CHAPITRE I
LOGIQUE DES RÉCEPTS
idées particulières et les idées générales, a été étrangement raiso négligée par les psychologues, et nous sommes préparés à Pa
penser qu’une exploration soigneuse de ce domaine est de la enfan! plus haute importance pour le but de nos recherches. Je consa- bien crerai, en conséquence, ce chapitre à une étude complète de ce tractid que j'ai appelé Idées génériques ou récepts. ces 0
Il a déjà été remarqué que pour former une de ces idées géné- sortir. riques, l'esprit n’a pas besoin de combiner intentionnellement les culièr
idées particulières qui serviront à la combiner. Un recept diffère D Dar le ; d’un concept en ce qu'il est reçu, non conçu. Les percepts dont objets un récept est composé sont d'un caractère comparativement si même simple, sont si fréquemment répétés dans l'observation, et pré- brillar sentent entre eux des ressemblances ou des analogies siévidentes, l'odor: que leurs images mentales se confondent pour ainsi dire, sponta- l'enfar nément, ou en rapport avec les lois primitives d’une association D temps purement sensitive, sans recourir à un acte conscient de compa- quoiq! raison. C’est là une vérité qui a été notée par plusieurs écrivains degré: avant moi. Par exemple, j'ai déjà, à ce sujet, cité un passage de arbre, n M. Taine, et s’ilétait nécessaire, je pourrais en citer un autre dans temen lequel il compare avec justesse ce que j'ai appelé recepts, au tincte. minerai non travaillé hors duquel le métal d’un concept est Voi ensuite extrait. Mais le passage suivant que j'emprunte à pense M. Sully convient mieux encore : « Les concepts plus concrets, ou dela images génériques, se forment principalement par-un processus logiqu passif d'assimilation. La ressemblance entre les chiens, par famili
exemple, est si grande et si frappante que, lorsqu'un enfant
déjà familier avec un de ces animaux en voit un second, il le Ta reconnaît comme identique au premier à certains points de vue (2) Le
uée entre les étrangement s préparés à ine est de la hes. Je consamplète de ce
es idées généinellement les recept diffère percepts dont rativement si ation, et prés siévidentes, i dire, spontahe association nt de compaurs écrivains n passage de un autre dans é recepts, au concept est ‘emprunte à S concrets, ou n processus
s chiens, par qu'un enfant second, il le joints de vue
LOGIQUE DES RÉCEPTS (2)
évidents. La représentation du premier se combine avec la représentation du second, et met en relief nettement les traits du chien ordinaire, plus particulièrement la forme canine. De cette facon, les images des différents chiens en viennent à se superposer, pour ainsi dire, donnant naissance à l’image typique du chien. IL y a donc ici fort peu de direction active de l'esprit d'une chose à l’autre pour découvrir où gît la ressemblance : /a ressemblance s'imprime elle-même dans l'esprit. Quand cependant la ressemblance est moins frappante, comme dans le cas de concepts plus abstraits, une opération distincte de comparaison active est nécessaire (À). »
Pareillement M. Pérez remarque que « la nécessité où sont les enfants de voir d'une manière isolée, et par petites parties, pour bien voir, leur fait continuellement pratiquer cette sorte d'abstraction par laquelle nous séparons les qualités des objets. De ces objets que l'enfant à déjà distingués individuellement, il sortira pour lui, à différents moments, des impressions particulièrement vives. Les sensations de cette sorte dominantes, par leur énergie ou leur fréquence, tendent à effacer l’idée des objets d'où elles procèdent, pour se séparer et s'abstraire ellesmêmes. La flamme d’une bougie n’est pas toujours également brillante ou vacillante, les impressions du toucher, du goût, de l'odorat et de l'audition ne frappent pas toujours le sensorium de l'enfant avec la même intensité, ni pendant la même durée de temps. C’est pourquoi les souvenirs des formes individuelles, quoique fortement gravés dans leur intelligence, perdent par degrés leur précision première, de telle sorte que l'idée d’un arbre, par exemple, fournie par des souvenirs directs et parfaitement distincts, revient à l'esprit sous une forme vague, indistincte, qui pourrait être prise pour une idée générale (2). »
Voici encore ce que dit John Stuart Mill. « Un des plus fertiles penseurs des temps modernes, Auguste Comte, a pensé qu'à côté de la logique des signes, il y a une logique des images et une logique des sensations. Dans nombre des processus de pensée familiers, et spécialement chez les esprits peu cultivés, une
(1) Outlines of Psychology, p. 34?. Les italiques sont de moi. Or remarquera que M. Sully emploie ici le terme générique dans un sens même que j: propose. (2) Les Trois premières années de l'Enfance.