CHAPITRE V + distin
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EXPLICATION DU TABLEAU (1). “ tibilite
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Nous avons maintenant suffisamment étudié les divers principes priété et questions préliminaires qui se trouvent à l'entrée de notre sujet des Ex proprement dit. Il m'a paru bon d'en finir avec eux avant de laire, commencer à retracer l’histoire probable de l'évolution mentale. PrOpEl Maintenant que cela est fait dans la mesure où cela est possible, nation par suite de la nature même de ces premiers principes et de ces RE questions préliminaires, notre voie est aussi libre que possible mérite pour continuer nos recherches sur la genèse des facultés men- distinc tales. Pour bien définir les recherches quelque peu laborieuses rend F que nous allons commencer, j'ai cru bon de tracer un diagramme priée : ou carte du développement probable des facultés mentales, de- le dis puis leurs débuts dans la vie du protoplasma jusqu’à leur point plus il culminant dans le cerveau de l’homme. Ce diagramme représente ‘ té
les résultats de mon analyse d’un bout à l’autre, et, par conséquent, il y sera souvent fait allusion au cours de cette analyse, c'est-à-dire dans le présent livre et dans celui qui le suivra. Je commencerai donc par expliquer le plan de ce diagramme. Ainsi que je l’ai déjà dit, ce diagramme veut représenter tout le cours de l’évolution mentale, en supposant, conformément à notre hypothèse primitive, que cette évolution ait eu lieu. Etant une condensation des résultats de mon analyse, il est partout divisé attentivement en une échelle ascendante dont les niveaux successifs sont établis d’après les arguments et les faits que j'ai à citer à l’appui. Ce diagramme n’est donc pas autant le produit de mon imagination individuelle que le sommaire de tous les faits
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; : e 1 à à w … senté que la science a jusqu'ici pu fournir sur la matière; bien qu'il À Les D soit sans doute vrai que les progrès de la science puissent influer , M laut sur ce diagramme en en changeant quelques détails, je suis per- 4 atlei suadé que nos connaissances générales concernant l’évolution À tacul des facultés mentales sont suffisamment solides maintenant pour à tnt
rendre très improbable que, dans l’avenir, ce diagramme puisse
(4) Voir le frontispice.
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être changé dans ses traits principaux, par les progrès que la science peut faire encore.
Partant de la base fournie par l’excitahiiité, ou particularité distinctive de la matière vivante, je figure l’organisation des facultés mentales comme naissant d’une double racine : la conductibilité et le discernement. À ce qu'il a été déjà dit sur ce sujet, il est inutile de rien ajouter de plus. Nous avons vu que la propriété distinctive de la fibre nerveuse consiste dans la transmission des excitations par une propagation d'un dérangement moléculaire, indépendant du passage d'une onde de contraction : cette propriété, constituant, comme elle le fait, la base de toute coordination ultérieure des mouvements protoplasmiques (musculaires) aussi bien que du côté physique de toutes opérations mentales, mérite d'être marquée sur notre diagramme comme un principe distinct et important dans le développement. C’est ce principe qui rend possible la faculté exécutive de répondre d’une façon appropriée aux excitations. Il faut traiter de même le principe allié, le discernement, qui, nous l’avons vu, est destiné à devenir la plus importante des fonctions ultérieurement caractéristiques des cellules et des ganglions nerveux. Mais nous avons également vu que la conductibilité et le discernement se montrent d’abord dans le tissu cellulaire des plantes, si ce n’est même dans quelques formes de protoplasma en apparence non différencié. Cependant ce n’est que lorsque ces deux principes sont unis en dedans des limites des mêmes éléments d'organisation que nous avons la première preuve visible de cette différenciation de tissu que l’histologiste reconnaît comme tissu nerveux : c’est pourquoi j'ai représenté la fonction du tissu nerveux dans son sens le plus large, la neurilité, comme formée par la confluence de ces deux principes fondamentaux. La neurilité se continue par l'acte réflexe et la volition, que j'ai représentés comme formant l’axe ou le tronc de l'arbre psychologique. De chaque côté de cet arbre, j’ai représenté des branches, et pour augmenter la clarté, j’ai représenté les branches qui sont des facultés intellectuelles, d'un côté ; de
4 l’autre, j'ai placé celles qui représentent les émotions. Le niveau … atteint par toute branche représente le degré d'élaboration de la » faculté correspondante : par exemple, lorsque la branche sensa- … tion naissant de la neurilité, arrive à un certain niveau, elle donne … naissance à la perception, et continue son propre développement i jusqu’à un niveau quelque peu plus élevé. De même, l'imagination
naît de la perception, et ainsi de suite pour les autres branches. Ainsi les cinquante niveaux tracés horizontalement dans le diagramme représentent les degrés d'élaboration : ils ne sont pas destinés à représenter des intervalles de temps. Tel étant le cas, les divers produits de l’évolution mentale sont placés en colonnes parallèles sur ces niveaux différents, de façon à montrer les degrés relatifs de perfectionnement acquis par eux. Une de ces colonnes est consacrée à l'échelle psychologique des facultés intellectuelles, l’autre, à l'échelle psychologique des facultés émotionnelles. Si ce n’eût été le danger de rendre le diagramme confus, ces facultés eussent pu être représentées comme des branches secondaires de l'arbre psychologique : cela eût pu se faire dans un dessin; mais, dans un diagramme, cela n’eût pas été pratique, Aussi les branches sont-elles réservées aux facultés psychologiques plus génériques et fondamentales : j'ai relégué celles de valeur spécifique ou secondaire dans les colonnes parallèles de chaque côté des branches. Dans ces deux colonnes, j'ai inscrit les facultés, dès ce que je crois être ieur première phase, ou degré le plus inférieur d'élaboration, &’est-à-dire dès qu'elles manifestent le premier signe de leur existence. Dans une autre colonne parallèle, j'ai donné les degrés d'évolution mentale que je crois caractéristiques des différents groupes animaux : dans une autre colonne enfin, j'ai représenté les degrés d'évolution mentale que je crois caractéristiques des différents âges dans la vie de l’enfant.
Dans un ouvrage ultérieur, je remplirai dans ces colonnes les niveaux qui sont actuellement laissés en blanc, le présent livre étant exclusivement consacré à l’évolution mentale chez les animaux. J'avais d’abord l'intention d’arrêter le diagramme au niveau où s'arrête l'évolution mentale chez les animaux, c'est-à-dire au niveau marqué 98, et de réserver l'achèvement du diagramme, tronc et branches, et colonnes parallèles, pour mon prochain livre; mais j'ai pensé qu'il valait mieux continuer, de façon à montrer la proportion que je crois exister entre le perfectionnement des facultés supérieures chez les animaux et chez l'homme.
Ne nous occupant donc que des 28 premiers niveaux dont il est question dans ce travail, si nous prenons l’un quelconque d’entre eux au hasard, nous aurons l'estimation approximative du degré d'évolution mentale présenté par les animaux cités à ce niveau.
Pour éviter d’être mal compris, je dois ajouter qu’en représen-
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tant d’une façon schématique le cours probable de l’évolution mentale au moyen des points de comparaison de développement psychologique figurés dans les colonnes parallèles, je ne suppose pas que cette représentation soit plus qu’une esquisse approaimative et générale des faits : en fait, je n'ai eu recours à cette façon de figurer le développement psychologique que pour faciliter les discussions ultérieures. Si générale que puisse être cette esquisse du développement de la psychologie, elle atteindra son but, si elle contribue à faciliter l'exposé des arguments et sert de dictionnaire où l’on puisse se reporter pour les faits plus importants que ces arguments pourront, je l'espère, établir.
Tel étant l'usage que j'entends faire de ce diagramme, je puis faire ici une remarque générale sur ce sujet. Aussi bien en ce qui concerne le tronc que les branches et les deux colonnes parallèles, c’est-à-dire toutes les parties du diagramme servant à indiquer les facultés psychologiques, nous devons nous rappeler qu’elles sont plus schématiques qu'exactes. Dans la nature, il est impossible d’étabür quelque ligne nette et bien délimitée entre le développement complet d’une faculté et le premier rudimont de la faculté qui suit. Le passage de l’une à l’autre se fait partout graduellement ; cela est caractéristique, du reste, de l’évolution en général, et, bien que cela n'empêche jamais de distinguer les espèces, il n’en est pas moins impossible de tracer une ligne et de dire : Ici finit l’espèce À et commence l'espèce B. En outre, je ne saurais {rop le répéter, je suis convaincu que toute classification psychologique des facultés, si utile qu’elle puisse être aux besoins de l'analyse et de la discussion, doit nécessairement être artificielle.
Il serait, à mon avis, erroné de vouloir regarder l'esprit comme formé réellement d'un certain nombre de facultés distinctes, aussi erroné que de vouloir regarder le corps comme formé des facultés de nutrition, excitabilité, génération, etc. Toutes ces distinctions ne sont utiles que pour les besoins de l'analyse: ce sont des abstractions établies par nous pour notre propre commodité, ce ne sont pas des parties naturellement distinctes du tout que nous examinons.
Bien qu’il soit désirable de ne point oublier ce qui vient d’être dit, pour bien être sur ses gardes, je ne crois pas que le caractère artificiel de la classification psychologique ni le fait que nous avons affaire avec un processus graduel d'évolution vicient d’une
façon sérieuse le mode de représentation adopté par moi. D'un côté, en effet, il nous faut quelque classification des facultés pour les besoins de nos recherches ; d'autre part, j'ai autant que possible fait la part des défectuosités nécessaires du tracé, défectuosités qui proviennent de ce que l’évolution est graduelle, en donnant aux branches une base d'attache large et en faisant continuer à + dé ! pper encore chacune d'elles au-delà du point où naît cl: anche secondaire. De cette facon, la faculté mère et la fac: !: : : sont représentées comme occupant, sur un parcours plus :::: noie ‘ong, les mêmes niveaux de développement; dans chaque cas, nivu estimation du degré de perfectionnement relatif présenté par la faculté arrivée à son point culminant est indiquée par la hauteur verticale du sommet. En outre, comme je l'ai déjà dit, les facultés citées dans les deux colonnes parallèles sont inscrites aux niveaux où je juge qu'elles se manifestent évidemment et d'une facon bien définie dans l’évolution des facultés mentales, soit pour des raisons a priori, soit en me basant sur des faits positifs ; de cette façon, j'évite autant que possible la tâche délicate de décider à quelle limiteinférieure, dans l’évolution, commence à se manife’,ier une faculté quelconque.
Il est à peine utile d'ajouter qu'en composant ce diagramme, j'ai eu recours à l'hypothèse aussi rarement que le permet la nature du sujet. Il est néanmoins évident que la nature du sujet est telle que, pour compléter certaines parties de ce diagramme, j’ai dû recourir assez fréquemment à l'hypothèse. Je pense cependant qu'à mesure que marchera l'exposition, on verra que si l’hypothèse fondamentale, savoir l'hypothèse de la réalité de l’évolution mentale, est exacte, mes raisonnements relativement à l’histoire probable de cette évolution n’impliquent nulle part d’hypothèses extravagantes ou dangereuses. Dans les détails, par exemple, dans la hauteur relative des différentes branches de l'arbre psychologique, mes appréciations peuvent être sans douie plus ou moins erronées, mais les faits principaux relatifs à la séquence des facultés dans l’ordre de leurs degrés relatifs de perfectionnement sont de simples corollaires de notre hypothèse fondamentale ; ainsi que nous le verrons, ces faits, comme je les ai présentés, sont appuyés ou confirmés par beaucoup d’autres faits tirés des observations sur la psychologie des animaux et des enfants. De même, dans les colonnes consacrées aux émotions et aux facultés intellectuelles, les résultais figurés sont, pour la plupart, dus à l'observation.
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Si donc l'hypothèse de l’évolution mentale est accordée, et si tous les résultats des faits observables exprimés par le diagramme sont éliminés, il reste relativement peu de chose en fait de raisonnement déductif, et, de ce peu, la majeure partie est la conséquence nécessaire de la réalité de l'hypothèse de l’évolution mentale. Naturellement, quiconque n’accepte pas la théorie de l'évolution dans son entier peut objecter que je ne me dérobe à l'accusation de faire des hypothèses qu'en tenant pour vraie l'hypothèse qui me fournit ce dont j'ai besoin. A ceci je répondrai que, dans la mesure où la preuve de l'évolution mentale, considérée en tant que fait, est susceptible d'être accusée d’hypothétique, je dois laisser l’opposant adresser :on objection * «l’Origine des espèces» et à la « Descendance de i’homme », de ‘ar .n. Je serai amplement satisfait de mon propre travail, si, ‘ren: le processus de l’évolution mentale pour un fait accor:lé, ‘e puis montrer clairement que les grandes lignes de son hisiowe reuvent être lracées sans trop faire d'hypothèses, en dehors de: déductions qui suivent nécessairement l'hypothèse origin: *.
Ayant ainsi expliqué le plan et les principes du a.ag:amme, je vais maintenant considérer les niveaux, depuis le plus bas placé jusqu'à celui où naît la première branche, soit, depuis { jusqu’à 14. Après ce qui a été déjà dit dans les chapitres précédents sur la base physique et les principes fondamentaux des facultés mentales, nous n’aurons pas à nous altarder sur celte partie du diagramme. De 1 à 4, nous trouvons l’excitabilité, les mouvements et organismes protoplasmiques, et les éléments générateurs qui ne s: sont point encore unis pour commencer l'embryon de l’homme. De 4 à 9, naissent et se développent la conductibilité et le discernement, qui, s’unissant à 9, formeut la base de la neurilité, ou la tige qui supporte les facultés mentales; à ces niveaux se rencontrent les adaptations non nerveuses, les organismes unicellulaires, et une partie de l’histoire de l'embryon. De 9 à 14, se développe la neurilité, qui passe à l'acte réflexe ; aussi les colonnes parallèles de cet espace renferment-#Illes les adaptations seminerveuses et le commencement des véritables adaptations nerveuses, des animaux inconnus, probablement cœlentérés, peutêtre disparus, et une autre portion de la vie de l'embryon.
Je parle ici d'animaux inconnus, parce que, dans la mesure où les recherches ont été faites jusqu'ici, les animaux chez lesquels le tissu nerveux s’est d’abord différencié n'ont pas encore été
trouvés. Chez les plus inférieurs des animaux où ce tissu se rencontre, les méduses, il se montre déjà bien différencié. Les cellules ganglionnaires montrent cependant, à n’en pouvoir douter, leur parenté avec l'épithélium; en fait, leur structure rappelle plus souvent un épithélium modifié, qu’elle ne rappelle les véritables cellules nerveuses (1).
Donc, ces tissus (comme, du reste, les éléments histologiques analogues rencontrés dans le tissu nerveux embryonnaire des animaux supérieurs), nous fournissent un lien rapprochant le véritable tissu nerveux de ses ancètres cellulaires ; il est donc peu important que les animaux présentant les phases premières de cette transition histologique vivent encore {à l'époque actuelle. Geci nous dispense de discuter l'opinion de Kleinenberg sur les cellules neuromusculaires de l’hydre.
(1) Voir E, Schäfer, sur Nervous system of Aurelia Aurita (Phil, Trans., 1878), ct prof. O. ct R. Hertwig, sur Das Nervensystem und die Sinnesorgane der Medusen,.
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