‹ L'évolution mentale chez l'homme [microforme]Chapitre 6 sur 67 · CR PT TE · texte numérisé non relu

CR PT TE

image visuelle tient lieu d’un mot. Nos sensations visuelles, peut- epr être seulement parce qu'elles sont presque toujours présentes e co avec les impressions de nos autres sens, ont la facilité de s’as- ES Po socier avec elles. Par suite, l'apparence visuelle caractéristique n'en : d'un objet rassemble aisément autour de lui, par association, les ‘est idées de toutes les autres particularités qui ont, dans maintes nésig

expériences, coexisté avec cette apparence: et excitant celles-ci anato

avec une force qui surpasse certainement de beaucoup celle des SSKchan (1 associations purement accidentelles qu'elle peut aussi déter- e te ji. miner, elle concentre l'attention sur elles. Ici une image sert de ue li

signe; c'est la logique des images. La même fonction peut étre êve é remplie par une sensation. Toute sensation forte qui intéresse Bie beaucoup, reliée à un attribut du groupe, classifie spontanément in se tous les objets selon qu'ils possèdent ou ne possèdent pas cet L pro attribut. Nous pouvons être passablement assurés que les sub- que je

stances capables de satisfaire la faim forment une classe parfai- Les tement distincte dans l'esprit des animaux les plus intelligents, Somme tout autant que s'ils étaient capables d'utiliser ou de comprendre a pas

le mot nourriture. Nous voyons ici très clairement cette impor- lesseir tante vérité qu'il est difficile d'affirmer quelque chose en psy- ane pli

chologie en dehors des lois de l'association (1). » ME une d Mansel énonce d’une façon concise la vérité que je m'’efforce BUPPpos d'exposer, de la facon que voici : « L'esprit reconnaît l'impression oms d

qu'un arbre produit sur la rétine de l’œil : c’est de la conscience lai lais présentative. Il la dépeint alors. De beaucoup de peintures de ce eulem

genre, il forme une notion générale, et à cette notion, à la fin, il Ilect ( applique un nom (2). » i j'ava Dans un langage presque identique, la même distinction esl omme

notée par Noiré : « Tous les arbres que j'ai vus jusqu'ici peuvent

laisser dans mon imagination une image mixte, une sorte de (1) Log ourraien lées abst ubli, leu e peut ja idées p mbre, C ercepts, st évider à fusion érant qu e l'Idéati

(2) Life

(1) Examination of Hamilton's Philosophy, p. 403.

(2) Max Muller combat cette manière de voir, à cause de son conceptualisme voilé, parce qu’elle représente la « notion » comme chronologiquement antérieure au « nom » (Science of Thought, p. 268). Cette critique n’a rien à faire avec la question considérée. Les « nombreuses images » que l'esprit forme ainsi, et fusionne en ce que Locke nomme une « idée composée » méritent-elles, quand elles sont ainsi fusionnées, d’être appelées une « notion générale » ou un « concept»? C’est une question de terminologie que je laisse de côté, en assignant à ces idées composées le nom de récepts, et en réservant le terme nolion, ou concepts, pour les idées composées, après qu’elles ont élé nommées.

MME

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epr{- tation idéale des arbres. Tout à fait différent de ceci est e concept qui n’est jamais une image (1). »

Pour ne pas surcharger mon argumentation de citations, je d'en ajouterai qu'une de plus, qui, avec plus de clarté encore, si ‘est possible, exprimera exactement ce que j'ai l'intention de ésigner par le mot récept. Le professeur Huxley écrit : « Un anatomiste qui s'occupe attentivement de l'examen de plusieurs Echantillons de quelque nouvelle espèce d'animal, acquiert avec e temps une conception si nette de sa forme, de sa structure, ue l'idée peut prendre une forme visible, et devenir une sorte de êve éveillé (2). »

Bien que l'usage du mot conception soit ici malheureux dans in sens, je le regarde comme heureux à un autre point de vue ; l prouve combien se faisait sentir le besoin du nouveau mot que j'ai inventé. | Les citations précédentes peuvent donc être considérées omme suffisantes pour montrer que la distinction que j'ai tirée ‘a pas été inventée simplement pour convenir à mes propres lesseins. Tout ce que je me suis efforcé de faire est d'apporter ane plus grande clarté dans cette division, en assignant à chaune deses parties un nom séparé. Et en faisant ceci, je n'ai pas pupposé que les deux ordres de généralisation compris sous les oms de Récept et de Concept sont de même nature. Jusqu'ici lai laissé ouverte la question de savoir si un esprit qui atteint eulement les récepts diffère en degré ou en espèce de l'In-

llect qui est capable d'aller jusqu'à la formation des concepts. i j'avais dit avec Sully : « Quand la ressemblance est frappante omme dans le cas des concepts les plus abstraits, il existe une

(1) Logos, p. 175, cité par Max Müller qui ajoute : « Les partisans de Hume Ourraient peut-être regarder les images affaiblies de notre souvenir comme des Aées abstraites. Notre mémoire, ou ce qui est souvent également important, notre ubli, leur paraît capable de faire ce que l'abstraction, comme Berkeley le montre, e peut jamais faire, et sous son silencieux pouvoir beaucoup d'idées ou de groupes idées peuvent sembler se fondre jusqu’à ce qu'il ne reste rien qu'une simple mbre. Ces ombres, cependant, si vagues qu’elles puissent devenir, demeurent des ercepts, ce ne sont pas des concepts. » (Science of Thought, p. 453.) J'ajoute qu'il st évident aussi que ces ombres ne sont pus des percepts ; elles sont le résultat de à fusion de percepts. Aucun d'eux ne correspond à leur somme générique. Consiér ant qu’elles ne sont ni percepts, ni concepts, tout en étant d'importants éléments e l'Idéation, je forge pour elles le nom distinctif de récepts.

(2) Life of Hume, p. 96.

AD ani ES Tate. ie Eat BU 2 4

opération distincte de comparaison active, » j'aurais suppost P qu'il y a seulement une différence de degré entre un récept « iste concept; et en désignant l’un et l’autre par le même terme, et e de admettant en conséquence qu'ils diffèrent seulement par leur ques niveau d’abstraction, j'aurais supposé que ce qu'il appelle le Dour

le la le te

« processus passif de l'assimilation » par lequel un enfant ou un animal reconnaît un homme individuel comme appartenant à une classe, est réellement la même sorte de processus psycho- van logique que celui qui se manifeste « dans le cas des concepts En plus abstraits » où l'homme individuel est désigné par un non hivea propre, alors que la classe à laquelle il appartient est désignée loma

par un nom commun.

Pareillement, si j'avais dit, avec Thomas Brown, que dans le ‘el processus de généralisation, il y a «en premier lieu, la percep- ee tion de deux objets ou davantage ! percerts ] ; en second lieu vons.…. le sentiment de ieur ressemblance | récept |, et finalement l’ex- “du pression de ce sentiment de relation par un nom, emp'oyé par la e nomn suite comme nom général [concept] », si j'avais parlé ainsi, j'au- “ir rais virtuellement postulé la question relative à la continuité Qui ne s universelle de l'Idéation, à la fois chez la brute et chez l'homme. +54

Naturellement c’est la conclusion vers laquelle je tends, mais De la soi j'entends marcher pas à pas dans la preuve, sans nulle par “a préjuger de ma cause. Ces ;:assages donc, je les ai cités simple- J'ai cit

ment parce qu'ils reconnaissent nlus clairement que d'autres pus

ce que je crois être la véritable classification psychologique des ESempioi idées, et quoique, à l'exception du passage tiré de Mill, aucun He de ceux-ci ne montre que son écrivain ait eu présente à l'esprit ESparce qu

la question de l’Intelligence animale — ou se soit rendu compte 16 A de l'immense importance de ses énoncés dans leurs rapports ême se avec la question que nous considérons — ceci ne fait que pe donner plus de valeur à leur témoignage indépendant pour la Surkies justification de ma classification (1). Hyde que la co

(4) Steinthal et Lazarus, toutefois, en traitant du problème touchant l'origine de t de la p la parole, présentent d’une manière voilée cetie doctrine de l’Idéation réceptuelle, en pgues à ce qui concerne spécialement les animaux. Par exemple, Lazarus dit : Il n’est dans omprenc la perception ordinaire point d'objet si simple, ou d’une qualité si élémentaire, qu'il RUN F dit: «'

nous soit possible de le percevoir au moyen d'une sensation unique; la perception d'un objet est le résultat du groupement de ces propriétés, c'est-à-dire de l'union de nombreuses sensations; ce n’est qu'après avoir vu sa couleur blanche, senti sa

opérer | e peut s

JMME LOGIQUE DES RÉCEPTS 45

j'aurais supposi atre un récept el

Par conséquent la question que nous avons à considérer coniste à rechercher s’il y a une différence de nature ou seulement

, même terme, el e degré entre un récept et un concept. C'est là réellement la nlement par leur juestion qui sera traitée dans ce volume tout entier, et comme » qu'il appelle le Dour la traiter d'une façon tant soit peu complète il sera besoin L'un enfant ou un le laborieuses recherches dans plusieurs directions, je tâcherai je appartenant à le tenir isolés les points variés en achevant l'étude de chacun, rocessus psycho- vant de passer au suivant.

cas des concepts En premier lieu, je montrerai, au moyen d'exemples, les igné par un non hiveaux plus hauts de l'Idéation qui sont atteints dans le tient est désignée lomaine des récepts, et pour arriver à ceci, je m'appuierai sur

ureté, et goûté sa saveur sucrée, que nous reconnaissons un morceau de sucre. » Das Leben der Seele 1857, 8, II, 66.) Ce passage-ci, et d’autres dans le mên ravail, se rattachent à l’enseignement de Steinthal : par exemple : « La percepti 0 ‘un objet est le complexus des diverses connaissances sensitives que do Ne vons.…. la perception est une synthèse, mais elle est directe, et fournie par l'unité e l'esprit. » Et, suivant ces deux écrivains, Müller dit: « Le groupement et cette usion des diverses perceptions, conformes à ces propriétés réunies dans lt chat e nomme perception. » (Grundriss der Sprachwissenschaft, I, 26.) hu D'un autre côté, leur frère en philologie, Geiger, a de fortes objections à cet mploi du terme Anschauung qui, dit-il, « comprend en partie quelque as qui ne se distingue en rien de la perception sensitive, en partie quelque chose de ague (dunkles Elwaus) qui, sans qu'on en puisse reconnaître les conditions et le auses, doit assurer l'unité des perceptions avec les complexus grands et petits à De la sorte je ne suppose pas que cette « synthèse » existe chez Les animaux comme hez l'homme; je crois au contraire qu'elle ne s'opère que grâce au lan rage Ursprung der Sprache, 177-278.) ne J'ai cité ces passages variés parce qu'ils servent à rendre, sous une forme bier nstructive, les différentes opinivns qui peuvent être adoptées sur un sujet compar : jivement simple, par suite de l'absence de termes bien définis. Sans aucun doubs, emploi du mot Anschauung par les écrivains ci-dessus est malheureux mais bar cela même, il m'apparait clairement indiquer une idée naissante de ce que j'enends par Récept. Aucun des trois ne fait ressortir cette idée dans sa plénitude parce qu'ils limitent les pouvoirs de la Synthèse non-conceptuelle à un groupenent de perceptions simples fournies par différents organes des sens, au lieu de its à une synthèse de synthèses de perceptions, qu'elles soient fournies par le ième sens, où par des sens différents, Mais ces trois philologues sont tous dans a bonne voie psychologique, et leur critique Geiger a tort de dire qu'il ne peut exister ucune synthèse d'idées ‘non-conceptuelles) sans l'aide de la parole. En fait le unles Etwas qu'il déplore de voir ses prédécesseurs introduire dans l'Héation les animaux, est un Efwas qui, quand il est mis en pleine lumière, présente la plus haute importance, En etfet, comme nous verrons plus loin, ce n'est rien moins que la condition psychologique nécessaire au développement ultérieur de la parole t de la pensée, Le terme aperception, tel qu'il est employé par quelques psychoogues allemands, renferme aussi ce que j'appelle Idéation réceptuelle mais il PS aussi l’Idéation conceptuelle : il n'y aurait rien à gagner à l'adopter. FT limite expressément sa signification à l'Idéation conreptuelle, car Le os À oi psychiques jusqu à la perception inclusivement, peuvent Lente gage, se comprendre parfaitement; par contre la perception e concevoir qu'avec le concours de la parole, » (Loc, cil., I, 29.)

own, que dans le r lieu, la percep- ]; en second lieu et finalement l’exm, emp'oyé par là s parlé ainsi, j'aue à la continuité » et chez l'homme.

lle je tends, mais e, sans nulle parl es ai cités simpleent que d'autres psychologique des ré de Mill, aucun k résente à l'esprit oit rendu compte s leurs rapports eci ne fait que

épendant pour là

touchant l'origine de déation réceptuelle, en arus dit : Il n’est dans é si élémentaire, qu'il nique; la perceplion s'est-à-dire de l'union eur blanche, senti sa

le témoignage des animaux seuls, sachant que là on ne peut aucunement soupçonner— comme on le pourrait dans le cas des enfants — que la logique des récepts est aidée par le développement naissant des concepts. Mais avant de procéder à l'examen

de ce témoignage, il me semble préférable de dire quelques mots à

sur ce que je veux entendre par le terme qui vient d'être employé, dogique des récepts.

Comme il a été dit dans mon précédent ouvrage, tous les processus mentaux de nature adaptive sont, en dernier ressort, des processus de classification; ils consistent à discerner les ressemblances et les différences. Un acte de simple perception est un acte qui consiste à remarquer les ressemblances et les diffé. rences entre les objets de cette perception, et pareillement, un acte de conception est l'acte de prendre ensemble — ou d'intentionnellement mettre ensemble — des idées qui sont reconnues être analogues. Par suite, l’abstraction opère l’abstraction

des qualités analogues ; la raison est la ratiocination, ou la com-k paraison des raisons, et ainsi les opérations les plus élevées de ak

pensée, comme les actes les plus simples de la perception, tra-

vaillent au groupement ou à la coordination des ressemblances}

préalablement distinguées des différences (1).

Par conséquent, le terrain intermédiaire de l'Idéation, ou le territoire occupé par les récepts, correspond au même processus à un niveau plus élevé que celui des percepts, mais inférieur à celui des concepts. Bref, le but ou usage et, en conséquence, la méthode ou logique de toute idéation, est la méme. ;

Il est vrai qu'on a l'habitude de limiter ce dernier terme a niveau la plus élevé de l’'Idéation, à celui qui correspond aux concepts. Mais comme Comte l’a montré, il n’y a aucune raison pour laquelle, en vue d’une étude spéciale, ce terme ne serait pas étendu de façon à embrasser toutes les opérations de l'esprit, tant

que celles-ci sont des opéralicus d'un ordre régulier. Car tanlà

qu'elles sont régulières ou adaptives — et non purement sensibles ou indifférentes — de telles opérations consistent toutes,

(4) Comme il a été dit dans une précédente note, cette vérité est bien démontrit par M. Binet, loc, cit,

com idéa E en Lt l'ide onc« ogiq sentil ionn intellé ions soit 14 elle-d xprit les sig aux {( les d récept Dan:

la logic ieu r percep ané di ante :

stimule ela a € pbjectil action e la c

(4) Ler iettre en (2) Les mployés lus empl u sens q dehors du es idées q Qui sont owes qui ife and ill, comn

LOGIQUE DES RÉCEPTS

comme nous venons de le voir, en un processus de groupement idéal, ou de réunion (1).

En conséquence, je ne vois pas qu'il y ait impropriété à meitre en usage le mot Logique, dans le but spécial d'appuyer sur l'identité fondamentale de toute idéation, du moins en ce qui concerne sa méthode. J'ai cependant des objections aux termes ogique des sentiments, et logique des signes, car, d’un côté, les * sentiments se rapportent, en principe, au côté sensible et émoionnel de la vie mentale, et se distinguent de ce côté purement intellectuel ou idéal ; et, d'autre part, les signes sont des expresions des idées, et non les idées elles-mêmes. Par suite, quelle que soit la méthode ou la signification qu'elles puissent présenter, elle-ci n’est que le reflet de l’ordre ou du groupement des idées xprimées. La Logique n'est donc ni dans les sentiments, ni dans les signes, mais dans les idées, et c'est pourquoi j'ai substitué

ux termes qui précèdent ceux que je considère comme étant les désignations plus exactes, les expressions logique des récepts et logique des concepts (2).

Dans le présent chapitre, nous avons seulement à considérer a logique des récepts, et pour bien faire, nous pouvons en premier lieu remarquer brièvement que même dans la région des percepts, nous rencontrons un processus de groupement sponané du semblable qui, à son tour, nous conduit en série descenante au groupement purement inconscient ou mécanique des stimulus dans les centres nerveux inférieurs. De la sorte, comme ela a été montré dans mon précédent ouvrage, au point de vue bbjectif, la méthode a partout été la même : dans le cas de ‘action réflexe, de la sensation, de la nerception, de la réception, e la conception ou réflexion, du côté du système nerveux la

MME

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dernier terme al i correspond aux a aucune raison brme ne serait pas s de l'esprit, tant égulier. Car tan rement sensibles onsistent toutes,

(1) Le mot logique est dérivé de Adyos qui, à son tour, dérive de Aéyw, arranger,

iettre en ordre, ramasser, lier ensemble.

(2) Les termes logique des sentiments et logique des signes ont été introduits et

mployés d'une façon étendue par Comte, Par la suite, ils ont été adoptés, et encore

lus employés par Lewes qui, cependant, semble avoir pensé qu'il les employait dans

u sens quelque peu différent, IL me parait qu'en ceci Lewes a fait une erreur, En

dehors du fait que Comte est ici comme ailleurs imbu de théologie, je pense que

es idées qu'il avait l'intention d'exposer en ces termes sont les mêmes que celles

jui sont soutenues par Lewes, bien que son incohérence justifie la remarque de S owes qui dit: « Ne pouvant comprendre ceci, je ne puis le critiquer, » (Problems of ife and Mind, in, p.239.) Les termes dont il est question sont sanctionnés par il, comme le démontre la citation, plus haut, p. 41-42,

ité est bien démontrit

méthode d'évolution a été uniforme : « elle a partout consisté | en un développement progressif du pouvoir de distinguer entre les stimulus, joint au pouvoir complémentaire d'une réponse adaptive (1). »

Mais bien que ce soit ici une vérité des plus importantes à reconnaître (comme elle paraît avoir été implicitement reconnue — ou plutôt, accidentellement impliquée —par le fait de l'emploi À d’une variante d’un même terme pour désigner les termes inftrieurs et ;es termes les plus élevés de la série des facultés ci-dessus mentionnées), il est commode, pour les besoins de l'étude psychologique, distinguée de la recherche physiologiq. ', de laisser à l’écartle côté objectif de ce processus continu, et, en conséquence, de reprendre notre analyse au point où elle est accompagnée de sa contre-partie subjective, c'est-à-dire à la Perception.

Il a déjà été tant écrit sur ce qu'on appelle les « jugements' inconscients » ou « jugements intuitifs », attachés à tous nos actes de perception, qu'il me semble inutile de s'arrêter longuement sur £e sujel. L'exemple familier consistant à contempier un bol poli, et à l’apercevoir alternativement comme un bol, et comme une sphère, suffit pour montrer que nous avons réellement ià une logique des sentiments, sans aucun acte d'idéation; mais simplement #n vertu d’un groupement automatique de percepts antérieurs, l'esprit induit spontanément, ou juge inconsciemment, qu'un objet qui doit être ou un bol ou une sphère est tantôt l’un et tantôt l’autre (2).

De ceci nous concluons que toutes nos perceptions visuelles sont ainsi de la nature des inductions automatiques basées sur des corrélations antérieures entre elles et les perceptions du] toucher, et de ceci encore nous concluons que les perceptions

(1) Evolution mentale chez les Animaux.

(2) Une attention particulière doit toutefois être attirée sur le fait que le terme jugement inconscient n'est pas métaphorique, mais sert à exprimer techniquement ce qui paraît être la psychologie précise du processus. Car l'élément distinctif d'un jugement, au sens technique, est l'implication d'un élément de croyance. Commth Mill le remarque : « Quand une pierre est à terre devant moi, je suis conscient de certaines sensations que je reçois d'elle, mais si je dis que ces sensations viennenti moi d’un objet extérieur que je perçois, ceci signifie que, recevant les sensations, jt crois intuitivemént qu'une cause extérieure de ces sensations existe, » (Logic, | p. 58.) Dans les cas du genre de ceux qui sont cités dans le texte, où le Jugement inconscient est erroné, —- c'est-à-dire où la perception est illusoire, — celui-ci peul naturellement être corrigé par le jugement d’un ordre plus élevé, et c'est ainsi qu

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les « jugements* chés à tous nos de s'arrêter lonnsistant à conivement comme ontrer que nous nis, sans aucul ‘un groupement nduit spontanédoit être ou un » (2).

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le fait que le termt rimer techniquement ément distinctif d'un e croyance. Comme | je suis conscient de sensations viennent à ant les sensations, jt existe, » (Logic, | exte, où le Jugemenl oire, — celui-ci peul é, et c'est ainsi qu

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de toute sorte reposent sur des groupements préalables, soit entre celles qui sont fournies par le même sens, soit entre celles qui sont fournies par des sens différents.

S'ilest bien connu que tel soit le cas pour les percepts, évidemment il devra en être de même pour les récepts.

Si nous trouvons par expérience que toutes nos perceptions reposent sur la coordination :«b-consciente et entièrement automatique, nous devons être beaucoup plus préparés à trouver que les plus simples de nos idées reposent sur des coordinations spontanées presque également automatiques. Aussi suffit-il d'une courte analyse de notre processus mental ordinaire, pour prouver que toutes nos idées les plus simples sont des arrangements de uroupes, qui ont été formés, comme je l'ai dit, spontanément, c'est-à-dire sans ce processus intentionnel de comparaison, de triage et de combinaison, nécessaire dans les domaines plus élevés de l’activité idéationnelle. L'acte de comparer, de trier, de combiner est fait ici, pour ainsi dire, pour l'agent conscient, non par lui; les récepts sont reçus, ce sont seulement les concepts qui demandent à être conçus.

Car un ’écept est cette sorte d'idée dont les parties constituantes — qu'elles ne soient que les souvenirs des percepts, ou qu'elles soient plus ou moins perfectionnées comnie récepts — s'unissent spontanément aussitôt qu'elles sont en présence. Il importe peu de savoir si la promptitude à s'amalgamer est due à une évidente similitude, ou à une fréquente répétition. Le point essentiel est qu’il y a une a/finité si forte entre les constituants élémentaires, que le groupe se forme comme une conséquence de leur simple juxtaposition dans la conscience. Si je traverse une ru” et entends derrière moi un cri soudain, je n'ai pas besoin d'attendre, pour me dire à moi-même qu'il y a pro-

nous nous refusous à croire que le bol est une sphère. Néanmoins, autant que cela dépend du témoignage de nos sens, l'esprit juge d’une façon erronée en percevant le bol comme étant une sphère. Dans son ouvrage sur les /{lusions, M. Sully a montré que les illusions de perception naissent par « l'application mentale d'une règle valide pour la majorité deg cas, à un cas exceptionnel, » En d'autres termes, un jugement erroné est porté par les facultés non-conceptuelles de la perception, ce jugement reposant sur les analogies fournies par l'expérience passée, Naturellement un tel acte d'induction purement perceptuelle n’est pas un jugement au sens strict mais il est nettement voisin du jugement, et c'est pour la commodité qu'on a établi la coutume de le désigner comme inconscient, iniuilif, ou jugement perceptuel.

Romanes. Évol. ment. 4

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bablement une voiture qui me vient dessus. Un cri de cette sorte, et dans les circonstances dont il s’agit, est si intimement associé dans mon esprit avec le but de celui-ci, que l’idée qu’il fait naître n’a pas besoin de £'élever au-dessus du niveau d’un récept, etle mouvement adaptif que cette idée me pousse à faire immédiatement est exécuté sans aucune réflexion intelligente. En Cependant, d’un autre côté, ce n’est ni une action réflexe,niune action instinctive, c’est ce qu'on peut appeler une action récep- | a tuelle, une action dépendant des récepts.

C'est ici, naturellement, un exemple extrêmement simple, et ! m je l'ai cité pour faire remarquer que les actes dépendant des récepts, quoique souvent très voisins des autres reflexes, n'en sont pas toujours nécessairement aussi rapprochés. Au con- en traire, comme nous le verrons dans la suite, les actes dépendant da des récepts sont souvent si « intelligents » que, dans notre propre cas, il est impossible de tirer une ligne entre eux et ceux qui dépendent des concepts. Ceci revient à dire que, dans notre propre cas, il y à un large domaine où l’introspection est impuissante à déterminer si l’action adaptive est due aux récepts ou aux concepts, et ce n’est que chez les animaux que nous pouvons nous assurer des limites de l'adaptation intelligente possible par l'opération des récepts seuls. En conséquence, nous avons maintenant à nous demander jusqu'où ce processus de comparaison, de triage et de combinaison spontanés, peut aller sans la copération intentionnelle de l'agent conscient. À quel niveau d'idéation les récepts peuvent-ils atteindre sans l'aide des concepts ? Nous avons vu dans le chapitre précédent que les animaux possèdent des idées réceptuelles ou génériques, telles que « ce qui est bon à manger », « ce qui est mauvais, » etc., et nous savons que, dans notre cas, nous évitons instinctivement de placer nos mains dans la flamme, sans avoir besoin de formuler aucune proposition sur les propriétés de la flamme. Jusqu'où cette sorte d’idéation innommée, ou non conceptuelle, peut-elle s'étendre ? ou, en d’autres termes, jusqu'où peut voyager l'esprit sans le véhicule du langage? Pour les raisons données plus haut, je répondrai à cette question en attachant exclusivement mon attention à la psychologie ues animaux.

Pour commencer, quelques exemples qui ont été déjà choisis

n cri de cette si intimement rue l'idée qu'il lu niveau d’un pousse à faire )n intelligente.

réflexe, niune » action récep-

ent simple, el dépendant des reflexes, n'en Jchés. Au conctes dépendant ns notre propre ux et ceux qui ns notre propre | impuissante à ts OU aux conpouvons nous » possible par us avons maine comparai;0n, sans la conpéniveau d'idéades concepts ?

ÿ animaux poss que « ce qui t nous savons de placer nos muler aucune où cette sorte elle s'étendre ?

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é déjà choisis

LOGIQUE DES RÉCEPTS

dans le même but par M. Darwin. « Houzeau raconte que, pendant qu’il traversait une large et aride plaine dans le Texas, ses deux chiens souffraient beaucoup de la soif, et que, trente ou quarante fois environ, ils s’élançaient dans des creux pour rechercher de l'eau. Ces creux n'étaient pas des vallées, et il n'y avait pas d'arbres, ni aucune autre différence dans la végétation; et comme ils étaient absolument secs, il ne pouvait y avoir aucune odeur de terre mouillée. Les chiens se conduisaient comme s'ils savaient qu'un pli du terrain leur offrait les meilleures chances de trouver de l'eau, et Houzeau a souvent été témoin de la même conduite chez d’autres animaux (1). »

J'ai moi-même observé fréquemment cette association d’idées entre les creux de terrain et la probabilité d'y trouver de l’eau, dans le cas des chiens setter, qui ont besoin de beaucoup d’eau quand ils sont en besogne; et il est évident que les idées associées sont d’un caractère essentiellement générique.

Plus loin, M. Darwin écrit : « J'ai vu, comme d'autres l’ont vu, que lorsqu'un petit objet est jeté à terre loin de la portée de l’un des étéphants du Jardin zoologique, il souffle à travers sa trompe sur la terre au delà de l’objet, de facon que le souffle d'air retombant de tous les côtés puisse pousser l’objet à sa portée. Un ethnologiste bien connu, M. Westropp, m'a encore appris qu'il avait observé à Vienne un ours établissant délibérément avec sa patte un courant dans une pièce d’eau qui était près des barreaux de sa cage, de facon à attirer à sa portée un morceau de pain flottant (2). »

Dans l'{ntelligence des Animaux on pourra voir que ces observations sont confirmées d’une facon indépendante par des lettres que j'ai reçues de correspondants. Ces faits sont bien certains: ils impliquent une faculté de former des idées génériques d'un ordre élevé de complexité. En fait, elles ne sont pas dissemblables des idées génériques des chiens d’eau intelligents à l'égard des courants, idées qui amènent ces animaux à tenir compte de la force du courant, en suivant la direction opposée au flot, avant d'entrer dans l’eau. Les chiens accoutumés aux rivières où se fait sentir la marée, ou à la mer, acquièrent une

(1) Descendance.

(2) Ibid,

idée générique plus complète encore de l'incertitude quant à la direction du flot, à un moment donné, et c’est pourquoi les plus intelligents parmi ces chiens s’assurent d’abord de la direction vers laquelle porte la marée, en plaçant leurs pattes de devant dans le courant pour agir ensuite de façon à compenser l’action de celui-ci (1).

Finalement, M. Darwin écrit : « Quand je dis à mon terrier d'une voix animée (et j'ai fait l'épreuve bien des fois): Hi, Hi, où est-il ? il prend de suite mon acte comme preuve que quelque chose est cachée, et généralement il commence par regarder vivement tout à l’entour, puis il s'élance dans le taillis le plus voisin, pour lever le gibier ; mais, ne trouvant rien, il regarde en l'air vers un arbre voisin, pour chercher un écureuil. Ces actions ne montrent-elles pas clairement qu'il avait dans son esprit une idée générale ou concept de quelque animal à découvrir ou à chasser (2) ? »

Des nombreux exemples que j'ai donnés déjà dans l’Intelligence des Animaux au sujet des hautes capacités réceptuelles des fourmis, il sera suffisant de rappeler le suivant, qui a été cité par M. Belt, dont la compétence comme observateur est incontestée. « Un nid avaitété fait près de l’un de nos hameaux, et, pour arriver aux arbres, les fourmis avaient à traverser les rails sur lesquels les wagons passaient, et repassaient continuellement. Chaque fois qu’il en venait, un grand nombre de fourmis étaient écrasées, et succombaient. Elles persistèrent à traverser pendant quelque temps, mais à la fin se mirent au travail pour percer un tunnel sous chaque rail. Un jour que les wagons ne marchaient pas, j'obstruai le tunnel avec des pierres, si bien qu'un grand nombre d’entre elles, chargées de feuilles, furent ainsi séparées du nid : elles ne traversèrent pas les rails, mais se mirent à travailler, faisant de nouveaux tunnels sous les rails. »

Ces faits ne peuvent être attribués à « l'instinct » car on peut se rendre compte que les tramways ne peuvent avoir été les objets d’une expérience antérieure, de la part des ancêtres de ces

(1) Intelligence des Animaux.

(2) Naturellement les mots idée générale et concept, ici, laissent ouverte la porte à l’objection psychologique que j'ai voulu écarter en forgeant les mots « idée géntrique » rt « récept».

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LOGIQUE DES RÉCEPTS 53

fourmis, et, par conséquent, le degré d’«Intelligence réceptuelle » ou d’«induction pratique » qui a été déployé par elles est des plus remarquables. Évidemment, les insectes doivent avoir apprécié la nature de ces catastrophes répétées, et ont raisonné avec justesse la seule manière par laquelle ces catastrophes pourraient être évitées. Comme c'est ici une partie fort importante de mon sujet, j'ajouterai quelques exemples de plus, tirés des animaux vertébrés, empruntés aux œuvres de Leroy, qui a eu plus d'occasions que d'autres d'étudier les habitudes des animaux dans l’état de nature (1).

Voici ce qu'il dit du loup : « Quand il flaire un troupeau enfermé d2ns son parc, sa mémoire lui rappelle l'impression du berver, et de son chien, et entre en lutte avec l'impression du voisinage immédiat des moutons: ilmesure la hauteur dela barrière, la compare avec ses propres forces, tient compte de la difficulté additionnelle de la sauter quand il sera chargé de sa proie, et conclut à l'inutilité de la tentative. Cependant il saisira un mouton d'un troupeau dispersé dans un champ, sous l'œil même du berver, surtout s’il y a un bois assez proche pour lui offrir un espoir d'abri. Il résistera au morceau le plus tentant quand il sera accompagné de cet accessoire alarmant (l'odeur de l’homme), et même, quand ce morceau serait dépouillé de cet accessoire qu'il redoute, il sera long à vaincre ses soupçons. Dans ce cas, le loup peut seulement avoir une idée abstraite du danger, la nature précise du piège qui lui est tendu lui étant inconnue. Plusieurs nuits sont à peine suffisantes pour lui donner confiance. Quoique la cause de ses soupçons puisse ne plus exister, elle est reproduite par le souvenir. st le soupçon persiste. L'idée de l’homme est attachée à celle d'un danger inconnu, et le rend méfiant à l'égard des plus belles apparences (2). »

Leroy fait encore une bonne observation : « Les animaux, dit-il, comme nous-mêmes, sont forcés d'opérer des abstractions. Un chien qui a perdu son maître court vers un groupe d'hommes, en vertu d’une idée générale abstraite, qui lui représente les

(1) Dans mon précédent ouvrage, j'ai déjà cité des faits d'intelligence animale racontés par cet auteur, mais je n'ai rapporté aucun de ceux dont je vais me servir ici.

(2) Intelligence des Animaux.

qualités communes à ces hommes et à son maître. Il ressentira alors une succession d'idées de sensation, moins générales, mais encore abstraites, jusqu'à ce qu'il rencontre ce qu'il cherche (1).»

Ailleurs ,en ce qui concerne le cerf, cet auteur écrit: «Il épuise toute la série variée des modes de fuite. Il s'est aperçu que dans les fourrés, où le passage de son corps laisse une forte trace, les chiens le suivent avec ardear, et sans obstacle; c'est pourquoi il quitte le fourré et s'enfonce dans les forêts où il n’y a pas de sous-bois, ou bien longe le grand chemin. Quelquefois, il quitte entièrement cette partie de la campagne, et s’en remet à sa rapidité pour fuir. Mais, même quand il est hors d'atteinte des chiens, il sait qu'ils viendront bientôt à lui, et, au lieu de s’abandonner à une sécurité trompeuse, il profite lui-même de ce répit pour forger de nouveaux artifices, afin de les dépister. 4] fait une course en ligne droite, revient sur ses pas, et bondit de te: re plusieurs fois consécutivement, pour tromper la sagacité des chiens. Quand il est durement pressé, il se laisse souvent tomber, dans l'espoir que leur ardeur les portera au delà de la piste, et il. retourne sur ses pas; souvent il recherche la compagnie de ses semblables, et, quand son ami est suffisamment échauffé pour partager son péril, il l'abandonne à sa destinée et s'échappe par une fuite rapide. Souvent cette substitution s'opère, et cet artifice est un de ceux qui réussissent le mieux (2). »

« Souvent (quand il n’est pas chassé du tout) au lieu de retourner au gîte, en confiance, et par le droit chemin, et d'aller se coucher en repos, il va errer autour de celui-ci, entre dans le bois, le quitle, va et vient sur ses pas beaucoup de fois. Sans avoir une cause immédiate d'inquiétude, il emploie les mêmes

artifices que ceux qu'il aurait employés pour jeter les chiens hors de sa piste, s’il était poursuivi par eux. Cette prévoyance est une preuve évidente de l'existence de souvenirs, et d'une

(1) Intelligence des Animaux. Ce mème exemple semble s'être présenté d'une manière indépendante à M. Darwin et à M. Leslie Stephen. Tous ces écrivains ont l'habitude de se servir des termes abshrail et général, comme ci-dessus; mais naturellement, ainsi que je l'ai montré daus mon dernier chapitre, c'est une affaire de terminologie simplement; mais, dans mon opinion, elle soulève des objections, parce qu'elle paraît attribuer, sans analyse, une idéation semblable à la brute et à l’homme. (2) Ibid.

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LOGIQUE DES RÉCEPTS #5 série d'idées et de suppositions résultant de ces souvenirs mêmes (1). » |

Il est assez remarquable qu'un animal cherche à brouiller sa piste par de tels stratagèmes, quand il sait que les chiens sont actuellement à sa poursuile ; mais cela l’est plus encore quand l'animal a recours à ces mêmes stratagèmes pour confondre des chiens imaginaires qui peuvent être sur sa voie.

A quelques personnes, peut-être, il peut sembler que de tels faits prouvent de la part des animaux quiles présentent, quelques pouvoirs de pensée représentative ou quelque sorte de réflexion existant sans l’aide du langage. Je leur rappellerai donc que je ne maintiens pas que ce ne soit pas le cas; je dis simplement que les preuves sont insuffisantes à l'établir, et tout ce qu'il m'importe maintenant est d'affirmer que chez les animaux il y à une logique, qu'elle soit une logique de récepts seulement ou, comme je l'expliquerai plus loin, une logique de préconcepts.

Leroy dit encore du renard : « Il sent le fer du piège, et cette sensation devient si terrible pour lui qu'elle l'emporte sur toute autre. S'il s'aperçoit que les pièges deviennent plus nombreux, il s'éloignera pour chercher un milieu plus sûr. Mais quelquefois, enhardi par un examen direct, et fréquemment renouvelé, et guidé par son infaillible flair, il arrive, sans se blesser luiméme, à tirer adroitement l'appât hors du piège. Si toutes les issues de sa fanière sont gardées par des pièges, l'animal les sent, et souffrira la faim la plus vive plutôt que d'essayer de les franchir. J'ai connu des renards qui sont restés dans leur lanière une quinzaine entière, et qui alors, seulement se sont réconciliés avec l'idée de sortir, parce que la faim ne leur laissait d'autre choix que celui du mode de trépas. Il n’y a rien qu'un renard ne tente pour se sauver; il creuserà jusqu'à ce qu'il ait usé ses griffes, pour effectuer sa sortie par une nouvelle ouverture, et de la sorte il échappe assez souvent aux pièges du chasseur. Si un lapin emprisonné avec lui arrive à se prendre dans un des pièges, ou si, par un autre moyen, celui-ci part, il

(1) Intelligence des Animaux.

et en sécurité par-dessus celle-ci (1). »

Enfin, cet auteur donne l'exemple, qui depuis a été souvent cité, quoique la source ait été rarement indiquée, des corneilles sur quion voulait tirer pendant qu'elles étaient posées sur leurs nids, afin de détruire à la fois les œufs et les oiseaux. Dans ce cas, les corneilles ne retournaient pas à leur nid durant le jour, si elles voyaient quelqu'un en embuscade pour leur tirer dessus. Si, pour endormir leurs soupcons, une hutte était construite au-dessous de leur gîte, et si un hommes’y cachait avec un fusil, c'est en vain qu'il attendait l'oiseau, si jamais on avait tiré sur celui-ci d'une manière semblable. « fi savait que le feu

(1) Intelligence des Animaux, p. 30. À ce propos, je renverrai encore le lecteur au chapitre de l’Imagination, dans mon précédent ouvrage, où divers exemples sont donnés au sujet de cette faculté, telle qu’elle existe chez les arimaux; car, toutes les fois que l’Imagination conduit à une action appropriée, il y a évidemment une logique des révepts qui, aux niveaux supérieurs de l’Imagination propres à l’homme, devient une logique des concepts. Depuis la publication du chapitre en question, j’ai reçu un exemple supplémentaire curieux de la faculté imaginative chez les animaux, et qui me semble mériter d'être publié pour son intérèt propre. Naturellement, nous 10yons d’une manière générale que les chiens et les chats ressemblent aux enfants, en ce que dans leurs jeux ils font semblant de croire que les objets inanimés sont vivants, et ceci témoigne d'un degré relativement élevé de la faculté imaginative. Le cas que je vais citer tend toutefois à montrer que cette sorte de jeu, où l’imagination a sa part, peut, chez les animaux comme chez les enfants, s'élever à un degré encore plus élevé supposant non seulement les objets inanimés tenus pour vivants, mais où « l’espace se peuple de formes aériennes imaginaires ». Je cite ce fait textuellement, d’après ma correspondante, qui est Mile Bramston, l'écrivain.

« Walch est un collie appartenant à {l’archevèque de Canterbury, mais il vit beaucoup avec moi, Lambeth ne lui convenant pas. C'est un chien remarquable à bien des points de vue dont je vous épargnerai l’'énumération ; il est très intelligent, comprend beaucoup de mots, et peut exécuter beaucoup de tours. Ce que j'en veux dire toutefois, c’est qu'il est le seul chien que j'aie rencontré possédant la faculté dramatique. Son drame favori consiste en la chasse de cochons imaginaires, De temps à autre on l'envoyait chasser des cochons réels hors d’un champ, et au bout de quelque temps ce devint une coutume chez Mile Benson de lui ouvrir la porte après diner, dans la soirée, et de lui dire: « Cochons! » et aussitôt il courait partout, chassant sauvagement des cochons imaginaires. Si personne ne lui ouvrait la porte, il y allait de lui-mème, agitant sa queue et insistant pour son drame accoutumé. Maintenant il s’est élevé à un niveau supérieur, car, aussitôt quenous nous levonsde table après notre dernier repas, il commence à aboyer violemment, et, si la porteest ouverte, il s'élance au dehoïs pour poursuivre des cochons imaginaires, sans que personne ait prononcé leur nom. On l’envoyait d’habitude au dehors chasser les cochons, après les prières du soir, et, quand il vint dans ma petite maison, il était amusant de voir qu'il considérait l'acte de la prière, bien qu’il fût exécuté d’une façon différente, comme identique à celui qu'il avait vu accomplir dans la chapelle épiscupale, en ce que pour lui l’ordre « Gochons ! » signalait la fin de l’une et de l’autre. Le mot « Cochons », prononcé sur un ton quelconque, le faisait toujours partir pour jouer le même jeu. »

en déduit que la machine a fait son devoir, et il passe hardiment

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LOGIQUE DES RÉCEPTS ë7

sortirait de l'abri &ans lequel elle avait vu l'homme entrer. » Leroy continue en disant : « Pour tromper cet oiseau souponneux, on imagina d'envoyer deux hommes à l'abri, dont ‘un passa son chemin pendant que l'autre resta; mais la orneille compta, et se tint à distance. Le lendemain, trois ommes allèrent à l'abri, et encore elle s'apercut que deux seulement revenaient. A la fin, il ‘ut nécessaire d'envoyer cinq ou six hommes dans le poste pour dérouter son calcul. » Leroy n'écrit pas à la légère, et, comme il exercçait les fonctions de garde-chasse à Versailles, nous ne pouvons pas, sans autre exaen, mettre cette affirmation au rang des choses incroyables, étant donné surtout qu'il ajoute que « ce phénomène se répète chaque ois qu'on répète l'expérience » et doit être regardé « comme un des exemples les plus répandus de la sagacité des animaux (1). Si l’on accorde qu'un oiseau a assez de sagacité pour conclure que, quand il a vu passer deux hommes et en ressortir un seuleent,lesecond homme est resté caché,la question de l'extension de a perception différentielle n'est qu'une question de degré. Natuellement, il serait absurde de supposer que les oiseaux compent les hommes par un processus de notation; mais nous savons que, pour les idées simples de nombre, aucun symbolisme de ordre des chiffres n’est nécessaire. Si nous voyons passer trois ommes dans un bâtiment et si deux seulement en ressortent, ous n'avons pas besoin de calculer : 3—2—1. Le contraste entre es perceptions sensitives simultanées À + B + C, comparées éceptuellement avec la série suivante À + B, suffira pour fourir la conclusion spontanée que C doit encore être dans le bâtiment. Ce processus, dans notre propre cas, continuerait peutètre tant que la perception simultanée n’est pas composée de rop de parties pour ‘être ensuite analysées d’une façon récepuelle en ses éléments constituants (2).

(1) Intelligence des Animaux, pp.125-126.

(2) M. W. Preyer s’est assuré expérimentatemeni du nombre d'objets (tels que rains de plomb, épingles, ou points sur un morceau de papier) qui peuvent être imultanément estimés avec exactitude, (Siézungsberichten der Gesellschafft für edicin und Naturwissenshaft, 29 juillet 4881.) Le nombre peut en être beaucoup cru par l'exercice et avec une vision de la durée d’une seconde, l'estimation eut ètre correctement faite, les objets étant au nombre de vingt ou trente. (Voir ssi l'Évolulion mentale chez les Animaux.)

A ce propos, je puis dire aussi que, avec l’aide du gardien, aus j'ai réussi à enseigner au chimpanzé actuellement au Jardi dans zoologique à compter correctement jusqu'à cinq. La méthode | U adoptée a consisté à lui demander une paille, deux, trois, quatre, rem: cinq pailles ; naturellement sans observer aucun ordre fix Gil au dans la succession des requêtes. Si plus d'une paille était deart mandée, le singe avait été dressé à tenir les autres dans à lans bouche, jusqu'à ce que le chiffre fût atteint, de manière quil que 1 pouvait donner toutes les pailles simultanément. Par exemplk, jati s'il lui était demandé quatre pailles, il ramassait successive: qu'il ment trois pailles et les mettait dans sa bouche ; alors il a uelc massait la quatrième et les tendait toutes quatre ensemble que € Gette méthode exclut toute possibilité d'erreur due à l'interk EL prétation des sons vocaux, erreur qui aurait pu se produin sale, si chaque paille avait été demandée séparément. Ainsi il et mont certain que l'animal est apte à distinguer réceptuellement entr de lc les nombres 1, 2, 3, 4, 5, et comprend le nom de chacun d'eux. de sot Je n'ai pas essayé de lui en apprendre plus long. Je puis ajouter pour | que ce fait a eu pour témoins le bureau de la Société zoolo- de ca gique, et aussi d'autres naturalistes, qui peuvent témoigner de lière son exactitude. Mais le singe est un animal capricieux, et, sil nous ; n'est pas d'humeur favorable, les visiteurs ne devront pas ëêtn rale r désappointés s’il se refuse à les divertir en leur montrant so sance savoir. cas de

Le grand physiologiste Müller, et le grand philosophe Hegel ou réc sont cités par M. Mivart comme soutenant qu’ « il leur es! équivi impossible de former des conceptions abstraites de la notionfS® rion ; générale de cause et d'effet (1) », et sans doute beaucoup d'autres livem noms illustres peuvent être cités à l'appui. Mais il me semble tire Le qu'en ne considérant pas en quoi notre propre idée de causalité la Bri consiste, nous introduisons dans la question un élément d’obsh « J' curité inutile. Il est clair que, pour atteindre une idée général Un jo de causalité, il faut des facultés d’abstraction puissantes, supt- le pla rieures à celles que possèdent les animaux, ou même ja grande pomn majorité des hommes. Mais il n'est pas moins clair que tous là bruit hommes, et la plupart des animaux ont une idée générique dE de ter

(4) Lessons front Nature, pp. 219-220, D (LV

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l'aide du gardien, lement au Jardin cinq. La méthode deux, trois, quatre, aucun ordre fix ne paille était dél es autres dans à t, de manière qui ent. Par exemph,

LOGIQUE DES RÉCEPTS 59

ausalité, en ce sens qu'ils s'attendent à de mêmes phénomènes dans des conditions uniformes.

Un chat voit un homme frapper au marteau d’une porte, et remarque que la porte s'ouvre ensuite; se rappelant ceci, quand fl aura besoin lui-même de passer par cette porte, il sautera au marteau, et attendra que la porte s'ouvre (1). Peut-on nier que, ans cet acte d'induction ou d'imitation, quel que soit le nom que nous choisissions pour l'appeler, le chat perçoive une association entre le fait de frapper et l'ouverture de la porte, telle assait successit. qu'il sente que le premier, en tant qu'antécédent, est en uche ; alors il x iuelque manière nécessaire pour déterminer le dernier, en tant

quatre ensemble ue conséquent. eur due à l'interk Et qu'est donc ceci, si ce n'est une perception de relation cauait pu se produir sale, comme celle dont témoigne l'enfant qui souffle sur une ment. Ainsi il e{inontre pour en ouvrir le boîtier, pensant que c'est là la cause epluellement entre l'ouverture de celui-ci, en raison de la tromperie habituelle à de chacun d'eux. de son père, ou le sauvage qui plante des clous et de la poudre ng. Je puis ajouter pour les faire pousser ? De nombreux exemples d'une perception > la Société zoolo- de causalité de ce genre pourraient être tirés de la vie journavent témoigner de lière des hommes civilisés. En vérité, combien de fois l’un de capricieux, et, si nous attend-il d'avoir construit une proposition abstraite géné-

devront pas êlr ale relative à la causalité, avant d'agir d'après notre connaisleur montrant SOS sance pratique de celle-ci! Cette connaissance pratique, dans le cas des animaux, les met en état de former u.'e idée générique Rou récept de l'éqguivalence entre les causes et les effets, et celle équivalence perçue est considérée par eux comme une explica- Lion ; ceci semble être évident par le fait suivant que j'ai attenlivement observé, dans le but exprès de résoudre la question. Je lire le récit d'une conférence déjà publiée que j'ai faite devant la British Association à Dublin en 1878.

philosophe Hegel qu’ «il leur es aites de la notion beaucoup d'autres fais il me semble

idée de causalitth

in élément d'obs « J'avais un chien couchant qui avait très peur du tonnerre. ine idée général Un jour, une grande quantité de pommes furent mises en sac sur puissantes, supéS le plancher de bois du fruitier, et, à mesure que chaque sac de 1 même ja grande pommes élait rempli, il se produisait à travers toute la maison un lair que tous 188 bruit ressemblant à un tonnerre lointain. Mon chien fut frappé

dée générique RES de terreur à ce son. Mais aussitôt que je l’eus conduit au fruitier

(1) Voir Intelligence des Animaux.

et lui eus montré la vraie cause du bruit, il devint vif et gai comme d'habitude (1). » L'importance qu'il y a à bien voir que les animaux ont une idée générique de causalité, distinguée de l'idée abstraite, et doivent en vérité avoir cette idée pour pouvoir adapter leurs actions aux circonstances, l'importance, dis-je, qu'il y a à ce fait, consiste en ce qu'on trouve une preuve du fait que la logique du récept est capable d'atteindre les idées génériques de principes aussi bien que d'objets, de qualités et d'actions. Pour établir ce fait de premier ordre avec plus de certitude encore, je citerai ici un passage de la biographie du Cebus que j'ai conservé dans le but exprès d'observer son intelligence.

« Aujourd'hui, il s'est emparé d'une brosse à tapis, une de celles dont la poignée est vissée dans la brosse, Il a bientôt trouvé la manière de dévisser la poignée, et, ayant fait ceci, ila essayé aussitôt de découvrir la manière de la visser de nouveau. Îl a fini par y arriver. D'abord, il a mis le mauvais bout de la poignée dans le trou, et a tourné longtemps pour la visser. Voyant que cela ne tenait pas, il prit l’autre extrémité de la poignée, ha ficha soigneusement dans le trou et commença encore à tourner de la bonne manière. C'était là naturellement un exploit difficile pour lui, car il avait besoin de ses deux mains pour tenir la poignée dans la position convenable, et la tourner entre ses mains pour la visser, et les longues soies de la brosse l’empêchaient de se maintenir droite, ou avec le bon côté en haut. Il tint la brosse avec sa patte de derrière, mais même ainsi il était bien difficile pour lui d'arriver à adapter le premier tour de la vis dans le pas de vis; il y travailla cependant avec la plus infatigable persévérance, jusqu'à ce qu’il eût engagé la vis, et il tourna alors rapidement jusqu'à ce qu’elle fût vissée jusqu'à l'extrémité. La chose la plus remarquable est que, bien que souvent désappointé dans le commencement, il n’a jamais été tenté d'essayer de tourner là poignée dans le mauvais sens; il l'a toujours tournée à gauche.

(1) Je puis ici faire remarquer que l’âge le plus tendre où l'enfant m'a paru témoi gner d'une appréciation de causalité de ce genre, est l'âge de six mois. Chez mes pro pres enfants, à cet âge, j'ai remarqué que, si je frappais des coups avec mon piel dissimulé, ils regardaient tout autour de la chambre avec un désir évident de connaître la cause qui produisait le son.

Comparez aussi Évolution mentale chez les Animaux, sur les émotions produites chez l'animal par le sens du mystérieux, c'est-à-dire de l’inexpliqué,.

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LOGIQUE DES RÉCEPTS

Ceci fait, il a dévissé l’objet, et l’a revissé une seconde fois, plutôt plus facilement que la première, et ainsi de suite plusieurs fois. »

Ce passage est extrait d'un registre de notes tenu par ma sœur. Je n'ai donc pas été témoin des efforts de l'animal, comme je l'ai fait pour bien d’autres tentatives faites avec succès par cet étonnant animal ; mais j'ai une parfaite confiance en l'exactitude de l'observation de ma sœur, aussi bien que dans la fidélité de son récit, et, d'autre part, le point que je vais traiter a rapport à ce qui a suivi, et, sur ce dernier point, j'ai eu de nombreuses

occasions de répéter ces observations. Ce dernier point, c'est que,

après avoir ainsi découvert le principe mécanique de la vis dans ce cas particulier, le singe sur-le-champ procède à une généralisation, ou à l'application de sa connaissance nouvellement conquise à tous les autres cas où il était probable que le principe mécanique en question fût en jeu. La conséquence fut que l'animal devintune peste dans la maison, en dévissant incessamment la poignée des pincettes, des sonnettes, etc., et qu'il n'avait pas toujours le soin de les remettre en place. C’est pourquoi je pense que nous avons ici une preuve incontestable dela reconnaissance intelligente d'un principe qui, au début, fut découvert par « la plus infatigable persévérance » en matière d'expérimentation et ensuite recherché dans une multitude d'objets entitrement dissemblables (1).

A ces nombreux faits j'en ajouterai un autre qui est assez remarquable pour mériter d’être cité à nouveau. Je cite d’après le journal Science, dans lequel il a paru sous le voile de

H'anonvme. Mais, ayant découvert que l'observateur était

M. S.-P. Langley, l'astronome bien connu, et étant personnellement assuré par lui qu'il était certain qu'il n'y avait pas d'erreur dans l'observation, je donnerai maintenant cette dernière selon ses propres paroles.

« L'intéressante description, par M. Larkin (Science, n° 58), de

(1) Le lecteur peut consulter la biographie complète de ce singe (/nfelligence des Animaux), pour nombre d'autres faits servant à montrer combien peut être élevé le niveau du groupement intelligent — ou de la « logique » — que les récepts peuvent atteindre sans l'aide des concepts. À ce mème point de vue, je puis renvoyer au chapitre sur l'imagination dans l’Evolulion mentale chez les Animaux et à de nombreux passages de l’Intelligence des Animaux,

CE ET EEE ET PT EE Cf

an roccronnons sonssnans ne ner conessmnonenas ee ces ,

la façon dont une araignée a mônté un grand scarabée dans son Malla : nid, me rappela un tout autre stratagème par lequel je vis une fois une minuscule araignée (à peine plus grosse que la téte il ve d’une épingle) enlever une mouche, qui pouvait avoir vingt fois fut dé son poids, à travers plus d’un pied de distance. La mouche était calem suspendue par un simple fil de la barre d'appui d’une fenêtre, et un pe quand elle attira pour la première fois mon attention, elle était Sun no soulevée par petites saccades s’élevant chaque fois de quelque ne des chose comme le dixième d’un pouce. Les saccades se suivaientsi l'élas! vite que l'ascension semblait presque continue. IL était évident Mfait a que le poids était bien trop lourd pour que l’araignée püût leBSquelq déplacer directement, mais ses mouvements étaient si rapidesBide di que, d'abord, il était difficile de voir comment ce travail, en appa-Wivation rence impossible, s'accomplissait. J'aurai recours à une figure

pour l'expliquer, car la complexité du système semble se San: rapporter moins à ce que nous appelons ordinairement instinet que la qu'à l'intelligence, et à un degré d'intelligence que nous neSSriche; ( pouvons tous nous vanter de pusséder. La petite araignéeRaucun procédait de la façon que voici : léjà à

quel que fût le poids de la mouche, qui fut, de la sorte, amené dans la position F”, à la droite de la première, et un peu plusangage haut. Au delà de ce point, il pouvait sembler qu'elle ne pouvait être levée; mais, le filin étant laissé attaché en à, l'araignét

dessu

« a b est une partie du barrea l'analy de la fenêtre, au niveau duquel hfSsont ide mouche devait étre élevée, de s epend position originelle en FÆ, verticæ Mie pou lement situé au-dessous de a. LSSSemble premier acte de l’araignée fut deSréellem descendre à moitié chemin vers bMtifique.

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LOGIQUE DES RÉCEPTS 63

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Sans multiplier les exemples, il doit sembler évident maintenant que la « gangue » dont sont extraits les concepts est infiniment riche; ce n'est pas simplement une terre terne, sans ressemblance aucune avec le métal brillant qu'en tire le langage. Elle brille léjà à un tel point que nous sentons bien qu'il n'est pas besoin l'analyse pour en connaître la richesse. La gangue et le métal sont identiques, n différant que par le degré de concentration.

ependant nous ferons comme si cela n'était pas évident, etavant de pouvoir être parfaitement sûrs que les deux choses, qui semblent aux yeux du sens commun si semblables, sont réellement les mêmes, nous les soumettrons à une analyse scientifique. Bien qu'il soit avéré que l'une est extraite de l'autre, il emeure encore possible que dans le creuset quelque autre n'sédient ait é‘é ajouté. L'Intelligence humaine dérive indubi: ablement de l'expérience humaine, comme l'Intelligence animale de l'expérience animale; mais ceci ne prouve pas que l'idéation ue nous avons en commun avec les brutes n’est pas complétée par une idéalion de quelque autre ordre ou espèce. Je considérerai plus loin les arguments qui sont mis en avant pour prouver que ce complément existe, et alors il deviendra apparent que celui-ci, s’il existe, doit avoir été ajouté par le fait du angage, comme le reconnaissent d'ailleurs — qu'on le note n passant — tous les écrivains modernes qui nient la continuité génétique des intelligences humaine et animale.

Jusqu'ici je n'ai cherché qu’à déblayer le terrain, d'abord en définissant soigneusement mes termes, et en expliquant impartialement la psychologie de l'idéation, puis en indiquant la nature de la question qui va être considérée, et enfin en montrant le niveau auquel l’Intelligence atteint sous la logique des récepts, sans aucune aide possible de la logique des concepts. |

Il ne reste qu’un point encore à examiner dans ce chapitre-ci. Nous voyons continuellement supposer et afürmrer avec confiance, comme si la chose était certaine, que l ordre le plus simple ou le plus primitif de l’Idéation est celui qui trait IEEE objets de perception particuliers, ou spéciaux. Les idées naissantes d'un enfant sont supposées se crislalliser autour du noyau fourni par des percepts individuels; les animaux les moins intelligents, sinon les animaux en général, sont supposés, comm Locke le dit, avoir, « seulement avec des idées DErANAARTeS telles qu'ils les reçoivent des sens ». J'accepte ceci, si l’on veu dire seulement (comme je comprends que Locke veut le dire que les enfants et les animaux ne sont pas capables « d'euxmêmes », constamment, intentionnellement, « de composer et de créer des idées complexes ».

Pour composer intentionnellement ou d'eux-mêmes leurs idées, il leur faudrait pouvoir penser à leurs idées en Far tu Ïdées, ou pouvoir mettre consciemment une idée devant l’autre comme deux objets distincts de pensée, et dans le but connu a la composition. Pour accomplir ceci, il faut la réflexion ré trospective ; c'est donc une sorte d'activité mentale impossible à l'enfant et à l'animal, puisqu'elle se rapporte aux concepis, distingués des récepts. Mais, comme nous l'avons maintenant bien vu, il ne s'ensuit pas que, parce que les idées ne peur vent être ainsi groupées par l'enfant ou l'animal, intentionnellement, il est impossible qu'elles soient groupées. Locke reconnail très clairement que les animaux « reçoiventet retiennent ensemble plusieurs combinaisons d'idées simples pour en former une idée complexe ». Il nie seulement que ces animaux « puissent d'eux-mêmes les grouper, et en faire des idées complexes L Ainsi Locke distingue clairement les récepts des concepts, etje ne pense pas qu'aucun psychologue moderne surtout après les preuves qui viennent d'être citées — s'élèvera contre cette dot-

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LOGIQUE DES RÉCEPTS

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trine. Mais, dans mon opinion, beaucoup de psycholog se sont fourvoyés en admettant que l'ordre le pue simitit k l'Idéation ne se rapporte qu'aux particuliers, ou té Fan le à ; chronologique, le souvenir des percepts précède l'exist pda récepis. Il me paraît qu'avec un peu de réfioxion à dobss ra tion,on voit qu'il est certain qu'aussitôt que des idées PR que sorte commencent à être formées, elles sont fovutése gris seulement comme des souvenirs de percepts or M aussi comme des récepts rudimentaires ; et que, dans le de de pement ultérieur de l'Idéation, la genèse des idees Par sh tout du même pas que les percepts. Je dis qu'il suffit dun “ere réflexion pour montrer qu'i/ doit en être ainsi, et de ae , d'observation pour montrer que cela es/. | on

Gar, a priori, plus les facultés de perception sont frustes Lt elles doivent être aptes à prendre connaissance Le | Ronan: Le développement de ces facultés cotes “à T ane ete toujours croissante de leur analyse, ou nou paré diférences de plus en plus petites de détail, et, en consét à ce de la reconnaissaice de cesdifférences en diverses Re rer. De là suit que plus les facultés de perception sont faibles 7 ( ue elles ont affaire à des distinctions plus grandes pe po à tions de classe, parmi les objets & expérience nées et . sé elles s'occupent des distinctions plus fines, ou satHoe ns individuelles. Ou encore, ce qui devient par la suite ds Br ces de classe constitue, dans les premières phases a re les seules distinctions ; ce sont donc les mêmos.que )l % mr les distinctions individuelles. Qu'en résulte-t-i1? rs certainement que, dans l'individu comme dans la race sr ce distinctions criginellement-individuelles MN : ; sr des distinctions de classe, alles laissent dans l'esprit une le PRIMES de leur première origine: c'élaient les pésaitr D el si elles sesont, par la suite NE ps | n s'organisant en parties particulières, ceci n’em- A le qu'à travers tout le processus, elles conservent touat ep a di CORRE doit toujours continuer à Far Ë ar les qu'il a ultérieurement perçues comme “ph successivement hors de ce qui d'abord lui M nu se ; NS RIT comme un tout, sont des parties qui ap-

CRE mn 22 on Be dc

partiennent à ce tout — ou, en d’autres termes, que les particuliers plus nouvellement observés sont des membres de ce qui maintenant est perçu comme une classe. C'est pourquoi, et simplement a priori, nous pouvons bannir l'hypothèsetoute gratuite que plus l’ordre d’Idéation est inférieur, et plus il se rapporte à des distinctions particulières, et moins à des distinctions de classe. La vérité doit être que plus les récepts sont primitifs, plus larges sont les distinctions de classes auxquelles ils se rapportent, pourvu naturellement que cet énoncé ne soit point appliqué au delà de la région de la perception sensitive.

En fait, nous voyons, chez les enfants et les animaux, que plus bas estle deg: de 'irielligence, plus cette intelligence sera fermée à la percep:::": fe ‘istinction de classe.

« Nous prononçons :r rai napa devant un enfant dans son berceau, en même temps que ious désignons du doigt son père, Peu après, il balbutie à son tour le mot, et nous nous imaginons qu'ille comprend dans le même sens que nous, ou que seule la présence de son père lui rappelle le mot. Pas du tout. Quand

une autre personne d'apparences analogues, vêtue d’un long À

paletot, portant une barbe et douée d’une voix forte, entre dans la chambre, il l'appelle aussi papa. Le nom était individuel, il l'a fait général. Pour nous, il s'applique à une personne seule ; pour lui, à toute une classe. Un petit garçon, âgé d’un an, avait voyagé en chemin de fer. La locomotive avec son sifflet, et sa fumée, etle grand bruit du train, frappèrent son attention, et le premier mot qu'il apprit à prononcer fut féfer (chemin de fer). Par la suite, un bateau à vapeur, une cafetière avec lampe à esprit-de-vin, bref tout ce qui sifflait, ou fumait, fut un féfer (4). »

J'ai cité ces exemples familiers d'après cet auteur, parce qu'il les rapporte comme prouvant qu’ « ici il se manifeste une délicatesse d'impression qui est spéciale à l'homme ». Sans m'arréter à rechercher si cette affirmation est justifiée par les preuves citées,ou mêmesil’enfant a personnellementdistingué son père des autres hommes, quand il appelle pour la première fois tous les hommes du même nom, c'est assez pour mon but actuel de faire remarquer le fait seul, que, quand un enfant commence à deve-

(1) Taine, De l’Inlelligence, pp. 16-17.

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LOGIQUE DES RÉCEPTS 67

nir capable de nous montrer la nature de son idéation au moyen de la parole, il nous fournit des preuves nombreuses établissant que cette idéation est de l'ordre que j'ai appelé générique. Le vêtement, la voix, la barbe forment un récept auquel répondent tous les hommes ; les particularités les plus frappantes d’une locomotive s’impriment d'une façon vivante dans la mémoire de façon que lorsque quelque objet leur ressemblant est peu, cet objet sera réceptuellement classé comme étant de carnet analogue. Ce n’est que beaucoup plus tard, quand les facultés d'analyse de la perception se seront plus développées, que l'enfant commencera à établir ses distinctions avec une « finesse » suffisante pour s'apercevoir que sa classification est trop grossière, que les ressemblances qui ont le plus frappé son imagipation d'enfant n'étaient qu'accidentelles, et qu'il y a lieu de les négliger pour s'attacher à des ressemblances moins frappar. es qui originellement ont passé tout à fait inaperçues. Mais, queique le processus de classification se perfectionne incessamment avec les progrès de l'intelligence, il a dès le début été un processus: de classification, bien que naturellement celle-ci ñe se soitju ‘qu'ici exercée que dans le domaine de la perception sensitive. Pareillement, en ce qui concerne les animaux, il est suffisamment évident, d'après les faits tels que ceux qui ont été cités, que les Images dont leur action adaptive dépend, sont en grande mesure génériques.

C'est pourquoi, sans préjuger en aucune manière de la question de savoir s’il y a, ou non, quelque différence radicale entre un esprit ainsi doué, et la pensée conceptuelle de l'homme, je puis considérer comme un fait acquis que l'Idéation des enfants est, dès l’origine, générique ; et de là suit que ces psychologues se sont grandement trompés qui, à la légère, supposent que la formation des idées de classe est une prérogative des intelligences plus avancées. Sans aucun doute, leur manière de voir semble plausible à première vue, parce que, dans la région de la pensée conceptuelle, nous savons que le progrès est marqué par les facultés croissantes de la généralisation, que ce sont les phases les plus aisées qui ont trail à la connaissance des particuliers, et les plus difficiles qui ont trait aux abstractions. Mais de la sorte on confond les récepts avec les concepts, et on mé-

connaît, entre les deux ordres de généralisation, une distinction qui est de première importance dans l’éclaircissement de la question. Une idée générique est générique parce que les idées spéciales qui la composent présentent de tels points de ressemblance évidents qu'elles se fondent ensemble spontanément dans la conscience. Mais une idée est générale pour une raison précisément opposée, et parce que les points de ressemblance qu'elle a saisis sont cachés à la perception immédiate, et en conséquence n'auraient jamais pu se fondre dans la conscience sans l’aide de l’abstraction intentionnelle, ou de la faculté qu’a l'esprit de travailler sciemment sur ses propres idées en tant que telles. En d'autres mots, la sorte de ‘classification qui se rapporte aux récepts est celle qui est le plus rapprochée de la sorte de classification dont dépendent tous les processus de soidisant « induction pratique », tels que l'erreur de prendre un bol pour une sphère. Mais l'espèce de classification qui se rapporte aux concepts est celle qui est placée le plus loin de ce groupement purement automatique des perceptions. La classification, — cela n'est pas douteux, — existe dans l’un et l’autre cas. Mais l’un est dû à l’affinité des ressemblances dans l'acte de la perception, tandis que l'autre est l'expression de l'éloignement de ces ressemblances à l'égard des associations simplement perceptuelles.

Ou encore, si nous pensons qu'il semble moins paradoxal de parler du processus de classification comme étant partout le même de nature, nous devons conclure que les groupements de récepts ont le même rapport avec ceux des concepts que les groupements des percepts avec ceux des récepts. Dans chaque cas, c'est l'ordre inférieur de groupements qui fournit des matériaux pour le plus élevé, et le but de ce chapitre a été de montrer, premièrement, que le groupement intentionnel qui caractérise les récepts peut être porté à un étonnant degré de perfection sans le moindre secours du groupement intentionnel qui caractérise les concepts, et en second lieu que, dès l'origine, l'idéation consciente a été occupée à grouper. Elle n’a pas eu seulement ou même principalement affaire avec l'enregistrement dans la mémoire de percepts particuliers ; son œuvre principale a été le triage spontané de ces percepts, et l’arrangement spon-

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tané de ceux-ci en systèmes d'idées ou d'images, et par conséquent la réflexion spontanée dans la conscience de beaucoup d'entre les relations les moins complexes — ou les principes les moins abstraits — qui ont été uniformément rencontrés par l'esprit dans son commerce avec un monde ordonné.

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