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ci; une inducconsacré une ‘xamen et à la ins la majorité remarque, que le d’une règle, cas exceplionnement erroné, e à une énumé-
veloppement de avee la percepnest un oiseau,
u punclum CæeU sinantes de cette partie intégrante sentons pas, dans le surplus de la inconsciente que selle est sirapide, induction a été si la sensation que, ction mentale est plication du fait; éductives qui pré e qu’elle reçoit des subitement mis En faits est l'exemple qui M. Cheselden e citerai quelques
ellement incapable >s distances, qu'il ets touchaient ses Ouchait sa peau; il x qui étaient lisses jugement sur eur el objet, lui était
vu la perception faire ées.
agréable. fl ne connaissait la forme de rien, ne distinguait aucun objet d’un autre, si différents qu'ils pussent être de forme et de dimension ; mais Lrsqu'on lui dit ce qu'étaient les objets dont il connaissait déjà la forme, grâce au toucher, il les observait attentivemeni, de facon à les reconnaître ; mais, ayant trop d'objets à connaître à la fois, il en oublia beaucoup; comme il le dit, il apprit à connaître, puis oublia mille objets par jour. Je ne citerai qu'un détail, bien qu'il puisse sembler puéril. Ayant souvent oublié quel était le chat et quel le chien, il avait honte de le demander; mais il attrapa le chat, qu’il connaissait bien par le toucher, il le regarda attentivement, puis, le mettant à terre : «Ah! ah! Minet ! je vous reconnaîtrai une autre fois! » Nous crèmes qu'il comprenait ce que représentaient les images qu'on lui montrait ; mais nous nous aperçûmes ensuite que nous nous trompions ; environ deux mois après l'opération, il découvrit tout à coup qu'elles représentaient des solides ; jusqu à ce moment, il les avait regardées comme des plans à demi coloriés ou des surfaces diversifiées par plusieurs couleurs; mais, même dans ces conditions, il ne fut pas moins étonné; il s'attendait à ce que les images donnassent au toucher la même sensation que les objets qu’elles représentaient ; il fut très surpris en voyant que les parties qui, grâce aux ombres et aux lumières, paraissaient rondes et inégales, donnassent la même sensalion d’uni que le reste, et il demanda quel était le sens qui mentait : la vue ou le toucher ? »
Le docteur W.-B. Carpenter cite un cas quelque peu analogue, qu'il lui fut donné d'observer (1); mais, considérant l'exemple qui précède comme suffisant pour les besoins de notre théorie, il est évident que l’enfant, lorsqu'il put voir pour la première fois, n'était point en étai de compléter les perceptions visuelles au moyen d’une induction mentale quelconque, seule capable de donner à ces sensations quelque utilité pratique, en tant que guides ou excitants à l’action; c’est-à-dire qu’en l'absence de ces inductions les perceptions élaient imparfaites. Mais il se mit immédiatement à établir, ayant la conscience de ce faire et de propos délibéré, ces associations innombrables qui existent entre la vue et le toucher, associations qui sont habituellement acquises dès latendre enfance et qui sont nécessaires pour constituer les données des inductions mentales qui nous occupent maintenant. Le nombre
(1) Human Physiology, 7° éd., p. 103. Pour détails, voir Contemp. Review, vol, XXI, p. 781, 782,
PE au.
PR
des associations spéciales nécessaires étant si grand et leur nature si variée, nous pouvons à bon droit nous étonner que, même dans l’espace de trois mois, cet enfant ait pu progresser à un point tel qu'il ait pu sentir sa perception visuelle mise en défaut par les artifices des ombres et de la perspective; mais j'aurai tout à l'heure à revenir sur ce point. Pour le moment, ii suffit de se rappeler que l'utilité de toutes nos perceptions visuelles dépend du supplément inductif mental que fournit l'association habituelle, et, naturellement, nous ne saurions douter qu’il en soit de même pour les perceptions fournies par les autres sens (1).
Je me représente donc le premier et le plus élémentaire degré de l'induction comme étant celui où, en vertu de l'association constante, l'acte inductif est organiquement uni à une percep-
| tion sensitive : l’acte fait partie intégrante de cette perception et se trouve ainsi dans l'impossibilité de jamais émerger dans la conscience sous forme d’un acte mental isolé, distinct. La phase sui- 1 vante, dans le processus inductif, est celle qui, pour M. Spencer, N représente la première phase. Cette phase, selon ses expressions, { « c'est ce raisonnement au moyen duquel sont connues la grande majorité des coexistences et séquences qui nous entourent (2) ». Ceci revient à dire que, lorsque les groupes habitnellement coexistants d'objets extérieurs, d’attributs et de relations reconnus deviennent trop nombreux et trop complexes pour pouvoir être tous reconnus simultanément, ou lorsque le premier d’une série de groupes habituellement successifs se présente, les objets, attributs et relations qui ne sont pas perçus sont induits. Par exemple, si un chasseur, qui chasse la bécasse sous bois, voit | s'envoler dan: le feuillage un oiseau ayant à peu près la taille et l la couleur de la bécasse, sans avoir le temps d'en voir plus, il complèle, par induction, les autres caractéristiques de la hécasse, I après quoi, il est tout dégoûté, s'apercevant qu’il a tué un merle.
(1) Comme le remarque Adam Smith dans ses commentaires sur ce cas : «Quand le jeune garçon dit que les objets qu’il voyait touchaient ses yeux, il ne
voulait certainement pas dire qu’ils pressaient sur ceux-ci ou que ceux-ci leur rt- e sistaient.,, Il ne pouvait vouloir dire autre chose que ceci, c’est que les objets I étaient très près de ses yeux ou, pour parler plus exactement peut-être, dans ses e yeux. Un sourd qui entendrait tout à coup pourrait même dire assez naturelle-
ment que les sons qu’il entend touchent ses oreilles, voulant dire par 1à qu'il les
sent très rapprochés de son oreille, ou, plus exactement encore, qu'il les sent Q comme étant dans elles, » ; ca (2) Principles of psychology, vol, Ie*, p. 458.
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La chose m'est arrivée, je pouvais à peine croire que le merle fût l'oiseau sur lequel j'avais tiré, tant le complément fourni par mon esprit à ma perception visuelle avait été complet. Et, sans m'attarder à donner des exemples, il est évident que les mêmes principes s’appliquent au cas des séquences habituelles.
La seconde phase de l'induction est donc atteinte lorsque, par suite d’une association constante d'objets, qualités ou relations de milieu, une association d'idées également constante se produit dans l'esprit, correspondant à la précédente; de telle sorte que, lorsque certains termes du groupe sont perçus, les autres termes sont induits. L'induction, à cette phase, ressemble à ce qu’elle est dans la phase précédente, en un sens, et diffère en un autre. La ressemblance consiste en ce que l'acte d’induction est trop rapide pour pouvoir être reconnu par la conscience sous forme d'un acte mental séparé ou distinct de la perception. La différence consiste en ce que la réflexion ultérieure peut montrer que l’acte d'induction était distinct de l’acte perceplif, et a dé être séparé de lui par un court intervalle de temps; l'induction n’a pas, comme dans le cas précédent, fait partie intégrante de la perception.
La troisième phase que nous pouvons reconnaître dans l’induction, c’est, je crois, celle où il y a comparaison consciente des objets, qualités ou relations. Ici, nous arrivons à la ratiocination au sens propre du mot; mais nous n’en sommes pas, nécessairement, à la pensée consciente d’elle-même. A cette phase, nous faisons ce que M. Mivart appelle les « inductions pratiques », c’està-dire que nous comparons un groupe de raisons à un autre, mais sans y penser en tant que raisons, Ainsi, par exemple, si je rencontre, sur une route déserte d'Irlande, un homme à mauvaise figure, je puis commencer à réfléchir consciemment aux probabilités qu’il peut y avoir pour qu'il fasse partie de la « confrérie », pour qu’il soit à m'attendre; mais je réfléchis à la chose tandis que nous approchons l’un de l’autre, et sans attendre pour réfléchir à mes pensées. Si je m'arrête à réfléchir, je sais que j'ai été engagé dans un processus de raisonnement ; mais j'y ai été également engagé,que je réfléchisse ou non, plus tard, à ce processus, en tant que processus.
Enfin, la phase la plus élevée dans le raisonnement est celle où ce processus peut être consciemment reconnu en tant que processus et devient lui-même un objet de connaissance. C’est à cette phase qu'il est pour la première fois possible d’abstraire volontai-
rement les qualités et relations, pour les besoins de l'induction.
C’est ici donc qu'il est pour la première foi: possible de se servir de symboles, pour les idées, au lieu des idées eiles-mêmes ; c’est ici que la logique des signes sort pour la première fois de la logique des sensations. Dans mon premier ouvrage, j'aurai beaucoup à dire sur cette dernière phase; mais, comme elle ne se rencontre que chez l’homme, je n'ai plus rien à en dire ici.
Si nous étudions les animaux, il est évident que nous devons rencontrer chez eux la première phase, la phase perceptive de l'induction ; autrement, tout leur mécanisme perceptif devrait être supposé différent du nôtre. Mais ce mécanisme ne peut être démontré différent qu’à un seul égard : nous avons cité le fait dans les chapitres précédents, en montrant que les oiseaux nouveau-nés et les jeunes mammifères sont en état, sans l’exptrience individuelle nécessaire à l’homme, de fournirimmédiatement et correctement toutes les inductions mentales nécessaires pour compléter leurs perceptions sensitives. Naturellement l'explication de ce fait doit être que l’hérédité, dans ce cas, a déjà fait sa besogne, de sorte que le jeune animal vient dans le monde avec ses dons mentaux d’induction perceptive aussi développés et aussi effectifs que ses aptiludes organiques à percevoir les sensations, Mais une question se pose : Pourquoi n'en est-il pas de même pour l'homme ? Il n’en est pas ainsi; les résultats observés par M. Cheselden, dans le cas cité plus haut, sont suffisamment probants à cel égard; mais pourquoi ne devrait-il pas en être de même pour l’homme que pour les animaux ? voilà ce qu’on ne voit pas aussi clairement; on ne s’en est pas encore assez occupé; car ce n’est que depuis les expériences de M. Spalding que les faits relatifs aux animaux sont connus (1). Je crois que la réponse à faire est la suivante :
Tout d’abord il n’y a pas de faits établissant que, même chez l'homme, l’hérédité n’a pas joué un rôle très important (moins important cependant que chez les animaux) dans l'opération consistant à fournir le mécanisme de l'induction perceptive. En fait, je crois que quelques preuves démontrent l'existence de ce
rôle, car ce n’est qu’en la supposant et en l’admettant que nous
(1) Ou, pour mieux dire, aussi bien connus. Houzeau avait indiqué que, tandis que les jeunes enfants sont incapables de localiser une douleur ou une sensation quelconque, les veaux nouveau-nés le font avec précision. (Fac. ment, des anim.,
t. ler, p.52.)
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l'induction.
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, nous devons perceplive de ceptif devrait e ne peut être ns cité le fait s oiseaux nouit, sans l'exptimmédiatement écessaires pour ment l'explica- 1s, a déjà fait sa ; le monde avec veloppés et aussi r les sensations.
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pourrons expliquer comment le jeune garçon opéré par M. Cheselden, et dont le cas a été si attentivement relevé par cet auteur, fut capable, après un temps si court (trois mois) de percevoir les effets illusoires produits par les ombres et la perspective dans un dessin. Mais, même si l’on admet que l’hérédité a joué ici un rôle important, il y a encore, sans doute, à expliquer la grande différence existant dans le degré de son influence, lorsqu'on compare ce qu’elle est chez l’homme à la perfection absolue qu’elle atteint chez les animaux inférieurs. Mais je crois qu’il y a deux considérations qui, ensemble, suffisent à expliquer cette différence. Tout d’abord, nous avons déjà vu, en traitant des aptitudes instinctives héréditaires des animaux, que le mécanisme de ces aptitudes est sujet à être dérangé, s’il ne peut entrer en plein fonctionnement à l’époque de la vie où normalement il eût dû le faire, Aussi, dans le cas du jeune garcon cité plus haut, il semble très probable que durant les douze années de sa cécité congénitale, quelles que pussent être ses aptitudes héréditaires à fo:mer des inductions perceptives relativement à la vue, ces aptitudes ont dù avorter en grande partie par suite de l’impossibilité à étre employées, si ce n’est même mises totalement hors d'usage. L'autre considération est la suivante : durant ces douze années ses facultés d’induction perceptive n'étaient pas paresseuses: elles étaient entièrement et d'autant plus fortement reportées sur l’ouïe et le toucher. IT est donc très probable que, même dans cette région inférieure de l'induction, les liens solides organisés entre cette faculté et les perceptions du toucher et de l’ouïe rendaient d'autant plus difficile pour cette faculté de former de nouveaux liens avec les perceptions visuelles. Plus encore : je crois qu’il n’est pas improbable que l'esprit humain, si communément occupé de processus d'induction de degré supérieur, serait moins en état de constituer, par des associations inconscientes, un mécanisme d’induction perceptive ou automatique, que l’esprit moins perfectionné d’un animal placé dans les mêmes circonstances. Néanmoins, et malgré ces considérations, je pens® que cela vaudrait la peine de faire l'expérience suivante : garder un animal avec les yeux bandés dès la naissance, jusqu'à ce qu'il eût un an ou deux, afin de voir, lors de l’ablation du bandeau, si les facultés d’induction perceptive ressemblent ou non à celles
d'un animal de même espèce, telles qu'elles existent à la naissance.
La seconde phase de l'induction (la seconde d’après ma classification) existe également chez les animaux : c’est là un point que nul ne me refusera, bien que, naturellement, certains psychologues puissent objecter à ce que j'appelle ce cas particulier de l'association des idées du nom d’induction. J'ai éjà dit dans le chapitre qui traite de la mémoire et de l’association des idées, qu’il est impossible de dire quels sont réellement les animaux les plus inférieurs possédant ces facultés ; il est donc plus impossible encore de dire où, dans l’échelle zoologique, commencent la première ou la deuxième rhase. Nous pouvons seulement dire que là où existe une perception visuelle ou autre, qui en tant que | perception, a à former quelque appréciation de la distance ou d’une autre relation simple non fournie directement par la sen- D
sation, mais mentaloment déduite de la sensation, là nous devons : c supposer que la première phase de l'induction se rencontre ; et 8 que partout où il y a une association des idées telle que l’exis-
M de 7,
tence d’une perception réveille la connaissance induite d’un com- cl plément de cette perception, ou l’anticipation inductive d’un évé- A | nement futur, doit exister l'induction à sa seconde phase. Bien que « | nous ne soyons pas en état de tracer des lignes de démarcation ve
précises, nous savons que ces deux conditions se rencontrent ra assez bas dans l’échelle des invertébrés. bé
La phase suivante est la plus élevée que l’on rencontre parmi D’. les animaux. C'est la phase où les objets, qualités et relations ces sont délibérément comparés avec l'intention de percevoir les au analogies et les dissemblances : l'acte qui suit est donc entrepris cas
avec la connaissance ou la perception des relations entre les moyens employés et le but à atteindre. C’est ici, je l’ai déjà dit, la première phase à laquelle convienne véritablement le nom Raison ou Ratiocination : c’est ici que j’emploierai pour la pre- tum mière fois ce mot. Nul ne saurait douter, ee me semble, que cette On phase de l’induction ne soit atteinte par presque tous les animaux l
à sang chaud et même par quelques invertébrés. Si quelqu'un en re doutait, je le renverrais à mon précédent ouvrage, car les exem- D oœu ples cités là sont si nombreux qu'il serait fastidieux d’en repro- L lac!
duire ici, même les plus frappants (1),
(1) Voulant citer un exemple frappant de raison chez l’animal qui se rapproche le plus de l'homme, et remplir une lacune de mon précédent ouvrage, je citerai ici un passage extrait du livre du docteur Bastian sur le Cerveau, organe de la pensée (éd, anglaise, p, 329) : « A l'égard de la haute intelligence de l'orang,
ma classif-
in point que
1s psycholorticulier de dit dans le »n des idées, , animaux les us impossible encent la preent dire que en tant que a distance où nt par la sen- [à nous devons rencontre ; et lle que l'exisuite d’un COM ctive d’un évéshase. Bien que de démarcation se rencontrent
oncontre parmi tés et relations e percevoir les donc entrepris Ations entre Îles je l'ai déjà dit, lement le nom ai pour la preemble, que cette tous les animaux si quelqu'un en pe, CAT les exemjeux d’en repro-
mal qui se rapproche t ouvrage, je citeral rveau, organe de la elligence de l'orang,
A mon avis, les plus remarquables de ces exemples sont ceux qui se rapportent aux hymén\ptères, car bien que cette faculté n’atteigne pas chez eux le niveau qu'elle atteint chez quelquesuns des vertébrés à sang chaud, elle a atteint certainement plus qu'un développement proportionnel chez eux, soit que nous considérions lenr position dans l'échelle zoologique, soit que nous examinions l'organisation générale de leur psychologie, comparée à celle des autres animaux. De telle sorte que si toute leur organisation psychologique était parallèlement développée, ces insectes mérileraient d'être placés sur le même niveau psychologique que les oiseaux, si ee n’est même que quelques des plus intelligents parmi les mammifères. Toutefois, je ne dissimule pas que la nature particulière de l'intelligence des fourmis et des abeilles rend très difficile toute comparaison avec l’intelligence des animaux supérieurs.
Une autre difficulté particulière, en ce qui concerne la raison chez les animaux, est celle qui se présente à propos du castor, Ainsi que je l’ai fait remarquer dans l’/ntelligence des animaux, « d’une part, il semble incroyable que le castor puisse s’élever à un niveau de pensée abstraite tel que celui qui impliquerait le fait de construire ses différents édifices dans le but délibéré de parvenir aux fins qu'assurent ces mêmes constructions. D'autre part, nous l'avons vu, il semble presque impossible que ces constructions soient dues à l'instinct. » Les constructions auxquelles il était fait allusion à ce propos sont les canaux des Castors ; les faits que je citais à cet effet étaient exclusivement
nous avons l’exemple suivant, rapporté par un auteur dont le témoignage est excellent, par Leurei, qui dit (Ana. comp. du syst. nerv., t, Ier, p. 540) :
« Un orang, qui est mort récemment à la ménagerie du Muséum, avait coù: tume, lorsqu'était venue l'heure du diner, d’euvrir la porte de la chambre où il prenait son repas en compagnie de plusieurs personnes. Comme il n’était pas assez grand pour atteindre la clef de la porte, il se pendait à une corde, se balançait et, après quelques oscillations, arrivait rapidement à la clef. Son gardien, ennuyé de tant d’exactitude, profita un jour de l’occasion pour faire trois nœuds à la corde, qui, ainsi raccourcie, ne permettait plus à l’orang d’atteindre la clef, L'animal, après un essai infructueux, reconnaissant la nature de l'obstacle qui s’opposait à la réalisation de son désir, grimpa à la corde, monta au-dessus ues trois nœuds et les défit tous trois, en présence de M. Geoffroy Saint-Hilaire, qui me rapport le fait. Le même singe, désirant ouvrir une porte, son gardien lui donna un trousseau de quinze clefs; le singe les essaya l'une après l’autre, jusqu'à ce qu’il eût trouvé celle qui ouvrait. Une autre fois; une berre de fer ayant été mise entre ses mains, il s’en servit comme d’un levier,
fournis par l'ouvrage de feu M. Louis H. Morgan. Depuis la publication de l’/ntelligence des animaux, j'ai appris, de sources privées, que l'intelligence du castor a été très surfaite. Mes correspondants ont sans doute une connaissance approfondie des habitudes du castor américain, mais comme j'ai confiance dans les observations de M. Morgan, je ne me sens pas autorisé à les laisser mettre à néant par les contre-affirmations de ines correspondants. Cependant ces contre-affirmations ont leur poids, et pour le moment il est plus sage, ce me semble, de dire qu'en attendant des observations nouvelles et dignes de confiance, je ne suis réellement pas en état de discuter la nature de la raison existant chez cet animal. Aussi ne serais-je pas revenu sur ce sujet dans le présent ouvrage si, dans le précédent, je n'avais promis de le discuter. Mais, découvrant que les faits ne sont pas aussi certains que je le supposais, je préfère laisser de côté le
sujet, après avoir expliqué les motifs qui me poussent à agir d ainsi. \ vo Revenant maintenant à mes opinions sur l’origine et le déve- as loppement de la raison, on aura remarqué qu’elles diffèrent nota- de blement de celles de M. Herbert Spencer, et, par conséquent, tenant ii comple de l’autorité qu'a ce philosophe dans toutes les questions dé relatives à l'analyse psychologique, je sens qu'il est bon d’expli- for quer avec quelque détail les motifs pour lesquels, malgré moi, ph je me trouve obligé d'émettre une opinion différente de la sienne. cab Peut-être la divergence entre nos opinions n'est-elle pas aussi A grande que je la crois actuellement; s’il pouvait être démontré da plus tard que cette différence n’est pas très importante, j'ai à me peine besoin de dire que ce me serait un sujet de satisfaction très con sincère. dan!
D'après M. Spencer, la raison naît de l’ « acte réflexe com- M plexe » ou de l'instinct lorsque celui-ci est arrivé à un certain del degré de complexité (1). J’ai déjà donné les raisons pour lesquelles obje
je n’adopte pas l’opinion de M. Spencer, et pour lesquelles je ne regarde pas l'instinct comme un acte réflexe complexe; ce n’est donc que d’une façon générale que je puis m'accorder avec lui sur sa théorie sur l'origine et le développement de la raison. Néanmoins, d'une façon générale, cet accorä est possible ; je commencerai donc par dire quels sont les points sur lesquels
port cet accord. | A (1) Principles of psychology, t, Ier, p. 253-273. D lionne
& an. Depuis la ris, de sources faite. Mes Ccorpprofondie des confiance dans autorisé à les de ines COrrest leur poids, et , de dire qu'en confiance, Je ne re de la raison as revenu sur C& édent, je n'avais faits ne sont pas aisser de côté le poussent à agir
rigine et le déveles diffèrent notaconséquent, tenant outes les questions il est bon d'expliquels, malgré moi érente de la sienne.
n'est-elle pas aus!
vait être démontré importante, j'ai à de satisfaction très
acte réflexe COM" arrivé à un certain sons pour lesquelles our lesquelles je ns complexe; Ce n'e
st
m'accorder avec lui ement de la raison.
ra est possible ; Je points sur lesquels
Tout d’abord il dit: «L'impossibilité d'établir une ligne de démarcation quelconque entre les deux (instinct et raison) peut se démontrer clairement. Si tout acte instinctif consiste en une adaptation de relations intérieures à des relations extérieures, une distinction ne saurait reposer que sur une différence de nature des relations pour lesquelles les adaptations sont établies. Cette distinction doit être la suivante : dans l'instinct, la correspondance existe entre les relations intérieures et extérieures très simples ou générales ; dans la Raison, elle existe entre des relalions complexes ou spéciales, ou abstraites ou rares. Mais la complexité, la spécialité, l’abstraction et la rareté des relations sont exclusivement affaire de degré... Comment alors fixer un cas particulier de complexité ou de rareté comme étant celui où finit l'instinct et où commence la raison (1)?»
Je me range entièrement à cet avis, pourvu qu'il me soit permis de faire une addition importante : savoir, que cette manière de voir doit s'appliquer exclusivement au côté objectif, distinct des aspects subjectif et éjectif des phénomènes. En d’autres termes, si nous ne regardons que du côté physique des phénomènes (c’està-dire la physiologie des processus ganglionnaires, tels qu’ils sont exprimés par les mouvements adaptés des organismes), cette formule ne souffre aucune objection. Mais si nous passons de la physiologie à la psychologie, la formule cesse d’être adéquate ; car, dans la région de la psychologie subjective aussi bien que dans celle de la psychologie éjective, cette formule ne réussit pas à exprimer la distinction importante qui existe entre deux actes mentaux très différents, savoir, l’un dans lequel il n’y a pas de connaissances de la relation entre les moyens et la fin, l’autre, dans lequel cette connaissance existe (2).
Mais, l:'ssant de côté ce point, nous arrivons à un exposé net de l'opinion que « lorsque la correspondance s’est étendue à ces objets environnants, et à ces actes qui présentent des groupes
d'attributs et des relations de complexité considérables, et qui se } présentent avec une rareté relative, quand, par conséquent, la
(1) Loc, cit, p. 453, 454, (2) On remarquera que, si nous adoptons la définition de l'instinct formulée
| par M. Spencer, la lacune du côté mental est plus grande encore : la distinction . entre l'instinct étant alors équivalente à la distinction entre les actes nerveux
dépourvus de contre-partie mentale et ceux qui, du côté subjectif, sont intentonnellement adaptifs.
répétition des expériences a été insuffisante pour établir une cohésion parfaite entre les modifications sensitives produites par ces groupes et les modifications motrices adaptées, quand ces modifications motrices et les impressions qui les accompagnent sont simplement naissantes ; alors, il s’ensuit qu'il résulte des idées de ces modifications motrices et de ces impressions, ou, ainsi que cela a été expliqué, des souvenirs des modifications motrices déjà accomplies dans des circonstances analogues, el des impressions concomitantes. Pourtant il n'y à encore aucune «anifestalion de la raison. Mais « quand la confusion d’une impruision complexe avec quelque autre impression voisine provoque une confusion entre les excitations motrices naissantes, il en résulte une certaine hésitation, et. enfin une série d'excitations motrices finira par l'emporter sur l’autre. » La série la plus puissante se mettra en action, et comme elle se rapportera généralement aux circonstances qui se sont le plus souvent représentées, « l’acte sera, dans la moyenne des cas, celui qui est le mieux adapté aux circonstances. Mais un acte ainsi produit n’est autre qu'un acte .de raison... Il est exactement le processus qui — nous l'avons vu — devait se produire quand, par suite de la complexité croissante et de la fréquente décroissante, les adaptations automatiques des relations intérieures aux relations extérieures deviennent incertaines et hésitantes. Il est donc clair que les actes que nous appelons instinctifs passent graduellement aux actes que nous appelons rationnels. »
Plus haut, au cours de cet ouvrage, j’ai dit que je croyais que
la conscience naît quand un centre nerveux est soumis à un tour- Àæ
billon relatif de forces moléculaires, qui s'exprime, physiologiquement, par un retard dans la réponse, ou, comme le dit M. Spencer, par « l’hésitation ». Mais je ne crois pas que, dans tous ces cas, la raison, distinguée de la conscience, doive naître. Je disais donc que, malgré qu’il ne pût y avoir raison sans ce frottement ganglionnaire, il peut y avoir frottement ganglionnaire sans raison : il peut, par exemple, y avoir beaucoup et même trop de frottement dans le cas de conflit d'instincts ; il peut y avoir un retari prolongé, se terminant par la mise en action, en fin de compte, du groupe le plus puissant, des tendances antagonistes, sans que, pourtant, il y ait nécessairement acte de raison.
A quel égard mon opinion difière-t-elle de celle de M. Spencer, relativement à la genèse de la raison? D'abord, en ce que je n
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ur établir une
g produites par ées, quand ces
J accompagnent u'il résulte des mpressions, Où, es modifications es analogues; el a encore aucune fusion d'une imvoisine provoque naissantes, il en série d'excitations série la plus Put portera généralevent représentées, qui est le mieux produit n’est autre p processus qui \d, par suite de la roissante, les adapres aux relations es. Il est donc clair ssent graduellement
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xprime, physiologi-
omme le dit M. Spen-
s que, dans tous ces oive naître. Je disais n sans Ce frottement nglionnaire sans ral- Lt mème trop de froteut y avoir un retarl
tagonistes, sans que,
on.
celle de M. Spence
bn, en fin de compte =
bord, en ce que jent
considère pas un acte de raison comme un indice si constant et si invariable de modification moléculaire plus considérable que celle qui peut se produire dans d’autres circonstances d'activité psychique, et, par suite, en ce que je ne considère pas que la raison doive nécessairement naître de cette modification ; en second lieu, en ce que je ne pense pas que la raison ne puisse naître que de l'instinct seul.
Reprenant séparément chacune de ces divergences, il suffira de dire de la première qu'elle ne se rapporte qu’à la première origine de la raison ou aux actes de raison de l'espèce la plus simple ; dans le cas de processus plus complexes de raisnanement, je ne doute pas que la modification ganglionnaire nt oi! "onsidérable el que, sans celte modification, les processus pius :. mplexes ne fussent impossibles. Mais ceci est tout autre c'::° qu: ue conclure que partout où la modification ganglionna: at eint un certain degré de complexité, conduisant à un certain rei ::d de la réponse, là la raison (distinguée de la vivacité de l2 conscience) doit nécessairement naître. Au contraire, je pense :.:°, dans les phases inférieures de ce que j'ai défini sous le nom de rasson (et, a fortiori, dans toutes les phases de ce que j'ai défini l’ënduction), il se peut qu’il n’y ait pas plus, ni même autant, de modification ganglionnaire, ni de retard conséquent dans les réponses, qu'il n’y en a là où aucun acte de raison n'est impliqué, comme, par exemple, dans un conflit d'instincts.
En examinant, maintenant, la seconde divergence entre M. Spencer et moi, je ne puis voir aucun motif adéquat pour conclure avec lui que la raison ne peut naître que de l'instinct. Au contraire, supposant, comme je lai expliqué, que la raison a ses antécédents dans les inductions habituelles de la perception sensitive, que l'instinct (distingué de l’acte réflexe) a également ses antécédents dans la perception sensitive, et que ni la raison ni l'instinct ne peuvent progresser sans qu'il y ait progrès parallèle dans les facultés de la perception ; adoptant ces opinions, je suis obligé de conclure que la percention est le tronc commun d'où sortent l'instinct et ia raison, sous forme de branches indépendantes. Dans la mesure où la perception implique l'induction, l’intinct la perception, et la raison l'induction, il se produit naturellement une relation génétique entre l'instinct et la raison; mais cette relation n’est évidemment pas de l'espèce indiquée par M. Spencer ; elle est organique et non pas historique.
Cette importante divergence d'opinion entre M. Spencer et moi, je la regarde comme provenant de sa manière d'en .isager les relations qui persistent entre les modifications nerveuses qui s’accompagnent de conscience et les modifications qui ne s’en accompagnent point. Aussi, cette divergence a débuté dès l'analyse de la mémoire ; dans la mienne, je disais : « Je ne puis accorder que, si les changements psychiques (opposés aux changements physiologiques) sont complètement automatiques, cela soit une raison pour ne pas pouvoir les regarder comme mnémoniques... Du moment où iis impliquent la présence de la reconnaissance consciente et sont distincts de l’acte réflexe, je ne vois pas qu’il faille tracer une ligne de démarcation quelconque entre eux et des souvenirs parfaits.» La divergence se manifesta encore lorsque j'en vins à parler de la perception et que je donnai mes raisons pour regarder « comme très douteux que les facteurs conduisant à la différenciation réflexe soient, comme le prétend M. Spencer, la complexité
de l'acte et la rareté de l’occurrence réunies». Cette divergence devint plus prononcée encore lorsque j’arrivai à mon analyse de l'instinct ; car, en identifiant l'instinct avec l'acte réflexe composé, nous vimes qu'évidemment M. Spencer a laissé de côté ce que je regarde comme étant le trait essentiel et caractérisque de l’instinct, savoir : la présence de la perception, distinguée de la sensation. Enfin, nous en voici à la raison : la même divergence se reproduit ; soit que, pour mon dessein actuel, j'accepte la définition proposée par M. Spencer pour l'instinct, et que je regarde celui-ci comme un acte réflexe composé ; soit que je m'en tienne
à ma propre définition, et que je le regarde comme un acte réflexe
où se trouve un élément de conscience, je trouve également im-
possible de m’entendre avec M. Spencer et de regarder avec lui
la raison comme naissant nécessairement et exclusivement de l'instinct.
Prenant d'abord la définition de l'instinct, donnée par M. Spencer, je ne puis accorder que la raison naisse exclusivement et nécessairement de l’acte réflexe composé, parce que je vois que c’est un fait que, chez les organismes supérieurs, nous rencontrons de nombreux cas d'actes réflexes très complexes, totalement dépourvus d'indices de raison. Et, pour le remarquer en passant, certains de ces cas, à aucune période de l’histoire de leur évolution, n'ont pu être rationnels et devenir automatiques par la fréquence de la répétition. Tel est le cas, par exemple, pour les actes réflexes com-
ncer et moi, ger les relaqui s’Accomen accompaanalyse de la ccorder que, nents physioit une raison ues... Du moice consciente il faille tracer des souvenirs que j'en vins à pour regarder t à la différenr, la complexité ette divergence non analyse de éflexe composé, e côté ce que je érisque de l'inguée de la sene divergence se ccepte la défini- & que je regarde e je m'en tienne Le un acte réflexe e également imegarder avec lui xclusivement de
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posés qui se rattachent à la parturition et pour les actes réflexes plus obscurs que notre raison ne peut comprendre ; je veux parler des modifications provoquées par l’œuf fécondé dans les parois utérines, Ce sont là les exemples d’actes réflexes très complexes, qui ont dû toujours se présenter rarement dans l’histoire de la vie des individus, et qui n'ont, à aucune époque, pu être soit la cause, soit l'effet de la rationalité.
En outre, reprenant ma propre définition de l'instinct, je ne puis accorder que la raison naisse exclusivement et nécessairement de l'acte réflexe dans lequel existe un élément de conscience. Cet élément, en effet, est simplement l'élément de perception, et je ne sache pas que l’on puisse conclure, avec des motifs sérieux, que la perception ne peut naître que de la complexité et de la rarcté croissantes des actes réflexes. Ainsi que je l’ai dit dans mon chapitre sur la perception, « la vérité est que, dans la mesure où nos connaissances précises nous permettent de parier, la seule différence physiologique constante, entre un processus nerveux accompagné de conscience et un processus nerveux qui en est dépourvu, est une différence de temps; dans beaucoup de cas, sans doute, cette différence peut être causée par la complexité ou la nouveauté des processus nerveux qui s’accompagnent de consciences ; mais, étant donné que, chez nous-mêmes, ainsi que cela a été remarqué, des processus nerveux très compliqués et d'une occurrence très rare peuvent se produire mécaniquement, je ne pense pas que nous soyons autorisés à conclure que la complexité et la rareté d’occurrence de l’action ganglionnaire soient les seuls facteurs capables de déterminer la naissance de la conscience. Mais, même à supposer, pour les besoins de la discussion, qu’il en fût ainsi, il ne s’ensuivrait pas que la seule voie vers la raison fût la voie passant par l'instinct. La perception étant un élément commun à l'instinct à la fois et à la raison, il peut très bien arriver (et je crois qu’en fait il arrive réellement) que la raison naisse directement de ces inductions automatiques qui, nous l’avons vu, sont fournies dans la perception et qui, nous l’avons également vu, fournissent les conditions de la naissance de l'instinct.
D'après ce que je viens de dire, j'espère qu'il sera évident que je ne conteste pas que la raison ne puisse naître et ne naisse souvent de l'instinct, puisque la base perceptive de l'instinct est tellement en état de fournir les matériaux des perceptions supérieures de la raison. Je conteste seulement la doctrine d’après
laquelle la raison ne saurait naître autrement. Et, pour mieux établir la fausseté de cette dernière doctrine, je puis, pour conclure, renvoyer aux innombrables exemples cités dans mes chapitres sur l'instinct, de l’action réciproque de l'instinct et de la raison : — le développement du premier conduisant parfois à un développement plus élevé de la seconde, et, dans d’autres cas, comme dans celui de la formation de l'instinct par la défaillance de l'intelligence, le développement de la dernière conduisant à un développement plus grand du premier! Cette action réciproque ne saurait exister, s’il était vrai que l'instinct est toujours ct nécessairement le précurseur de la raison.
Je ne puis terminer cette discussion sur la raison sans dire quelques mots de l'opinion très accrédilée — que je n’adopte pas, cela va sans dire — d’après laquelle la faculté dont il s’agit est la prérogative spéciale de l’homme. Comme l'écrivain le plus érudit et le plus éclairé, parmi ceux qui ont, ces temps derniers, accepté cette doctrine, est M. Mivart, c’est lui que je considérerai comme le représentant de cette théorie, et, en examinant ses arguments sur ce sujet, je me regarde comme examinant les meilleurs que l’on puisse citer à l'appui de la doctrine en question.
M. Darwin, dans sa Descendance de l'homme, cite l'exemple suivant de la raison chez un crabe : «M. Gardener, tandis qu'il observait un crabe de rivage (Gelasimus) occupé à faire son trou, jeta quelques coquilles vers le trou. L’une y pénétra, les trois autres restèrent à quelques pouces de l'orifice. Au bout de cinq minutes environ, le crabe sortit la coquille qui était entrée, et l’emporta à la distance d’un pied environ ; puis il vit les trois autres coquilles, et pensant évidemment qu'elles pourraient, elles aussi, rouler dans le trou, les porta à l'endroit où il avait porté la première. Je crois qu'il serait difficile de distinguer cet acte d'un acte accompli par l’homme ave: le secours de la raison. »
M. Mivart, après avoir cité cette anecdote, qualifie la phrase qui la termine de «remarque étonnante » (1). Je vais donc examiner l'opinion très répandue auprès de laquelle le commentaire qui précède nous introduit, et qui consiste, ainsi que je l'ai dit, à regarder la raison comme la prérogative spéciale de l'homme.
Je dois commencer par faire remarquer encore une fois que la
(1) Lessons from nature, p. 213.
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raison, dans Je sens de « connaissance de la relation entre les moyens employés et le but atteint... est susceptible de se présenter à des degrés très divers », et je considère comme une erreur, comme la plus grande qui ait été commise en psychologie, de supposer qu'il y à quelque différence de nature dans cette faculté lorsqu'elle s'exerce sur les plus hautes abstractions de la pensée introspective, ou qu'elle s’exerce sur les produits les plus élémentaires de la perception sensitive : que les idées soient générales ou spéciales, complexes ou simples, partout où il y a un processus inductif s'exerçant sur elles, et d'où résulte l’établissement d'une conclusion proportionnelle, il y a quelque chose de plus qu’une simple association des idées : c’est de la raison, Si je voyais une grosse pierre traverser le toit de ma serre, et si, en grimpant sur le mur, je voyais trois ou quatre autres picrres situées sur le bord, je conclurais que la pierre déjà tombée occupait la même situation par rapport à ma serre, et je jugerais utile de les enlever de leur position menagçante. Ceci ne serait pas un acte d'association des idées, mais un acte de raison (quoique simple), et psychologiquement, cet acte serait identique à celui qu’a accompli le crabe. En outre, d’après J.-S, Mill, « toute inférence procède du particulier au particulier ; les propositions générales sont simplement des registres des inductions analogues déjà établies, et des formules abrégées pour en établir de nouvelles ». Bien que cette doctrine ne soit pas acceptée par tous les logiciens (Whately, par exemple, lui est diamétralement opposé et beaucoup d'auteurs moins importants pensent plus ou moins comme lui), je me sens obligé de l’accepter, sur le terrain
purement logique,sans tenir compte des considérations tirées de la
théorie de l'évolution. Car il me semble que Mill réussit complète-
ment à montrer que c’est avec cette doctrine seule que l’on peut
démontrer les fonctions et la valeur du syllogisme : «I faut accorder
que dans tout syllogisme, considéré en tant qu'argument destiné
à établir une conclusion, il y a une pétition de principe. Quand
noës disons : «Tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un
«homme, donc Socrate est mortel », les adversaires de la théorie syllogistique établissent, sans qu'ii leur puisse être répondu, que
la proposition : « Socrate est mortel » est présupposée par la pro-
position plus générale : Tous les hommes sont mortels. » Par
conséquent, «aucun raisonnement du général au particulier ne peut, en tant que tel, prouver quoi que ce soit, puise d’une
proposition générale nous ne saurions conclure de propositions particulières autres que celles que le principe lui-même suppose connues.» Ce n’est pas ici le lieu de discuter une pareille question de logique, longuement : aussi, me bornerai-je à renvoyer à l'exposé qu’en avnne Mill (1). Mais comme je ne vois pas que l’on puisse sortir de l'opinion émise par lui, que la majeure d’un syllogisme n’est autre chose qu’un mémorandum général des expériences particulières passées, et que, par conséquent, tout raisonnement est, en dernière analyse, uneinduction du particulier au particulier, je pense que cette conclusion (obtenue indépendamment de la théorie de l’évolution) permet de soutenir qu'il n’y a pas de différence de nature entre l'acte de raison accompli par un crabe et un acte de raison accompli par l’homme.
Il faut se rappeler que je ne discute pas en ce moment la question plus générale de savoir s’il y a ou non quelque différence de nature entre l’organisation mentale entière d'un animal et l’organisation mentale entière de l’homme. Cette question, je la discuterai dans mon prochain ouvrage. Ici je m’efforce simplement de montrer que, dans la mesure où est en jeu la faculté mentale spéciale qui rentre dans ma définition de la raison, cette distinction n'existe pas. Un processus d’induction consciente, considéré simplement en tant que tel, est toujours identique à luimême, en quelque animal qu'il se rencontre, et quelque degré de perfectionnement qu’il présente.
Mais ici il me faut répondre à une objection souvent faite, ct que M. Mivart a présentée avec sa logique habituelle et, par suite, avec beaucoup de force en apparence. Il dit : « Deux facultés sont différentes de nature, sinous pouvons posséder l’une à la perfecticu sans qu'il s’ensuive que nous possédions l’autre : elles le sont plus encore si les deux facultés tendent à s’accroître en raison inverse l’une de l’autre, c'est-à-dire si le perfectionnement de l’une s’accompagne de la dégradation de l’autre. Ceci est précistment la différence entre les parties instinctives et les parties
rationnelles de la nature de l’homme. Ses actes instinctifs — chacun l’admet — ne sont pas des actes rationnels, ni ses actes rationnels, instinclifs. Bien plus, nous pouvons dire que plus les actes de l’homme sont instinctifs, moins ils sont rationnels, et réciproquement ; ceci équivaut à démontrer que ki
(1) Logic., vol, Ier, chap. 11.
Ce
> propositions mème suppose reille question envoyer à l'exs pas que l'on majeure d'un m général des nséquent, tout n du particulier tenue indépenoutenir qu'il n'y »5n accompli par me.
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raison ne s'est pas développée de l'instinct, et n'aurait pu se développer ainsi. Chez l’homme, il existe une relation inverse entre la sensation et la perception, et chez les animaux, c’est précisément là où l’on admet le plus généralement l'absence de la raison, chez les insectes par exemple, que nous rencontrons l'instinct arrivé à son faîte, à son point culminant, chez l'abeille et la fourmi... Sir William Hamilton a depuis longtemps attiré l'attention sur cette relation inverse, mais lorsque deux facultés tendent à se développer en raison inverse l’une de l’autre, il devient indubitable que la différence existant entre elles est une différence de nature (1). »
Je réponds à cet argument en niant le prétendu fait sur lequel il repose. Il est simplement inexact que la raison inverse dont il est parlé existe. Sans doute, d’une façon générale (ainsi que les principes de l’évolution devaient nous amener à l’attendre) il est vrai qu’à mesure que les animaux avancent dans l'échelle du développement mental, leurs facultés d'adaptation intelligente sont susceptibles d’ajonter plus largement à leurs facultés moins perfectionnées d'adaptation instinctive, mais il est évident, pour quiconque s’est occupé des aplitudes mentales des animaux, qu’il n'existe pas de raison inverse entre les deux termes. Ainsi, loin qu'il soit exact que « l’on admette le plus généralement l'absence de raison » chez les fourmis et abeilles, la plupart des observateurs dont les écrits me sont connus sont unanimes pour admettre qu'il n’y à pas d'animaux, parmi les invertébrés, pouvant être regardés comme les pareils des fourmis et abeilles, en ce qui concerne la faculté de tirer des inductions intelligentes. En outre, considérant l'ensemble du règne animal, je dirais que s'il n'y a pas une relation très constante entre les facultés de l'instinct et celles du raisonnement intelligent, celle qui existe serait plutôt de nature à faire adopter l'opinion que la complexité de l’organisation mentale, qui s'exprime par le développement considérable des facultés instinetives, est favorable au développement des facultés plus intellectuelles (2). Que cette correspondance générale existât n’est pas plus que ce à quoi nous pourrions nous attendre, en vertu de la théorie de l’évolution, car la complexité croissante des instincts tend, comme le fait remarquer M. Spencer,
(1) Lessons from nature, p. 230, 231.
(2) Voir Pouchet, L'Instinct chez les insectes, in Revue des deux mondes, février 4870, p. 690.