CHAPITRE XVI L'INSTINCT (SUITE
: locales et spécifiques de l'instinct.
J'ai montré :unteuant que des instincts peuvent naître par l'influence de ia séleci:. natureile, ou par la substitution de l’automatisme à l'intelligence, ou par l'influence de ces deux principes combinés, et que même des instincts entièrement formés peuvent changer lorsqu'un changement de circonstances l'exige. Les preuves les plus frappantes de ce fait ou de la mutabilité des instincts entièrement formés sont peut-être celles qui ont été données dans le chapitre précédent, montrant l'influence exercée par ia domestication, à la fois en oblitérant les plus puissants des instincts naturels et en créant les plus étranges des instincts artificiels. Mais, com'ae nous avons vu antérieurement que tout changement considérable dans les circonstances auxquelles un instinct est approprié est sujet à déranger le fonctionnement de cet instinct, les preuves de la mutabilité de cet instinct tirées des effets de la domestication peuvent être sujettes à critique : on peut dire que les changements produits sont d’un caractère non naturel, ou qu'ils sont dus à un affaiblissement du mécanisme normal de l’instinct. Je ne crois pas, pour moi, que, si cette critique était faite, elle dût être de quelque force, étant donné que la domestication a non seulement l'effet négatif d’affaiblir ou de détruire les instincts naturels, mais aussi, comme je l'ai dit, l'effet positif de créer des instincts artificiels. Toutefois, il demeure utile d'ajouter aux preuves tirées des faits de la domestication des preuves tirées du champ de la nature ; car, ici du moins, aucune critique du genre de celle que j'ai citée et proposée ne saurait être faite. Je me propose donc, dans ce chapitre, d'étudier tous les faits que j'ai pu rassembler, tendant à établir que, parmi les animaux à l’état de nature, les instincts subissent des transformations précisément analogues à celles qu'ils subissent chez les animaux à l’état domestique, Les preuves sur lesquelles je veux m'appuyer pour démontrer ce fait sont de deux ordres ; elles
ent naître par ubstitution de
, ces deux prinrement formés stances l'exige.
1 mutabilité des es qui ont été fluence exercée
s plus puissants ges des instincts rement que tout $ auxquelles un ctionnement de nstinct tirées des
S à critique : ON n caractère non t du mécanisme bi, que, Si cette rce, étant donné batif d’affaiblir où Éomme je l'ai dit, tefois, il demeure Ja domestication ar, ici du moins se et proposée ne hapitre, d'étudier tablir que, parmi issent des transjs subissent chez lesquelles je veux bux ordres ; elles
démontrent, chez les animaux à l’état sauvage, l'existence : 1° de variétés locales ; 2° de variétés spécifiques de l'instinct.
Variétés locales de l'instinct.
Par la première de ces deux catégories de faits, je m'efforcerai de démontrer que la mutabilité de l'instinct s'exprime d'une façon marquée et très suggestive dans certains cas où des animaux sauvages de même espèce, vivant dans des parties différentes de la terre et, par conséquent, dans des milieux différents, présentent dans leurs instincts des différences marquées et constantes. Une classe de ces faits a déjà été citée quand nous avons parlé de la naissance de la peur instinctive de l’homme chez les animaux sauvages habitant les endroits fréquentés par l'espèce humaine ; mais, comme le sujet me paraît important — étant donné qu’une variété locale définie est en voie de devenir un instinct nouveau — je citerai ici les meilleurs exemples que j'ai pu réunir.
Commencons par les insectes. Kirby et Spence rapportent que, d’après Sturm, le scarabée pilulaire, qui roule de petites boules de fumier, s’'épargne le travail de faire ces boules lorsqu'il habite les pâturages à moutons, car alors il profite des boules toutes failes que lui fournissent les excréments de ces animaux. Ici, nous avons un exemple d'adaptation intelligente à des conditions particulières : aussi ce fait eût-il pu être cité comme un exemple de plasticité de l'instinct; mais, comme les pâturages de moutons sont des régions locales définies, je l’ai cité comme exemple de variation locale de l'instinct. Tous les cas de variation locale doivent avoir quelque cause déterminante, et cette cause est sans doute le plus souvent l’adaptation intelligente à des conditions locales particulières. J'ai donc choisi cet exemple pour commencer, parce qu'il aurait aussi bien pu être rapporté dans le chapitre précédent que dans celui-ci.
Lonbière rapporte, dans son #rstoire de Siam, que « dans une partie de cet empire exposée à de grandes inondations, toutes les fourmis s’établissent sur des arbres : on ne peut voir de fourmilières nulle part ailleurs ». Forel cite un exemple très analogue, à propos d’une espèce européenne, le Lasius acerborum, qui, dans les plaines, ne construit jamais sous les pierres, au lieu que, dans
les Alpes, elle construit souvent sous les mêmes pierres que les Myrmica,.
A l'égard des abeilles, il semble que, tant en Australie qu'en Californie, les abeilles de ruche, au début de ieur séjour dans le pays, « conservent leurs habitudes industrieuses pendant deux ou trois ans seulement, après quoi elles cessent graduellement d'accumuler du miel et finissent par s'adonner à la paresse la plus complète (1)». M. Packard, junior, rapporte quelques observations (2) faites par le révérend L. Thompson qu'il désigne comme étant un observateur attentif, « d’après lesquelles des abeilles (Aprs mellifica) mangent les phalènes emprisonnés dans certaines fleurs. Lorsque ce fait fut communiqué à Darwin, celuici écrivit : « Je n'ai jamais entendu dire que les abeilles fussent du tout carnivores, et le fait ne me paraît pas croyable. Est-il possible que les abeilles aient ouvert les corps des Plusia pour sucer le nectar contenu à l’intérieur? Un tel degré de raison demanderait à être confirmé, il serait bien étonnant. » Mais, quel qu'ait pu être le but des abeilles, leur manière d'agir, qui est décrite comme consistant en des « bonds soudains » et « furieux », indique certainement quelque variation notable de l'instinct sous la direction de l'intelligence. En outre, l'explication adoptée par MM. Thompson et Packard, consistant à admettre que les abeilles étaient à moitié carnivores, n’est peut-être pas aussi incroyable qu'elle le paraissait à M. Darwin, si nous nous rappelons que l’on peut très bien rencontrer chez les guëêpes des goûts carnassiers (3).
Sinous étudions les variations locales de licstinct chez les oiseaux, je citerai d’abord les faits suivants, pris dans l’Appendice, et qui, bien qu’ils ne soient pas cités par M. Darwin cnmme exemples du fait que nous cherchons à établir, n’en sont pas moins très bons à prendre.
« Il est notoire que la même espèce d'oiseau possède des facultés vocales légèrement différentes selon les différentes régions qu'il habite; et un excellent observateur remarque qu’une « compagnie de perdrix irlandaises se lève sans pousser un cri, tandis que les compagnies écossaises, sur la côte opposée, crient
(1) Intelligence des animaux, chap. 1v ; s’y reporter pour les renvois à E. Darwin, Kirby et Spence, et aux écrivains plus récents.
(2) American Naturalist, janvier 1880.
(3) Voir, par exemple, Nature, vol. XXI, p. 417, 19%, 538 el 563, rapportant des exemples de ce fait cités par sir D. Wedderburn, MM. Newall (F. R. S.), Lewis Bod et W. G. Smith. (J'ai vu à plusieurs reprises des guêpes s’emparer de mouches, les tuer et ensuite s’en nourrir. (Trad.).
pendi
istralie qu’en éjour dans le pendant deux raduellement la paresse la 1elques obserqu’il désigne lesquelles des risonnés dans Darwin, celuiabeilles fussent ble. Est-il posysia pour sucer raison demanfais, quel qu'ait qui est décrite furieux », indiinstinct sous la on adoptée par > que les abeilles aussi incroyable ppelons que l'on s carnassiers (3).
ustinct chez les ans l'Appendice, Darwin camme ,n'en sont pas
au possède des s différentes réemarque qu’une
pousser un cri, b opposée, crient
es renvois à E. Dar-
L 563, rapportant des all (F, R. S.), Lewis s s'emparer de mou-
ARR ORARR NTEST
de toutes leurs forces lorsqu'elles se lèvent (1). Bechstein dit que, d'après une expérience de plusieurs années, il est certain que chez les rossignols, il y a une tendance héréditaire très nette à chanter soit au milieu du jour, soit pendant la nuit, tendance qui se transmet dans les familles et est strictement héréditaire (2). »
Le professeur Newton m'informe que le pluvier des dunes étendues du Norfolk et du Suffolk présente un cas curieux et instructif, Ces oiseaux ont l'habitude de construire leur nid sur le rivage, déposant leurs œufs dans un trou qu'ils creusent au milieu des galets. La mer s’est retirée à plusieurs milles des dunes en question, qui se sont recouvertes de gazon. Apparemment les pluviers ont continué à venir couver, pendant des générations innombrables, à l’endroit qui fut autrefois le rivage, mais qui a peu à peu reculé par suite de la distance croissante entre lui et la mer (3). Par conséquent, les oiseaux vivent maintenant sur de grandes surfaces recouvertes d'herbes au lieu de galets ; mais leur instinct de déposer leurs œufs sur des pierres persiste, car, après avoir creusé un trou dans le sol, ils rassemblent de petites pierres de tous les côtés, et en tapissent le fond du trou. Ceci a pour effet de rendre les nids très reconnaissables, et ce fait montre d’une manière frappante comment un instinct ancestral fixé peut, tout en restant en somme le même, dans des conditions nouveiles, varier néanmoins de telle sorte, par rapport à ces nouvelles conditions, que ce soit le début d’un nouvel instinct.
Comme autres exemples de la variation locale de l'instinct nidificateur, je puis rapporter à nouveau les cas très intéressants, précédemment cités, relatifs à la plasticité de l'instinct et au modelage de celui-ci par l'intelligence (4). Je veux parler du fait que plusieurs oiseaux du continent américain — notamment, un hibou, une fauvette, le pluvier vert, diverses espèces de troglodytes, et presque toutes les espèces d'hironfelles — ont adapté
(1) W. Thompson, in Natur. Hist. lreland, vol. II, p. 65, dit qu'il a observé ce fait et qu'il est bien connu des chasseurs.
(2) Stuben- Vôgel, 1840, p. 323. Voir, pour les différentes facultés vocales selon les endroits, 205 et 265.
(3) Cette explication n’est pas une simple probabilité a priori; elle est confirmée encore par le fait que ces mêmes dunes de sable sont actuellement l'habitat d’une espèce de lépidoptère qui, ailleurs, se trouve sur le rivage même.
(4) Voir plus haut, chap. x11; voir aussi plusieurs des exemples cités à l'Appendice,
la structure de leurs nids aux emplacements artificiels qui leur sont fournis par l’homme, exactement comme le fit, mais d'une façon plus lente et aussi sur une plus grande échelle, la colonie d’hirondelles de palmier de la Jamaïque. Mais, pour parler plus particulièrement encore des variations locales de l'instinct, je puis citer ici un fait pris dans le livre déjà cité du capitaine Coues : il montre que, même dans des parties différentes du continent américain, la même espèce d'oiseaux manifeste ces différences dans la manière de faire son nid. Il dit: « I n'y a pas à en douter : certaines hirondelles qui, dans l’Est, se servent maintenant d'une façon invariable des ressources que leur offre l’homme, habitent encore, dans l'Ouest, dans des trous des arbres, dans des creux de rochers ou dans des trous du sol », et il en cite plusieurs exemples (1). Enfin, il a été déjà remarqué que les moineaux domestiques manifestent des variations locales analogues de l'instinct quand ils viennent en contact avec les demeures de l’homme (2).
Si nous en venons maintenant à d’autres animaux, nous trouvons plusieurs cas instructifs de variation locale chez les mammifères. Telle est la curieuse habitude présentée par le bétail, dans certaines régions, et consistant à sucer des os.
L'archevêque Whately a fait sur ce sujet une communication à la Dublin Natural History Society, il y a plusieurs années. Récem. ment ce fait a été remarqué par M. Donovan, sur des bestiaux de Natal, et par M. Le Conte, sur des bestiaux des États-Unis (3). Cette habitude est probablement née de l'absence de quelque élément alimentaire dans l'herbe, et du fait que cet élément se trouve dans les os : aussi, si l'habitude en question se trouvait être utile aux bestiaux, au lieu d’être nuisible comme l'affirme Whately, il est aisé de voir qu’à l’état de nature les bestiaux pourraient, d’herbivores, devenir omnivores ou même purement carnivores. Probablement, les ancêtres du cochon ont passé par !1 première
(1) Op. cit., p. 394. Ce fait, ce me semble, tend à confirmer l’assertion de M. Edward (Zoo!., p. 6842), d’après laquelle l’hirondelle domestique présente, sur la côte du Banffshire, l'instinct local de bâtir son nid dans des creux de rocher ou sur les saillies de celui-ci.
(2; Quand les moineaux domestiques construisent dans les arbres, ce qu'ils font parfois, et ce qui doit être regardé comme un retour à l'instinct primitif, « l'édifice est très large (plus d'un yard (92 centim.) de circonférence) et recouvert d’un dôme. » (Yarrel, British Birds, 4e 6d,, part, X, p. 90.)
(3) Nature, vol. XX, p. 457.
ciels qui leur le fit, mais de échelle, la e, Mais, pour locales de l'in- \ cité du capidifférentes du manifeste ces . @ H n'y à pas e servent mainque leur offre rous des arbres, 101», et il en marqué que Îles ns locales anaact avec les de-
jaux, nous trouchez les mammiar le bétail, dans
, communication s années. Récemr des bestiaux de s États-Unis (3).
e de quelque éléa cet élément sc n se trouvait être e l’affirme Whastiaux pourraient, ment carnivores.
é par :1 première
firmer l’assertion de domestique présente, 4 dans des creux de
les arbres, ce qu'ils à l'instinct primilif, Lonférence) et recou* 90.)
L'INSTINCT. à
de ces phases. D'autre part, l'ours semble devenir omnivore, mais en partant d’un point de départ opposé : il est carnivore de nature, mais adopte assez fréquemment l’habitude de manger des herbes et du gazon.
A ce propos, je citerai un cas intéressant de passage d’habitudes herbivores à des habitudes carnivores, rapporté à l’Academy of natural science de Philadelphie, en 1873 (18 février) par M.W.-K.-G. Gentry. Un rongeur, le Scinus Hudsonius, qui, à l'exemple de ses pareils, est normalement herbivore, a pris, dans le voisinage du Mont-Airy, une habitude fréquente parmi les mustélidés, consistant à grimper aux arbres pour attraper les oiseaux et en sucer le sang. M. Gentry pense que ce passage d’habitudes herbivores à des habitudes carnivores peut être dû à la tendance qu'ont certains écureuils à sucer les œufs des oiseaux : le passage de cette dernière habitude à celle de sucer le sang des oiseaux étant de peu d'importance. Enfin, à ce propos, je puis citer un cas très analogue de variation locale marquée de l'instinct, se présentant chez un oiseau.
M. L.-H. Potts, écrivant à Mature (4 févr. 1872) de Ohinitahi, dit qu’à cette époque un perroquet de montagne (WVestor notabilis) manifestait « un changement notable dans ses habitudes : ses goûts de simple mangeur de miel se transformant en goûts sauvages de mangeur de viande. » En effet, « les oiseaux arrivent en bande et choisissent un mouton au hasard ; chacun se pose sur son dos à tour de rôle, arrache la laine et fait saigner l’animal jusqu’à ce qu’il se sauve du troupeau. Alors les oiseaux le poursuivent et le font courir jusqu’à ce qu'il soit épuisé et ait perdu la tête. Si, dans cet état, il se jette à terre et reste, aulant que possible, étendu sur le dos pour empêcher les oiseaux de becqueter la partie blessée, ceux-ci lui font un nouveau trou au flanc, et celui-ci, ainsi attaqué, meurt souvent à la suite de ses blessures.…. Ici, nous voyons une espèce indigène faire usage, pour sa subsistance, d’un animal récemment importé, et cela au prix d'un changement considérable dans ses habitudes naturelles ». Depuis l’époque où ce récit a été publié, la question est devenue très grave pour les éleveurs de moutons. Il paraît que les perroquets préfèrent les parties grasses de leurs victimes, et qu'ils ont appris à creuser la paroi abdominale de façon à tomber juste sur
l'enveloppe adipeuse des reins, ce qui, naturellement, tue les moutons.
Un autre exemple de variation locale dans l'instinct est fourni par Adamson qui affirme que les lapins de l’île de Sor ne creusent pas de terriers. Cette affirmation, bien qu'acceptée par E. Darwin, n’a été, que je sache, ni confirmée ni réfutée. Mais, à propos de l'instinct de creuser un terrier, je puis renvoyer avec plus de confiance au fait cité par Darwin dans l’Appendice, d’après le docteur André Smith, suivant lequel, « dans les parties non habitées de l’Afrique du Sud, les hyènes n’habitent pas des terriers, au lieu que, dans les parties habitées et troublées, elles en creusent pour y loger, Divers mammifères et oiseaux ont l'habitude de se loger dans des terriers creusés par d’autres animaux ; mais, quand ils n’en trouvent pas de tout faits, ils en creusent eux-mêmes ».
Dans l’/ntelligence des animaux, j'ai rapporté, d’après le Report on the zoology of Oregon and California du docteur Newbury, que les castors de ces régions ont une particularité consistant à ne jamais construire de digues : étant donné que la construction de ces travaux peut être regardée comme l’un des plus puissants instincts de cette espèce d’animaux, je pensai que l’absence de cet instinct chez les castors d'Orégon et de Californie constituait un remarquable exemple de variation locale de l'instinct, Toutefois, le professeur Moseley, qui à voyagé dans l’'Orégon, m'écrit que l'absence de digues construites par des castors est, à son avis, simplement due à l’ardeur avec laquelle on donne Ja chasse à ces animaux. « Les quelques castors qui restent sont trop sujets à être interrompus pour pouvoir construire des digues, ou pour que cela en vaille la peine. Aussi mènent-ils une vie plus ou moins errante dans les ruisseaux. » On remarquera, toutefois, que le professeur Moseley parle des « quelques castors qui restent », au lieu que le docteur Newbury dit à propos de la même région : « Nous renconträmes les castors en nombres dont je n'avais aucune idée, en tant qu'appliqués à des castors. » J'en conclus que, depuis le moment où le rapport du docteur Newbury fut publié, le nombre des castors a dû être beaucoup réduit par le fait des chasseurs. Mais, s’il en est ainsi, à l'époque où le rapport fut publié, l'explication du professeur Moseley pouvait à peine s'appliquer aux faits dont il s’agit. Je suis donc enclin à penser que nous sommes iei en présence d’un cas de variation locale de l'instinct, étant donné que la variation était déjà notable avant l'introduction des éléments perlurbateurs que signale le professeur Moseley, Quoi qu'il en soit, Loutelois, il est certain que les
act est fourni r ne creusent ar E.Darwin, , à propos de @ plus de conrès le docteur n habitées de rriers, au lieu creusent pour ide de se loger nais, quand ils -mêmes ».
‘après le Repor!
* Newbury, que consistant à ne construction de s plus puissants que l'absence de rnie constituait instinct. Toute- ’Orégon, m'écrit *s est, à son avis, e la chasse à ces ont trop sujets à digues, ou pour une vie plus où quera, toutefois, ; castors qui r'e$pos de la même res dont je n'a- Lors. » J'en coneur Newbury fut up réduit par le ue où le rapport pouvait à peine enclin à penser riation locale de à notable avant ignale le profes-
certain que les
castors solitaires d'Europe présentent une variation locale frappante de l'instinct, ayant non seulement perdu leurs habitudes sociales, mais ayant aussi cessé de bâtir capanes et digues.
Le dernier exemple de variation locale de l'instinct que j'aie à citer a déjà beaucoup attiré l'attention : il s’agit de l’aboiement du chien (1). L'habitude d'aboyer, bien qu’elle soit peut-être acquise et soit un résultat de la domestication, est à tel point innée et générale dans la majorité des races qu'elle mérite d’être regardée comme un instinct. Pourtant Ulloa remarqua qu’à Juan Fernandez les chiens n’essayaient pas d’aboyer jusqu’à ce qu'ils l'apprirent de chiens importés d'Europe ; leurs premières tentatives étant bizarres et peu naturelles. Linné remarque que les chiens de l'Amérique du Sud n’aboyaient pas après les étrangers. Hancock dit que les chiens d'Europe, lorsqu'ils sont emmenés en Guinée, « cessent d'aboyer au bout de trois ou quatre générations, et ne font que hurler à la façon des chiens indigènes de la côte ». Enfin, l’on sait bien que les chiens du Labrador n’aboient pas. II résuite de ce qui précède que l'habitude d’aboyer, qui est si générale chez les chiens domestiques qu’elle participe de la nature des instincts, varie néanmoins avec la situation géographique.
Variations spécifiques de l'instinct.
Aux exemples précédents de variations locales de l'instinct, j'ajouterai maintenant quelques exemples de ce que nous pouvons appeler les variations spécifiques de l'instinct; c’est-à-dire d’instinctsse présentant dans une espèce avec des caractères étonnamment différents de ce qu'ils sont dans les autres espèces. Après ce qui a été dit des variations locales de l'instinct, la valeur, en tant que preuves, des faits que nous allons étudier doit ètre évidente. Car nous devons nous attendre à ce que, siles conditions qui déterminent une variation locale de l'instinct demeurent constantes pendant un temps assez long, la variation se fixe par l'hérédité, et à ce qu'il se produise un changement d'instinct dans l’espèce —Changement qui devra se manifester par le contraste entre l’espèce en question et les espèces voisines, au point de vuedes
(1) Les chats fournissent un exemple analogue, car, d’après Roulin (cité par le docteur Carpenter in Contemp. Rev., vol. XXI, p. 311), les chats domestiques
du sud de l'Afrique ne poussent pas, à l’époque du rut, les sons particuliers qu'ils poussent en Europe.
instincts. Cette catégorie de preuves acquiert une valeur particulière quand nous pensons que c’est là ce que nous pouvons avoir de plus rapproché de la paléontologie des instincts. Les instincts, en cela dissemblables des organismes, ne se trouvent pas à l’état fossile, et, au cours de leurs transformations, ne laissent derrière eux aucun souvenir permanent, aucune preuve tangible de leurs modifications. Mais nous avons des preuves presque aussi évidentes de leur transformation que de celle des organismes, car si une espèce vivante, habitant une région limitée, manque marifestement des instincts qui en sont ailleurs caractéristiques, nous pouvons à peine douter que cette absence ne soit réellement une absence, un abandon : c’est-à-dire que, à l’origine, les instincts étaient les mêmes dans toutes les espèces du genre, mais que, par suite de conditions locales particulières, il s'est produit des variations locales de l'instinct qui ont continué jusqu’à devenir héréditaires : d’où l'abandon de certains instincts par une espèce, abandon qui n'existe pas chez les autres; d’où, en somme, la différence des imstinets (1).
Pour être bref, je me bornerai à choisir mes exemples parmi les oiseaux.
L’énoncé concis qui suit, relatif à la puissance de l'instinct parasitaire chez les deux seuls genres d'oiseaux où on le connaisse, est cité, d'après une note de l'éditeur de Land and Water (1 septembre 1867) : ii fournit de très remarquables et intéressantes données relativement à l'existence et l'absence de cet instinct dans les diverses espèces composant ces deux genres.
« Le seul genre d'oiseaux (en dehors des coucous) que l’on connaisse actuellement comme ayant l'habitude de confier ses œufs à la garde d'étrangers est le molothrus, et les habitudes parasitaires
(1) D’après les remarques qui précèdent, on voit que je ne suis pas d’accord avec M. Darwin, qui dit dans l’Appendice que les cas de variation spécifique de l'instinct sont des obstacles à la théorie du développement ou de l’évolution graduelle des instincts. Au contraire, par les raisons données plus haut, je regarde ces cas comme confirmant la théorie. L'origine de cette différence d’opinion vient de ce que, pendant que M. Darwin désire, par-dessus tout, trouver des preuves de l'existence d’un enchaînement dans la formation d'un instinct, je pense qu'il serait déraisonnable de s'attendre à lrouver ces preuves dans tous les cas d'instinct, si même cela n'élait pas incompatible avec la théorie d'après laquelle d'innombrables instincts doivent leur existence présente à la destruction, par la sélection naturelle, des animaux qui les avaient à un moindre degré de perfection, Je reviendrai sur ce point dans un chapitre ultérieur.
BÉESe erese
LAUX,
1e valeur particu- US pouvons avoir cts. Les instincts, uvent pas à l’état laissent derrière tangible de leurs presque aussi évis organismes, Car itée, manque macaractéristiques, ce ne soit réellele, à l’origine, les spèces du genre, lières, il s'est procontinué jusqu’à instincts par une : d’où, en somme,
s exemples parmi
ance de l'instinct ù on le connaisse, ind Water (1 sepet intéressantes e de cet instinct nres.
us) que l’on conconfier ses œufs à tudes parasitaires
ne suis pas d'accord ariation spécifique de )u de l’évolution graplus haut, je regarde différence d'opinion us tout, trouver des ion d'un instinct, je 8 preuves dans tous ec la théorie d'après ente à la destruction, in moindre degré de rieur.
D ERA Er pe eee
du M. pecoris de l'Amérique du Nor par les ornithologistes que cite no verses autres espèces dans ce g
sitaire à été observée dans l'une d'elles par M. Darwin.
Les molothrus sont des oiseaux appartenant à la américaine des Cassicidæ, corr
l'ancien monde : ils sont presque sempb]
d ont été amplement décrites
alie, sont bien COnnus pour Jeur Caractère parasitaire. Tout d’a
bord, il Ya les très nombreuses espèces de cuculus vrai, avec ses variétés, habi-
tant l'Asie du Sud, l'Afrique et l'Australie, principalement. Puis, les coucous à crèle (coccystes), Par exemple le €. Jlandürius, qui est assez Commun en Espagne, et que l’on a vu dans notre pays. Get oiseau dépose ses œufs dans le nid des pies et des corbeaux, Une autre espèce, le €, melanoleucus, très commun dans l'Inde, choisit, pour y glisser ses œufs, les nids d'un ge liculièrement br le malacocercus (Souvent appelé dért-birds « oise comme cet oiseau Pond un œuf bleu, sans taches, analogue, par les Couleurs, à celui de l'Accentor Modularis, l'œuf du coucou particulier qui recherche ce nid est d’une teinte presque analogue, bleu verdâtre, et sans taches, Un autre oiseau très Commun de celle famille dans l'Inde, est l'£udynamis orientalis, dont Je mâle est noir de charbon, avec un œil comme un rubis, et la femelle est Magnifiquement lachetée, On Peut en voir en ce moment un AU Couple dans les volières des Zoulogical Gardens. Cet oiseau de l'Inde dépose invariablement Son œuf dans an nid de Corbeau, el cet œuf ressemble par la Couleur et les taches à celui du corbeau. Diverses espèces de cet oiseau habitent les îles asiatiques : une autre habite l’Australie, et comme ce n'est PAS un oïseau mi- Staleur, il s'ensuit que l'habitude Parasitaire est indépendante de toute nécessité migratoire, Cet autre étrange oiseau du genre Coucou, Le Scythrops Nov Hollandiæ, est Connu comme étant parasile, car on à Vu à plusieurs reprises ses petits soigné
Par d’autres oiseaux : C'est donc un lapsus calami lorsque M. Gould,
it un oiseau de « femelle OCCupée à couver ».
Mais les Cenl'opus, oiseaux très communs et très abondants dans
l’Asie du Sud, dans l’Afrique et l'Australie, ne sont pas parasitaires; nous avons des raisons de croire que les phœænicophaus et genres voisins, qui habitent les mêmes régions géographiques, ne sont pas non plus parasitaires. Parmi les cuculidæ d'Amérique, les espèces de coccyzus sont presque semblables aux coucous à huppe (coccystes) du grand continent, et ceux-ci corime les cuculidæ parasitaires, pondent leurs œufs à de longs intervalles, de sorte que l’on trouve dans le même nid des œufs et des jeunes d'âges différents, tandis que des jeunes plus avancés, qui ont quitté le nid, sont encore nourris par les parents, tant qu'ils demeurent dans le voisinage immédiat du nid, on peut observer !e même fait à l'égard du genre sérix tel qu'il est actuellement constitué. Chez les crotophaga qui ont beaucoup de points communs avec les centropus du continent et, en même temps, présentent certaines habitudes tout à fait spéciales, une troupe de ces oiseaux construit en commun et, généralement sur un arbre élevé, un «immense nid tressé comme un panier » dans lequel « piusieurs parents pondent leurs œufs et élèwent une famille commune ». M. Richard Hill, dont les assertions, em fait d'ornithologie de la Jamaïque, méritent toute confiance, d'après M. Gosse, fait les remarques suivantes : « Une demi-douzaine de ces oiseaux s'unissent pour bâtir un seul nid, assez grand et spacieux pour les renfermer tous et pour leur permeiltre d'élever leurs petits ensemble. » Tous ces faits différents doivent être présents à l'esprit des naturalistes qui vou t expliquer les habitude: parasitaires des différents cueui: des molothrus, qui n’ont aucun autre trait commun avec us genres parasitaires des cucu-
q {a ter alt «l?
lud le | el « l'ob mot son Te pas men
lidæ. »
L'oie des plateaux (Upland goose) de l'Amérique du Sud nous
fournit un admirable exemple de variation spécifique de l’instinet, variation devenue tout à fait fixée. Ces oiseaux sont de véritables oies, à pieds bien palmés; pourtant ils ne vont jamais à l’eau, s ce n’est peut-être un peu après l’éclosion des petits et, alors, pour la protection de ceux-ci. De même, M. Darwin, dans ses manuscrits, dit de ces mêmes oies en Australie, qui ont aussi des pattes bien palmées, que « leurs pattes sont longues; elles courent comme des vallinacés et n’entrent que rarement dans l’eau, souvent elles n’y entrent jamais. M. Gould m'’apprend qu'il les croit absoluent terrestres, et l'on me dit au Jardin zoologique que ces oies et celles des îles Sandwich semblent tout à fait maladroites dans
nt pas parasiænicophaus et raphiques, ne æ d'Amérique, aux CouCous à name les cuCuintervalles, de ; et des jeunes ancés, qui ont tant qu'ils depeut observer € Luellement conjoints communs mps, présentent roupe de ces 0!
: un arbre élevé.
ans lequel « piuane famille contw fait d'ornithod'après M. UOSSe, ne de ces o1s8aux et spacieux pour Hever leurs petits être présents à er les habitudes thus, qui mont itaires des Cucu-
que du sud nous ique de l'instinet, sont, de véritables jamais à l’eau, S!
its et, alors, pout . dans ses manu” t aussi des patles s courent COMME au, souvent elles les croit absoluique que Ces oies maladroites dans
l'eau. Les manuscrits de Darwin indiquent aussi que « le flamant à longues jambes a aussi des pieds palmés; pourtant il vit dens les marécages et ne marche dans l'eau que très rarement, encore faut-il qu’elle soit très peu profonde. La frégate, avec ses jambes très courtes, ne se pose jamais sur l’eau; elle ramasse sa proie à la surface avec une adresse étonnante; pourtant ses quatre orteils sont unis par une membrane, mais celle-ci est considérablement écuancrée entre les orteils et tend à devenir rudimentaire.
«D'autre part, il n’existe pas d'oiseau plus complètement aquatique que la grèbe, et pourtant ses orteils sont simplement bordés d'une membrane assez large. On voit partout nager et plonger avec une aisance parfaite la poule d’eau; pourtant ses orteils allongés sont bordés d’un très petit repli membraneux. D’autres oiseaux très rapprochés des précédents, des genres c'ex, passa, etc., peuvent. nager aisément, bien qu'ils aient à peine des traces de membranes; en outre, leurs longs orteils semblent très bien adaptés pour marcher dans les sols marécageux les moins compactes et sur les plantes flottantes; pourtant le râle commun appartient à l’un de ces genres, ses pattes sont constituées de même, et il fréquente les prairies, et est à peine plus aquatique qu'une caille ou une perdrix. »
Les manuscrits de Darwin citent encore en détail des cas analogues, tels que ceux de perroquets et de pics de terre, des hylas, qui ont abandonné leurs habitudes de grimper aux arbres; pourtant les organes particulièrement adaptés à ces habitudes persistent. De même, le faucon à queue d'hirondelle est cité comme altrapant des mouches au vol, comme une hirondelle; un pétrel, «l'oiseau le plus aérien de tous », comme ayant adopté les habiludes du pingouin ; ils citent encore le Cinclus aquaticus, qui court le long des fonds de ruisseaux, se servant de ses ailes pour nager, et de ses pattes pour attraper des pierres sous l’eau, «et pourtant l'observateur le plus attentif n’eût jamais pu prévoir ce singulier mode d'existence en examinant, avec le soin le plus minutieux, son mode d'organisation. »
Tous les cas cités plus haut sont rapportés par M. Darwin, non pas au point de vue de l'instinct, mais pour fortifier son argument d’après lequel les organes adaptés sont développés par la sélection naturelle, et non pas par une création spéciale et intenlionnelle, Je m'en suis servi à propos de l'instinet, parce que, si
nous croyons déjà à l’évolution naturelle des organes, les cas de ce genre offrent les meilleures preuves possibles des variations de l'instinct. Comme évolutionnistes, nous ne saurions avoir de meilleure preuve de l'existence ancienne d'instincts actuellement disparus que celle qui est fournie par la présence d'organes spéciaux, à présent inutiles, qui dans des espèces voisines sont en rapport avec des instincts spéciaux. Nous devons toujours nous rappeler, ainsi qu'il en a été fait déjà la remarque, que les instincts ne se fossilisent pas comme les organes, et, par conséquent, que nous ne pourrons jamais obtenir la preuve historique directe de leur transformation. Ce qui peut le mieux, ce me semble, reraplacer cette preuve directe, c’est le témoignage fourni par la persistance d'organes indiquant des instincts qui n'existent plus et sont tombés en désuétude. Un témoignage, analogue en nature, mais plus faible en degré, est fourni par les cas où une espèce d’un genre, ou un genre d'une famille, manifeste un instinct qui est particulier à cette espèce ou à ce genre, c'est-à-dire les cas où cet instinct n'existe pas chez les espèces et genres alliés; car ceci montre, si nous acceptons la doctrine de la transformation des espèces, que l'instinct particulier doit avoir pris naissance dans l'espèce ou le genre particulier en question, après que cette espèce ou ce genre s’est éloigné du type plus ancestral, De tels cas d’instinct spécifique ne sont pas rares : je parle des cas du genre, par exemple, de celui du Melanerpes formicivorus de Californie, qui possède un instinct très curieux et particulier qui le pousse à emmagasiaer des glands dans les cavernes de l’écorce du Pinus ponderosa, pour s’en nourrir plus tard; instinct que ne possède aucun des oiseaux de cette espèce (1).
Mais les cas où l’on voit qu’un instinct est spécial à une espèce ou à nn genre sont si fréquents que je sens qu’il serait inutile de les énumérer, étant donnés les cas plus concluants que je viens de citer: cas plus concluants, parce que les instincts disparus se
A4) D'après M. O. J. Jackson (Proc. Boston Nat, Hist. Society, vol. X, p. 227), les glands choisis nour être mis en réserve sont seulement ceux qui sont occupés par des larves de diptères, lesquelles larves servent de nourriture aux jeunes, au printemps suivant. Les glands sont introduits dans des trous spécialement préparés pour eux, et qui sont si bien ajustés que, lorsque les larves se transforment, les mouch:8 ne peuvent s'échapper; elles sont de la sorte emprisonnées dans un garde-manger jusqu’à ce qu’elles soient nécessaires aux jeunes oiseaux. — Voir aussi J, K, Lord, Naturalist in Vancouver’s island, vol. Ier, p. 289-202, et tñe Ibis, 1868,
LÉ Ge is M lets Bat à cn CEE AMEN 16 2e UE CRU TRS a
efberals
nes, les cas de 8 variations de s avoir de meiltuellement disganes spéciaux, sont en rapport ; nous rappeler, ; instincts ne se quent, que nous , directe de leur mble, remplacer ar la persistance nt plus et sont , en nature, Mais une espèce d’un instinct qui esl dire les cas où cet ss alliés; car ceci ansformation des ris naissance dans rès que cette €sestral. De tels Cas des cas du genre, pus de Californie, er qui le pousse à l'écorce du Pinus t que ne possède
écial à une espèce il serait inutile de ants que je viens tincts disparus s6
ciety, vol. X; P- 221).
eux qui sont OCCupEs riture aux jeunes, al us spécialement pré- 8 larves se transfora sorte emprisonnées s aux jeunes oiseau.
, vol. Ier, p. 289-292,
L'INSTINCT. je
trouvent avoir été de nature telle qu'ils ont nécessité des organes spéciaux pour s'exercer, organes qui maintenant survivent à leur emploi ancestral (1).
Enfin, nous ne devons pas oublier le fait important que nous sommes loin d’être dépourvus de preuves de la transformation de l'instinct constatée par l'observation actuelle et directe ; tel est le cas, par exemple, pour les canards de Ceylan, qui ont perdu leurs instincts aquatiques (ressemblant en ceci aux oies des plateaux), pour les moineaux et hirondelles, qui bâtissent leur nid sur les maisons au lieu des arbres; pour les insectes, oiseaux et mammifères normalement herbi- et frugivores devenant subitement carnivores, etc., etc. Tous ces cas de variétés locales de l'instinct sont en réalité autant de cas de variétés de race, et le pas à fran-
chir pour arriver à des variétés spécifiques n’est évidemment pas grand.
Le)
(t) Les plus suggestifs de cette classe de faits sont ceux où l’espèce qui manifeste un instinct spécial se trouve avoir été dispersée sur de vastes espaces géographiques, après le moment où l'instinct est né, et se retrouve maintenant dans différentes parties du monde, vivant dans des conditions différentes, et pourtant conservant le même instinct spécial. Ainsi, par exemple, « on retrouve dans toutes les parties du monde des espèces de mygales, dans des régions plus ou moins localisées »; il en est de même pour les fourmis moissonneuses d'Europe et d'Amérique. La grive de l'Amérique du Sud garnit son nid de boue comme le fait la nôtre ; le calao d'Afrique et d'Inde présente le même instinct, qui le pousse à enfermer sa femelle dans des trous d’arbre avec du plâtre, ete., etc.