CHAPITRE IX
Au niveau marqué {8 sur le diagramme, j'ai représenté la sen-
À sation donnant naissance à la perception. Par ce dernier mot, - j'entends, comme on l'entend du reste généralement, la faculté
de connaître. «Le contraste entre la sensation et la perception “est le contraste entre les fonctions sensitives, d'une part, et, de
l’autre, les fonctions de cognition, intellectuelles, ou donnant la connaissance, » (Bain.) « La perception, c’est l'établissement de
relations spécifiques entre des états de conscience, ce qui est bien distinct de l'établissement de ces états eux-mêmes», qui constitue
2la sensation. (Spencer.) « Dans la perception, l'esprit agit sur la
malière de la sensation ; il résume, dans son attitude actuelle,
“tous les résuitats de son développement passé. » (Sully.)
La sensation, par conséquent, n'implique pas une seule des facultés de l'intelligence autre que la conscience. La perception
Zimplique nécessairement un processus intellectuel ou de connais-
sance, même soit-il de la nature la plus simple, Le mot perception “s'applique donc à tous les cas où existe un processus de connais- %sance, que ce processus naisse directement ou indirectement de a sensation. Il est donc également correct de dire que nous per-
evons la couleur ou l'odeur d’une rose, et que nous percevons Ja vérité ou la probabilité d'une proposition.
Autrement dit, nous pouvons formuler de la façon suivante la
œillérence entre la sensation et la perception. Une sensation esl
n état de conscience élémentaire ou indécomposable ; mais une
“perception suppose un processus d'interprétation mentale de la ÆBonsation au moyen de l'expérience acquise. Par exemple, un livre Acrmé repose sur la table devant moi; mes yeux se sont arrêtés h ne sur sa couverture, tandis que je songeais à la manière
Me disposer le plan du chapitre présent. Pendant tout ce temps, ai reçu une sensation visuelle particulière ; mais, comme je ne
| h'en suis pas occupé, la sensation n’impliquait aucun élément de
ÆHonnaissance ; aussi ne servait-elle de base à aucun acte de per-
eption. À un moment donné, cependant, j'ai eu conscience que je
regardais ce livre, et, en connaissant que l'origine de ma sensation était un livre, j'ai accompli un acte de perception. En d’autres termes, j'ai interprété la sensation en fonction de l'expérience passée ; j'ai fait la synthèse mentale des qualités de l'objet, et l'ai classé dans la catégorie des objets ayant antérieurement produit une sensation analogue.
La perception consiste donc à classer mentalement les sensations
en fonction de l'expérience acquise, qu’elle soit ancestrale où individuelle : c’est la sensation, plus un ingrédient mental, l'interprétation., Comme condition de la possibilité d'existence de cut ingrédient, il est évidemment essentiel que la faculté mnémonique existe, car ce n'est q'ie grâce au souvenir de l'expérience passée que le processus d'identification des sensations ou expérience présentes, en tant que ressemblant à celles du passé, est possible. | C'est pourquoi j'ai placé sur le tableau l'origine de la mémoire À ! un niveau inférieur à celui où naît la perception. La perception «t | la sensation sont représentées comme atteignant un niveau très élevé depuis leur origine jusqu’à leur complet développement. Cc mode de représentation est nécessaire, si nous réfléchissons à différence existant dans les facultés sensitives chez la méduse el chez l'aigle, ou à la différence des facultés de perception chez li patelle et chez l’homme. On pourrait mème trouver que mon tableau ne tient pas assez compte de différences aussi considérables, et que, par conséquent, l'élévation verticale de ces branches n'est pas suffisante. Mais nous devons nous rappeler que, dans le cas de la sensation, comme nous l'avons déjà vu, chaque progri de cette faculté, depuis son origine jusqu'à son plus complet développement, consiste essentieilement, au point de vue morphologique, en un degré de spécialisation toujours plus élevé des ter: minaisons nerveuses, et je pense que la mesure de ces progrès es suffisamment indiquée par l’élévalion verticale que j'ai donnée la branche en question, considérant combien plus compliqué doi être le développement morphologique des tissus nerveux servan de base à la faculté suivante et à toutes les autres. En ce qui con: cerne la perception, nous devons nous rappeler que, dans se phases les plus élevées, cette facullé donne d'autres branche marquées imaginalion, ele., de sorte que la branche marqui perception ne doit pas être considérée comme rrnfermant tout ct qu’elle renfermerait si nous ne nommions pas plus haut les fr cultés plus élevées auxquelles je fais allusion.
tete ne
She 5 dl étad à :. = ne RD 2 AV En À
Au rema phase au dé rieur nous telles et des l'appr consid le cas ampler sante d de cet morph hors d somme nismes SUCCESS] obligés uer com obligés des fait
Nous interpré © acquise + fectionn doivent # Lam # cevoir t # la vue, ( i abréger © préseut © un objet
les obj Unes
© lorsque © comme ! l’expéri à ces qua
RE ns RE 2 Te
de ma sensa- Ÿ Au sujet de l’évolution de la perception, je puis placer ici une ion. En d'au : "remarque générale qui s'applique, pour le première fois, à cette el'expérience : N° phase de l’évolution mentale et qui continue à pouvoir s'appliquer l'objet, et l'ai Æ au développement de toutes les facultés que nous aurons ulté-
ement produit | î rieurement à étudier. Cette remarque est à l'effet de faire voir que
? nous cessons de posséder des données d'ordre morphologique — les sensalions ? M telles que celles que nous avons eues dans le cas de la sensation, ancestrale où ? © et des facultés prémentales d'adaptation — pour nous guider dans nental, linter- l'appréciation du degré de perfectionnement atteint par la facullé istence de cel considérée, L'évolution morphologique à marché ici, comme dans é mnémonique le cas de la sensation, de pair vec l’évolution psychique; cela est périence passée | amplement prouvé d'une façon générale par la compiexité croisou expériences sante des organes nerveux centraux, mais c’est exactement à cause sé, est possible. de cette complexité et parce que les progrès dans l’évolutic"
nr ere
le la mémoirci} M morphologique qu'elle représente sont si délicats que nous sommes a perception tl! #Æ hors d'état de suivre ce processus du côté morphologique. Nous un niveau tr © sommes même hors d'élat de comprendre vaguement les mécaeloppement,. Ct 4 nismes que nous voyons. C’est pourquoi, pour apprécier les degrés fléchissons à a Æ successifs de perfectionnement de ces mécanismes, nous sommes 1ez la méduse tl obligés de considérer ce que nous pouvons commodément regarrception chez la 4 &er comme les produits de leur fonctionnement ; nous sommes ouver que mon 4 obligés de nous servir des équivalents mentaux comme indices s aussi considé # des faits morphologiques,
e de ces branchti % Nous avons vu que la perception consiste essentiellement à ler que, dans # interpréter mentalement la sensation en fonction de l'expérience
acquise, ancestrale ou individuelle. Les phases successives du perfectionnement subi par ce processus au cours de son évolution doivent maintenant attirer notre attention.
La première phase de la perception consiste simplement à percevoir un objet extérieur comme objet extérieur, par le sens de
chaque progrès us complet déve e vue morphololus élevé des Lerle ces progrès ex
que j'ai donnéci Æ la vue, du toucher, de l'odorat, de l’ouïe, ou du goût; mais, pour 1s compliqué doi 4 abréger, tenons-nous-en au sens de la vue par exemple. Au degré
$ nerveux servant # présent d'évolution, la perception consiste simplement à connaitre es. En ce qui con un objet dans l’espace, ayant certaines relations d’espace avec d'auer que, dans S A l'es objets de perception, et surtout avec l'organisme percevant, d'autres branche Une seconde phase est alteinte dans l'évolution de la nerception, branche marque lorsque les qualités Les plus élémentaires d'un objet sont reconnues snfermant tout tt Comme pareilles aux qualités présentées par un objetanalogue dans plus haut les lt 4 l'expérience passée, ou comme en différant, Les plus générales de
ces qualités dans les objets sont : la forme, les dimensions, la cou-
leur, la lumière, l'ombre, le repos, le mouvement; d’autres moins
générales sont : la température, la dureté, la mollesse, la rugosilé, er le poli et d’autres qualités relevant du sens du toucher, aussi bien pouvi que d’autres encore relevant des sens de l’odorat, du goût et de stitue l'ouïe. Dans le cas de ces qualités plus générales, la part prise par bitrai l'esprit, dars le travail consistant à les connaître comme appar- En 0! tenant aux objets, est immédiate et automatique, et', comme le large, fait remarquer M. Sully, « peut être supposée comme répondant psych aux connexions d'expériences les plus constantes et, par const- naissa quent, les plus profondément organisées ». la phi
La troisième phase dans l'évolution de la perception est celle Pou où il se fait un groupement mental des objets par rapport à leurs ploi d qualités, comme lorsque nous associons la fraicheur, le goût, ele. s’appli d'un fruit déterminé, avec sa forme, ses dimensions, sa couleur, lière : Ici, plus une certaine classe de qualités a été souvent déjà associée si nou: avec une autre, au cours de l’expérience passée, plus rapidement en ser ou automatiquement s’établit l'association de perceptions ; mais, inférie dans les cas où l'association des qualités n’a pas été aussi fré- cet em quemment ou constamment rencontrée dans l'expérience du passé, Je v nous sommes capables, au moyen de la réflexion, de reconnaitre velopp l'association perceptive « comme une sorte de montage intellec- que, di tuel des matériaux fournis par le passé ». faut m
Il faut encore un perfectionnement dans la faculté perceptive pour que celle-ci soit à la hauteur des circonstances dans les cas où les qualités des objets sont devenues trop nombreuses ou com- | douces plexes pour être toutes perçues simultanément. Pour ce faire, là } Æ l'existe faculté en question, tandis qu’elle perçoit certaines qualités au : commd moyen de la sensation, complète les renseignements ainsi obtenus ! M commd au moyen de renseignements dérivant des connaissances dejà M acquises ; on conclut par induction à l'existence des qualités qui ne sont point directement perçues par l'intermédiaire de la sensation. Ainsi, quand je vois un livre fermé, je ne doute point que la couverture ne renferme des pages imprimées, bien qu'aucune de ces pages ne forme actucilement l’objet d'une sensation. Ou bien, si j'entends un grondement sauvage, je conclus de suite à la présence d'un objet présentant le groupe complexe de qualités non perçues qui se trouvent réunies dans un chien dangereux. Dans un chapitre ultérieur, je reviendrai plus en détail sur ce point; nous sommes ici en présence de la phase inductive de la perception, je ne m’y attarderai pas ici.
ascend dantes.
reconn) naître tion pa tion de aussi, 4 lilés e alors à par sil phase 4 ceplio compl
Le f
utres moins la rugosilé, r, aussi bien u goût et de art prise par mme appart', comme le e répondant
ion est celle pport à leurs le goût, ele. s, sa couleur.
déjà associte s rapidement ptions ; Mais, été aussi fréence du passé, le reconnaitre ntage intellec-
lité perceptive s daus les Cas reuses où COMur ce faire, là es qualités au s ainsi obtenus aissances dejà les qualités qui jaire de la senloute point que bien qu'aucune sensation. Ou lus de suite à la exe de qualités ien dangereux:
n détail sur ce inductive de là
nn eerrner nee
, par consé- 4
Il est évident que les diverses phases indiquées dans le développement de la perception se fondent l'une avec l’autre, de façon à ne pouvoir être distinguées en tant que phases distinctes; elles constituent plutôt un seul développement dans lequel j'ai établi arbitrairement, comme pour la mémoire, divers degrés d'évolution. En outre, il est évident que le terme perception a un sens très large, et qu'on peut dire qu'il comprend toute l’étendue de la psychologie, depuis les sensations à peine senties jusqu'à la connaissance d’une vérité profondément cachée de la science ou de la philosophie.
Pour cette raison, quelques psychologues ont condamné l’emploi de ce terme comme élant trop compréhensif, el comme ne s'appliquant pas d’une façon distincte à quelque faculté particulière ; néanmoins, il est évidemment impossible de s'en passer, et si nous prenons soin de nous rappeler dans quel sens nous nous en servons — qu'on s’en serve pour les facultés supérieures ou inférieures de l'esprit — aucun inconvénient ne peut résulter de cet emploi.
Je viens de dire que, dans les phases les plus élevées de son développement, la perception implique l'induction; et j’ai indiqué que, dans ses phases inférieures, elle implique la mémoire. Il me faut maintenant montrer plus particulièrement que, dansses phases ascendantes, la perception implique la mémoire des phases ascendantes. Ainsi, la perception, par l'enfant nouveau-né, des saveurs douces comme distinctes des saveurs aigres et autres implique l'existence de cette phase primordiale de la mémoire, consistant, comme nous l'avons vu, à connaître une sensation présente comme pareille à une sensation passée. En outre, la faculté de reconnaître un changement de lait implique la faculté de reconnaître une sensation présente comme dissemblable d’une sensa tion passée. Puis, quand la mémoire s'élève au point où l’associalion des idées par contiguïté devient possible, la perception, elle aussi, s'élève au point où elle reconnaît les objets avec leurs qualités et leurs relations de cocxistence et de séquence. Ceci conduit alors à la faculté de reconnaître les objets, qualités et relations par similitude, c’est la faculté dont, avons-nous vu, dépend la phase suivante de la mémoire. Enfin, à partir de ce point, la perceplion dépend exclusivement de l’association des idées, quelque compliquée et délicate que puisse devenir celle-ci.
Le fait que la perception est ainsi partout indissolublement
unie à la mémoire est d'une grande importance; il faut qu’on en soit bien assuré; car quand la mémoire devient habituelle au point d'être automatique ou inconsciente, nous sommes aples à perdre de vue la connexion qui existe entre elle et la perception. Ainsi, comme le fait remarquer M. I. Spencer, nous ne disons pas que nous nous rappelons que le soleil brille; pourtant, nous disons que nous percevons que le soleil brille. En fait cependant, nous nous rappelons que le soleil brille, et dans tous les phénomènes habituels de l'expérience des souvenirs analogues à celui-ci s'unissent à tel point à nos perceptions des phénomènes que les souvenirs peuvent être dits faire partie intégrante des perecplions,
Supposons, par exemple, que nous voyions un homme dont la figure nous est connue, mais dont le nom nous échappe. Iei la perception que l'objet quenous voyons est un homme et non l'un quelconque des nombreux autres objets de la nature, est si intimement unie avec une associalion des idées bien organisée que nous ne pensons pas que la perception dépende réellement de la mémoire. Ce n'est que lorsque nous considérons l'association d’idées incomplètement organisée entre une figure particulière et un individu particulier que nous reconnaissons que cetle partie de la perception est incomplète, et qu'elle l’est paree que la mémoire est incomplète.
Ces considérations, si plausibles qu’elles puissent sembler, constituent le premier pas dans un désaccord sur un principe important, désaccord qui ira s'accentuant lorsque j'aurai à parler des facultés mentales les plus élevées. Ge désaccord, je regrette de le dire, porte sur les opinions de M. H. Spencer. Dans son chapitre sur la mémoire, M. H. Spencer émet l'opinion que, aussi longtemps que « les changements psychiques sont complètement automatiques, la mémoire, telle que nous la comprenons, ne peul exister ; il ne peut exister ces changements psychiques irréguliers constatés dans l'association des idées ». J'ai déjà donné mes raisons pour ne point limiter le mot méxvtre à l’associalion des idées ; mais, laissant de côté ce point, je ne puis concéder que si des changements psychiques (distingués des changements physio- 'ogiques) soat complètement automatiques, ee fait doit empècher de les considérer comme mnémoniques. Parce que j'ai si souvent vu briller le soleil, que mon souvenir de son éclat est devenu automatique, je ne vois pas pourquoi mon souvenir serait appelé
TR ee ee à Sel
er.
OR RTE LE er
non pou tégr table NUS de d des j'exa r'aisC Un dans ment l'hére des @ ils au De n de G:
inver d'inst l'insti:
ceptio sion e par l’e d'anin nalurd Ain se raf ct de aveug aptes la fac de pe pos d Lres dorat que l° chien Le
faut qu'on hbituelle au nes aptes à perception.
s ne disons irtant, nous cependant,
les phénoles à celui-ci nes que Îles des percep-
mme dont la happe. lei la eet non l'un
,est si inlibrganisée que lement de la
l'associalion articulière el e cetle partie ce que la mé-
sembler, conrincipe imporai à parler des : regrette de le 1s son chapitre e, aussi long- 1plètement auenons, ne peul hiques irréguléjà donné mes association des ‘oncéder que Si :ements physio- L doit empècher e j'ai si souvent
L est devenu au:
r serait appelé
LR Ron ES er po eh Re
non-mémoire, simplement à cause de sa perfection. De même, pour tous ces souvenirs bien organisés qui constituent partie intégrante des perceptions. Du moment où ils impliquent de véritables « changements psychologiques », et, par suite, la reconnaissance consciente, bien distincte de l'acte réflexe, aucune ligne de démarcation ne me semble pouvoir ètre tirée entre elles et des mémoires moins parfaites. Je reviendrai sur ce sujet quand j'examinerai les opinions de M, H. Spencer sur l'instinct et la raison.
Un autre point à considérer ici, c’est le rôle joué par l’hérédité dans la formation de la faculté perceptive de l'individu préalablement à la propre expérience de celui-ci. Nous avons déjà vu que l'hérédité joue un rôle important dans la formation de la mémoire des expériences ancestrales ; aussi beaucoup d'animaux viennentils au monde munis de facultés perceptives déjà fort développées. De nombreux faits le démontrent : non seulement le chevreau de Galien, ou les poussins de Preyer, mais tous les vertébrés et invertébrés nouveau-nés, à peine éclos, font preuve d’une foule d'instincts. Nous étudierons ce sujet à fond lorsque je parlerai de l'instinct ; nous verrons alors que la richesse des facultés de perception de beaucoup de nouveau-nés est telle et que leur précision est si grande qu'il est à peine besoin qu’elle soit augmentée par l'expérience ultérieure de l'animal. Ghez les différentes classes d'animaux, ces legs héréditaires varient beaucoup quant à leur nalure et à leur degré.
Ainsi, dans la classe des mammifères, la perception héréditaire se rapporte souvent, dans ses premières phases, aux sens du goût el de l'odorat, car tandis que beaucoup de mammifères naissent aveugles, quelques-uns probablement sourds, et {ous très peu aptes à se déplacer, ils possèdent toujours, à un degré variable, la faculté de percevoir par le sens du goût, et souvent la faculté de percevoir par l'odorat. C’est ce que nous avons déjà vu à propos du chevreau de Galien ; et à propos du chien (dont les ancètres ont été si complètement dépendants de la perfection de l’odorat), cela existe à un tel degré 4u'rue impression aussi spéciale que l'odeur du chat produit un si vif effet sur une portée de jeunes chiens que ceux-ci se mettent à « se gonfler et à cracher » (1).
Les oiseaux viennent au monde avec des facultés de perception
(1) Voir plus loin, chap, xt. Expériences de M. Spalding.
plus considérables que les animaux de n'importe quelle autre classe. Ils sont, en effet, en possession pleine et entière de tous leurs sens presque dès la naissance, et sont, dès ce moment, en état de s'en servir aussi bien que cela leur sera jamais possible.
Les reptiles viennent également au monde avec leurs facultés de perception presque aussi développées qu’elles doivent jamais le devenir (4), et il en est généralement de même pour les animaux invertébrés.
J'ai maintenant quelques mots à dire de la physiologie de la perception, ou, pour parler plus exactement, de ce que l’on sait des processus physiologiques qui accompagnent la perception.
Dans des chapitres antérieurs, j'ai déjà dit que la seule différence connue du côté physiologique, entre une activité nerveuse accompagnée de conscience et une activité nerveuse qui n'en est pas accompagnée, consiste en une différence de durée. Je donnerai ici les faits expérimentaux sur lesquels repose cette affirmation.
Le professeur Exner a déterminé combien de temps, dans l’accomplissement d’un acte réflexe, il faut au centre nerveux de l’homme pour exécuter sa partie. C'est-à-dire, étant connues la rapidité de la transmission d’une excitation dans les nerfs, la longueur des nerfs afférents et efférents en jeu dans un acte réflexe donné, et enfin la période latente d'un muscle, le temps employé par le centre nerveux pour jouer son rôle s'obtient en retranchant du total de temps écoulé entre le moment de l'excitation ct celui de la contraction musculaire, le temps pris par la transmission de l'excitation à travers les nerfs afférents et efférents et le temps pris par la période latente musculaire. Ge temps s’est trouvé être compris dans le cas de l’occlusion réflexe des paupières, entre Oseconde (471 et 0°,0555, selon la force de l’excitatici (2). Par un procédé analogue, Exner à mesuré le temps nécessaire à l'exécution des opérations nerveuses centrales comprises dans le processus consistant à éprouver une sensation, à la percevoir, et à vouloir signaler cette perception. C'est-à-dire que, un choc électrique étant produit sur une main, et étant aussi vite que possible signalé par l’autre, le temps pris par le centre nerveux pour jouer son rôle dans le processus entier se mesure comme dans le cas précédent. Dans cetle seconde expérience, le temps s’est trouvé ètre
(1) Voir /ntelligence des animaux, chap. 1x.
(2) Archiv für die Ges. Physiologie, t. XLIII, p. 526; 1874,
1/7, Le Schn 0,15 pour quini donn:
Je ne rat, E réacti consig main (
On quéer qui es tervall dans différe sion d:
telle autre e de tous ioment, en possible.
irs facultés nt jamais le es animaux
logie de la ue l’on sail rception.
seule diffénlé nerveuse ise qui n'en le durée. Je ose cette af-
s, dans l’acnerveux de t connues la les nerfs, la js un acte réle temps ement enretranl'excitation et r la transmisofférents et le ps s’est trouvé upières, entre ju (2). Par un aire à l'exécuns le processus ir, et à vouloir hoc électrique ossible signalé jour jouer son ns le cas précéest trouvé ètre
0°,0898, c'est-à-dire le double environ de celui qui, nous venons de le voir, est nécessaire à un centre nerveux pour jouer son rôle dans un acte réflexe (1).
Les actes de perception nécessitent une durée différeute selon les différents sens. Cet intéressant sujet a été étudié par nombre de physiologistes (2). D'après Donders, le «temps de réaction » total {entre l'excitation et la réponse) est en général, pour le toucher, 1/7, pour l'ouïe, 1/6, pour la vue, 1/5 de seconde (3).
Les observations de von Wittich (4), Vintschgau et Hünig- Schnied (5) montrent que ce temps varie pour le goût entre 0°,1598 et 6°,2351, selon la nature de la saveur, étant moindre pour le sel, plus considérable pour le sucre, plus encore pour la quinine. Un courant électrique constant, appliqué sur la langue, donne le temps de réaction pour l’impression de goût, soit 0,167. Je ne sache pas qu'il ait été fait d'expériences à l’égard de l’odorat. Exner a plus exactement déterminé sur lui-même le temps de réaction pour le toucher, l'ouïe et la vue; les résultats en sont consignés ci-dessous. Le signal fut, dans chaque cas, donné par la main droite pressant sur une clef électrique :
Excitation électrique directe de la rétine... .... Excitation électrique de la main gauche...... .. Son subit,..,.,..
st
Choc électrique sur le front. .,,....,,...,.,.....,, 0,1370 | Choc électrique de la main droite ...,,,.....,,..,,, 0 ,1390
Impression visuelle d’une étincelle électrique. ....... Choc électrique sur le gros orteil du pied gauche...
On peut remarquer que, bien que la sensation visuelle provoquée par la vue d’une étincelle électrique soit plus vive que celle qui est produite par l’excitation électrique du nerf optique, l'intervalle entre l'excitation et la perception est plus considérable dans le premier cas. Etant donnée la brièveté du nerf optique, cette différence ne saurait être attribuée au temps pris par la transmission dans le nerf; on doit la supposer due au temps exigé par les
(1) Archiv für die Ges. Physiologie, t. VII, p. 610. {2} Voir Hermann, Handbuch der Physiologie, t. 1, part, 11, p. 264. @) Archiv für Anat. und Physiol., 1868, p. 657.
(4) Quart. Ret, Med. (3), t, XXXI, p.113.
(5) Archiv für Anat, und Physiol., t. X, p. 1.
(6) Pflüger’s Archiv, t. VII, p. 620.
terminaisons nerveuses de la rétine pour effectuer tous les changements (quels qu'ils puissent être) qui constituent leur réponse à l'excitation lumineuse, Ainsi, pour l’ouïe, comme le montre le tableau ci-dessus, il faut un peu moins de temps pour tout l’acte de la perception qu'il n'en faut pour les changements rétiniens dans la vision.
D'après Helmholtz et Baxt, plus un objet de perception visuelle est compliqué, plus longtemps doit se projeter l’image sur la rétine pour que la perception soit possible ; tandis que, dans certaines limites, l'intensité de l’image n'influe pas sur le temps nécessaire pour que la perception se fasse (1). Ge dernier auteur à vu qu'il faut une exposition d'environ un vingtième de seconde pour que la perception d’une rangée de six ou sept lettres soit possible.
D'autres expériences établissent que plus un acte de perception est complexe, puis il faut de temps pour son exécution.
Ainsi, Donders a montré que lorsque l'expérience sur le temps de réaction consiste, non pas simplement à signaler une perception, mais à signaler l’une de deux ou plusieurs perceptions, le temps de réaction est plus considérable à cause du temps prolongé nécessaire à l’accomplissement du processus psychique plus compliqué consistant à distinguer laquelle des excitations attendues est perçue, et à se déterminer à faire ou à retenir la réponse selon le cas. L'esprit se trouve ainsi en présence d’un dilemme, el voici les résultats obtenus par Donders :
Dilemme entre deux points de la peau, pied droit ou gauche
excité par un choc électrique, la réponse ne devant être
faite que dans un seul cas..,,,..,,,.,,.,...,,...., 09,066 Dilemme entre les perceptions de deux couleurs montrées
subitement, le signal ne devant être fait que lorsque lune
d'elles A 6É6 APT EUC ss 5660 cs see serot os eos - 0548 Dilemme entre deux lettres; le signal ne devant être fait
que pour la perception de l’une d'elles, .,,,,,...,,., 0,166 Dilemme entre cinq lettres ; signal devant être fait dans les
mêmes conditions . . ,,,4.6s6eesoosessssooocososs 0 ,170 Dilemme de l’ouïe : on épelle deux voyelles ; ne répondre
que lorsque l’une d’elles est épelée.......,.,,.,,...,. 0,056 Dilemme entre cinq voyelles : ne répondre qu'à l’une d’elles. 0 ,088
Le tableau ci-dessus donne dans chaque cas, non pas la période
(A) Archi für die Ges. Physiol., t. IV, p.329; Monatsher, des Rerl, Akaw., juin 1871.
toul répo riode quan lions sistar saire d'un Cet bach (
Di Le
Si |:
conside à venir
Le te varie a grand l'équat diverse nécess:
que ch nes de Courir ecplio lion, e
eux, E dans 1;
(A) V P, 657-6 T2) 4 (3) Lo
les chan- tout entière écoulée entre le moment de l'excitation et celui de la r réponse réponse, mais les différences entre le temps nécessaire à cette pé-
montre le tout l’acle s rétiniens
ion visuelle ur la rétine ls certaines nécessaire ravu qu'il
rceptions, Île 1 temps prosychique plus ations attenir la réponse ’un dilemme,
riode quand il n'y a qu'à répondre à une seule excitation, et quand il n’y a à répondre qu'à une de deux ou plusieurs excitalions possibles, On voit que le temps nécessaire à l'opération consistant à résoudre un dilemme est plus long que le temps nécessaire pour signaler une perception simple d'une période variant d’un cinquième à un vingtième de seconde (1).
Cette « période de dilemme » a été mesurée par Kries et Auerbach (2) pour les autres sens, en voici les résultats :
1 Localisation par La vue,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,.,,,, 0,011 de pour que Discernement d'une couleur .,,,,,,,,...,.,.,,...... 0,012 ossible. | Localisation par l'ouie (temps minimum) ,,,.,,.,.,.,. 0,015 à perception Discernement de la hauteur d'un son élevé ,,.,,,,..,.,.,. 0,019 nn. Localisation par le toucher .,,,..,.,,,,,,,...,....... 0,021 sur le temps Discernement de la hauteur des sons graves .,,....,,. 0,03% une percep- Localisation par l’ouiïe (temps maximum) ....,,....... 0,662
Si la disposition de l'expérience permet un nombre plus considérable d’alternatives, la réponse est encore plus longue à venir. :
Le temps nécessaire à la perception pour les différents sens varie avec les individus; les astronomes sont obligés d'en tenir grand compte et de le mesurer avec soin : c’est ce qu'ils appellent l'équation personnelle. Elle s'accroît sous l'infiuence de l’âge, de
he À diverses maladies et de divers médicaments. Mais elle n'est pas tre nécessairement moindre chez de: personnes jeunes, pleines de vie, .. 0,066 que chez des personnes jeunes, moins vigoureuses ou moins pleiées @ nes de vie. D'après Exner, les personnes accoutumées à laisser ane 4 courir leurs idées en désordre sont plus leates à former leur perhi 0,184 % ception, ou du moins la période entre la production d’une excitafait KG 2 lion, ella production de la réponse à celle-ci est plus longue chez sh D L eux, Exner donne le tableau suivant qui montre la différence 0,150 à dans la période de réaction de sept personnes (3) : dre des 1 (1) Voir, pour les Recherches de Donders, Arch, für Anat. und Physiol., 1868, … 0,056 D. 657-681.
les. 0 ,088
T2) Arch. für die Ges. Physiol., 1877, p. 298-380. (3) Loc, cit., p. 612.
n pas la période », des Bert, Atad.,
Age. PAU 0 Observations,
26 0,1337 Ouvrier vif, brusque.
23 0,331 Mouvements vifs, mais compréhension lente. 76 0,9952 Infirme, inintelligent.
24 0,171 Lent et posé dans les mouvements.
20 0,2562 Lent et hésitant dans les mouvements.
22 0,1295 Lent et très précis dans les mouvements, 35 °0,1381 Habitué au travail manuel.
A l'égard des substances médicamenteuses, il me suffit de dire que Exner (1) a vu deux bouteilles de vin du Rhin accroître sa période latente de réaction de 0*,1904 à 0°,2269, et j'ai moi-même remarqué qu'une quantité d'alcool insuffisante pour produire des effets psychiques est très apte, à la chasse, à faire tirer en arrière du gibier. A l'égard de l’équation personnelle, je citerai brièvement quelques observations personnelles et inédites qui muatrent une différence véritablement étonnante dans la rapidité avec laquelle les différentes personnes peuvent lire. Naturellement la lecture suppose des processus perceptifs de faits sensitifs et de faits intellectuels extrêmement compliqués ; mais si nous faisons choix, pour ces expériences, de personnes accoutumées à lire beaucoup, nous pouvons considérer qu’elles sont toutes sur le même pied à l'égard du degré de pratique qu'elles possèdent, de sorte que les différences dans la rapidité de la lecture peuvent être légitimement attribuées à des différences réelles dans la rapidité avec laquelle elles forment en succession rapide des perceptions complexes, et non à des différences accidentelles venant d’une plus ou moins grande facilité acquise par une pratique spéciale.
Mes expériences ont été faites de la façon suivante: je marquais dans un livre imprimé un court paragraphe en choisissant un livre qui n’eût été lu par aucune des personnes auxquelles il devait être présenté. Le paragraphe, qui renfermait l'énoncé simple de faits simples, était encadré, sur les bords, au crayon. Le livre était placé devant le lecteur, ouvert, mais recouvert d’une feuille de papier. Après avoir désigné au lecteur, sur cette feuille de papier, à quelle partie de la page sous-jacente se trouvait le paragraphe à lire, j'enlevais subitement la feuille de papier d’une main, tout en mettant en marche de l’autre main un chronographe : vingt secondes étaient accordées pour la lecture du paragraphe (10 lignes
(1) Loc, cit, p, 628,
du fo çais l:
perso le livr se rap Le fut de dans 1:
ture cl coup li dans u qu'un :
de la 1 tous le temps ( notes é graphes le lecte mile le la rapic intellecl du trav d’hom plupart marque quelque sitôt ap quées à relu un« connues Ceci md dire imi rapide puisse ê ception Ceci divers j des perd plus co pour m
n lente.
ts.
ents,
ffit de dire ecroître sa moi-même roduire des r en arrière rai brièveai muatrent lité avec laellement la isitifs et de nous faisons imées à lire utes sur Île »ssèdent, de peuvent être s la rapidité perceptions renant d'une que spéciale.
je marquais sant un livre les il devait cé simple de Le livre était ne feuille de lle de papier, paragraphe à ain, tout en he : vingt sephe (10 lignes
Pr