‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 26 sur 65 · RD PRES · texte numérisé non relu

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sure où nous sommes autorisés à en parler en connaissance de cause, la seule différence physiolog:que constante entre un processus nerveux accompagné de conscience et un processus nerveux non accompagné de conscience est une différence de durée. Dans de très nombreux cas, sans doute, cette différence peut être causée par la complexité ou la nouveauté du processus nerveux qui s'accompagne de conscience ; mais, pour la raison déjà donnée, je ne pense pas que nous soyons autorisés à conclure que ce sont là les seuls facteurs, bien que je ne doute pas que c’en soient de très importants. Tout en tenant compte de ce qui pourrait être contraire à cette marière de voir, la sélection naturelle ou d’autres causes ont pu provoqüer les conditions physiologiques nécessaires à la naissance de la conscience (et aussi à la perception du plaisir et de la douleur), sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir la question de la compiexité ou de la rareté; dans ce cas, les relalions de temps nécessaires pour faire face à ces conditions se seraient développées en même temps qu'elles. Je crois que l’on peut citer, comme venant à l'appui d’une pareille manière de voir, le fait que la structure des hémisphères cérébraux présente des différences notables par rapport à celle des centres réflexes.

Quels que soient les facteurs, cependant, c’est un grand point que de posséder le terrain solide de l’expérimentation pour y faire reposer le fait que les processus psychiques présentent toujours un retard relatif sur l’action ganglionnaire. De ce fait découle évidemment, ainsi que nous l'avons dit dans un chapitre précédent, que les processus psychiques constituent l'expression subjective d’un tourbillon objeclif parmi les forces moléculaires ; l'action réflexe peut êlre coinparée au mouvement rapide d'une machine bien graissée ; la conscience est la chaleur développée par le frottement intime de quelque autre machine, et les processus psychiques sont la lumière qu’émet cette chaleur lorsqu'elle est poussée au rouge. On peut donc présumer que les processus psychiques naissent avec une clarté et une complexité proportionnelles à la quantité du frottement ganglionnaire, ainsi, d’ailleurs, que cela semble être expérimentalement démontré par les expériences déjà citées de Donders. Il est certain en outre que, par la fréquence de la répétition, c'est-à-dire par l’exercice et la pratique de n'importe quel acte psychique, la quantité de frottement ganglionnaire peut être diminuée (ainsi que le montre le

temps nécessaire pour provoquer à nouveau l'action ganglionnaire), et qu'en même temps que se produit ce changement du côté objectif, il s’en produit un du côté subjectif, en ce sens que l’action, autrefois consciente, tend à devenir automatique.

Il me semble que de ces considérations on peut induire que l’acte réflexe et la perception avancent probablement ensemble, chaque phase dans le dévelopnemert de l’un servant de point de départ pour la phase suivante du développement de l’autre. A l’appui de cette opinion se peut citer ce fait général, que, dans tout le règne animal, il y a une correspnudance assez constante entre la complexité des actes réflexes d’un organisme donné et le niveau de son développement psychique.

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