’exprime la notion genre ou classe, et la grande distinction entre l’idée qu'un animal ou un enfant se fait, par exemple, d'un homme individuel, et des hommes en général, n'est

pas que l’une de ces idées est simple et l’autre complexe, com- | posée ou mixte, mais que l’une est particulière, etl'autre générale.

C'est pourquoi, pour être logique, il faudrait que le terme général fût appliqué à toutes les idées de classe ou d'espèce, distinguées des idées particulières ou individuelles, indépendamment du degré de généralité, et indépendamment aussi du cas fortuit de la dépendance ou de l'indépendance de ces idées par rapport au langage, en raison de leur degré de généralité. Néanmoins, comme le terme a été communément limité aux idées de l’ordre le plus élevé de la généralité, je n'introduirai pas la confusion en étendant son usage à l’ordre inférieur de celle-ci, ou en parlant d’un animal comme capable de généraliser. Un terme parallèle est cependant nécessaire, et je parlerai des idées générales ou classe d'idées qui sont formées sans l’aide du langage comme étant génériques. Ge mot a, le double avantage de conserver une analogie verbale, aussi bien que substantielle, avec le terme voisin général. Il sert aussi à indiquer que les idées génériques, ou récepts, ne sont pas seulement des idées de classe ou d'espèce, mais ont été engendrées par le mélange d'idées individuelles, c'est-à-dire des souvenirs fusionnés de per-

ri

hez l'homme, nière, à savoir spontanément de cette sorte r les écrivains gie de la génée le terme absélevés, seuls, age. Les seuls r les écrivains Is cette espèce | langage sont >, composé et yénéral, parce e, et la grande int se fait, par général, n'est omplexe, comet l’autre géné-

que le terme ou d'espèce, Iles, indépenment aussi du de ces idées de généralité.

t limité aux n'introduirai inférieur de ble de généire, etje parformées sans tale double ien que subsindiquer que dent des idées le mélange pnnés de per-

cepts particuliers. En conséquence, ma nomenclature des idées peut être présentée sous une forme sypnotique, ainsi qu'il suit : Idées générales, abstraites ou nationelles: concepts ; Idées complexes, composées ou mixtes : recepts ou idées géné-

riques ;

Idées simples, particulières ou concrètes: souvenirs des

percepts (1).

(1) L'analyse plus pénétrante des psychologues allemands a fixé cinq ordres au lieu de trois, à savoir: Wahrnehmung, Anschauung, Vorstellungen, Erfahrungsbegriff et Verslandesbegriff. Mais, pour le but de ce travail, il est inutile d'entrer

dans ces distinctions subtiles.

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