‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 13 sur 65 · livre · texte numérisé non relu

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Voilà pour les conditions physiques dans lesquelles on rencontre toujours la conscience, et dans lesquelles seules on la rencontre.

Pour terminer ce chapitre, montrons que ces conditions peuvent être raisonnablement considérées comme naïssant en dedans des limites que j'ai assignées à l’origine de la conscience. Nous rappelant ce qui a été déjà dit au sujet de la manière graduelle ou non définie, selon laquelle la conscience a sans doute pris naissance sur le théâtre de la vie, nous rappelant aussi que je fais remonter son origine à une large région sur le diagramme, et non à une ligne définie, je crois qu'en assignant comme limites à celte région les adaptations nerveuses, ou actes réflexes, d’une part, et, de l’autre, l'association des idées, je fais choix du lieu d’origine auquel on peut le moins faire d’objections. D’un côté, il est clair, d’après ce qui vient d’être dit, qu'il est impossible de tracer une ligne de démarcation nette entre l’acte réflexe et l'acte conscient, d'autant plus qu’objectivement l’un diffère de l’autre, non par nature, mais par un progrès dans le degré de coordination centrale des excitations, Donc, là où une coordination centrale de ce genre est bien établie, comme dans le mécanisme de l'acte réflexe le plus simple, nous pouvons, je crois, avec le moins d'erreur, indiquer l’avènement de la conscience. D'autre part, là où la mémoire vague des expériences passées se transforme pour la première fois en la faculté d'associer des idées simples, ou de se rappeler les liens entre les souvenirs, là, je crois, la conseience peut être, avec le plus de raison, regardée comme ayant fait des progrès suffisants pour qu'on admette qu'elle existe certainement.

Dans ce diagramme, que, naturellement, je ne présente qu’à litre d’approximation, aucune appréciation plus approchée n'étant possible, les cælentérés sont figurés comme possédant ce que M. Spencer appelle la « matière première de la conscience » ; les échinodermes, comme ayant un certain degré de conscience qu'on peut raisonnablement leur reconnaître, si l’on considère combien nombreux et compliqués sont devenus leurs réflexes,

et si l’on se rappelle que dans leurs mouvements spontanés les adaptations neuro-musculaires ont presque l'apparence de l’intelligence (1). Je place les annélides à un niveau plus élevé de conscience, car, tant à cause des faits cités par moi dans l’/ntelligence des animaux que des faits cités par M. Darwin (2), il semble certain que leurs actions sont si près d'être intelligentes, qu'il est difficile de dire si l’on doit les classer parmi les actions dues à l’intelligence ou non. Sur ce même niveau, je représente la fin de la période embryonnaire de l’homme, car, bien que l'enfant nouveau-né, dépourvu d'expérience, ne manifeste aucune adaptation qui puisse être regardée comme révélant l'intelligence, cependant ses centres nerveux sont si perfectionnés (résumant, comme ils le font, les résultats d'une expérience héréditaire considérable, qui, tout en étant plus latente chez le nouveau-né de l'homme que chez les petits de plusieurs mammifères et de tous les oiseaux, doit cependant, à raisonner par analogie, compter pour quelue chose), que nous pouvons à peine mettre en doute l'existence d’une conscience au moins égale à celle qui existe chez les annélides. La douleur paraîl, en outre, ètre perçue par le nouveau-né, il pleure si on lui fait mal, et, bien que cet acte puisse être principalement réflexe, nous pouvons, par analogie, admettre qu'il est en partie dû à la sensation. Les autres niveaux où je place la naissance de la conscience peuvent être considérés comme représentés par les mollusques inférieurs; les faits cités dams mon précédent ouvrage justifieront, je pense . vpothèse, ces animaux étamt de nature indubitablement ::11° .ente.

(1) Voir Phil, Trans. Croonian Lecture, 1881, (2) Voir son livre sur les Vers de terre, 1881.

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