CHAPITRE II
Nous avons déjà considéré comme acquis que les facultés mentales ont leur base physique dans les fonctions du système nerveux, ou que chaque processus mental a un correspondant équivalent dans quelque processus nerveux. Je voudrais maintenant montrer combien cette équivalence est précise.
Nous avons vu que l’action ganglionnaire consiste en ondes nerveuses nées dans les cellules, passant dans d’autres cellules au moyen de filets, et suscitant dans celles-ci de nouvelles ondes du même genre. De plus, nous avons vu que cette course des impulsions nerveuses à travers les ares nerveux n’est pas indéterminée, confondue avec d’autres ; au contraire, grâce à la disposition anatomique des ganglions, elle se produit dans certaines directions déterminées, de sorte que le résultat, exprimé par un mouvement musculaire, montre que la fonction du ganglion consiste à centraliser l’action nerveuse, ou à la diriger dans ües voies déterminées. Enfin, nous avons vu que cette fonction directrice ou centralisante des ganglions a, probablement, dans tous les cas, pris son origine dans le principe de l'habitude combiné avec celui de la sélection naturelle.
On sait, d’après des expériences sur les animaux inférieurs, aussi bien que d’après les effets des maladies cérébrales chez l'homme, que la partie du système nerveux qui, chez tous les vertébrés, semble exclusivement en jeu dans toutes les opérations
mentales n'est autre que le cerveau, ou hémisphères cérébraux. On appelle ainsi la partie circonvclulionnée de l’encéphale, qui se montre sous le crâne, et surmonte toute la série des ganglions ou centres nerveux qui occupent le reste du tractus cérébrospinal. Comme quelques-unes au moins de la quantité énorme des cellules ct fibres constituant les hémisphères cérébraux sont en relation avec ces ganglions inférieurs, il n’est pas douteux que les hémisphères ne soient capables de jouer de ces ganglions comme d'autant d'instruments, dont la fonction consiste à mettre en mouvement tel ou tel groupe de muscles. Les recherches de
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