‹ L'évolution mentale chez les animauxChapitre 59 sur 65 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT

libre » qu’exécutent ces animaux — je les ai décrits ailleurs — suggèrent fortement, pour le moins, l’existence de la véritable faculté de perception. C'est donc pour me conformer au précepte d’après lequel il vaut mieux se tromper du côté sûr que j'ai placé les échinodermes au niveau 17 el non au niveau 18. Je crois être autorisé à attribuer à ces animaux une faible faculté de mémoire (distinguée de l'association des idées) ; cette facullé me semble démontrée par le fait que lorqu’une astérie rampe le long de la paroi perpendiculaire d’un bassin, au niveau de la surface de l’eau, elle rejette de temps en temps ses rayons en arrière, pour sentir d’autres surfaces où s'attacher; et, si elle ne réussit pas à trouver ces surfaces, elle applique de nouveau ses rayons et se met à ram. per dans la même direction qu'auparavant, de telle sorte qu'elle peut recommencer souvent la même manœuvre dans des endroits différents. Comme cette manœuvre exige un long temps pour être exécutée, je crois que le fait que l'animal continue, après l’avoir exécutée, à avancer dans la même direction que celle où il allait avant le début de la manœuvre, constitue une preuve assez nette de l'existence d’une impression persistante dans les centres nerveux en jeu, impression qui n’est certainement pas due à des conditions imposées organiquement, étant donné que la manœuvre n’est jamais la même exactement deux fois de suite et qu’elle n’est même pas pratiquée à des intervalles de temps égaux.

Au niveau qui suit, j'ai placé les larves d'insectes et les annélides. J'ai fait ainsi parce que ces deux catégories d'animaux manifestent indubitablement des instincts de nature primaire (1), instincts dont l’origine est fixée à ce niveau. Chez les uns et les autres, il se présente des faits de nature à nous amener à nous demander s’il n'existe pas, chez eux, une intelligence d’un ordre plus élevé (2); mais, ici encore, je crois préférable de me tromper du côté sûr.

C'est chez les mollusques que nous rencontrons, sans doute pos sible, pour la première fois, la faculté de s’instruire par l’exptrience individuelle (3); c'est pourquoi j'ai placé cette catégorie d'animaux au niveau suivant, où se rencontre, pour la première fois, la faculté d'association par contiguité. Naturellement, si le récit fait à M. Darwin par M. Lonsdale, relativement à une paire

(1) Intelligence des animaux, chap. 1 et vu.

(2) lbid. Voir aussi les Vers de terre de Darwin, (4) Zbid., chap. n1.

JX°

rits ailleurs — la véritable faner au précepte \r que j'ai placé 8. Je crois être alté de mémoire té me semble déle long de la pasurface de l'eau, ère, pour sentir ssit pas à trouver et se met à ram.

telle sorte qu'elle dans des endroits long temps pour l continue, après on que celle où il e une preuve a$s€z te dans les centres ent pas due à des né que la manœu- & de suite et qu’elle temps égaux. sectes et les années d'animaux manire primaire (4), inhez les uns et les s amener à nous dence d'un ordre plus de me tromper du

ons, sans doute pos nstruire par l'exptblacé cette catégorie e, pour la première Naturellement, si le ivement à une pairt

d'escargots (1), était jamais confirmé par de nouvelles observations, il y aurait lieu de séparer les gastéropodes des autres mollusque: et de les placer à un niveau plus élevé, comme je l’ai fait pour les céphalopodes.

Puis, nous en venons aux insectes et aux araignées, correspondant au niveau où se rencontre la reconnaissance de la progéniture et la naissance des instincts secondaires. Le fait que ces deux facultés existent dans ces deux divisions des articulés est indubitable, même si l’on réserve les hyménoptères, pour en faire une classification psychologique spéciale (2). Les poissons et les batraciens sont placés au niveau qui suit, correspondant à l’origine de l'association par similitude, dont je me crois autorisé à reconnaitre l'existence chez ces animaux (3).

Au niveau 22, j'ai placé les crustacés supérieurs ; j'ai agi ainsi parce que c'est là la phase où pour des raisons indépendantes, déjà expliquées, j'ai fixé la naissance de la raison (distinguée de l'inférence), et l'animal le plus inférieur, psychologiquement parlant, chez lequel j'aie rencontré quelque rudiment de cette faculté, est le crabe (4).

Puis nous en venons au niveau 23, où j'ai placé les reptiles et les céphalopodes. Je les place là parce que ceci est le niveau où le développement psychologique est représenté comme ayant fait suffisamment de progrès pour que la reconnaissance des personnes soit possible ; or elle existe, sans doute aucun, chez les reptiles et les céphalopodes (5). On remarquera qu'il y a une accolade unissant ce niveau aux deux précédents. C’est parce que les animaux et les facultés dont il est fait mention à ces niveaux empiètent un peu les uns sur les autres. Ainsi les batraciens sont capables de reconnaître les personnes (6), et il est possible que les poissons soient capables de raisonner (7) ; d'autre part, les reptiles et les céphalopodes ne sont pas, eu égard à leur psychologie géné. rale, aussi supérieurs aux batraciens et aux poissons qu’on le pourrait croire, en l’absence de l'accolade ; pourtant je ne mesentirais pas autorisé à les placer tous au même niveau, n'étant pas

(1) Intelligence des animaux, chap. 11.

(2) Zbid., chap. vi et vir.

(3) Zbid., chap. vu et 1x.

(4) Ibid, chap. vu.

(5) 1bid., chap. 11 et 1x.

(6) Zbid., chap. 1x.

(7) lbid., chap. vur.

sr merngun mme

assuré que les batraciens et poissons soient capables de raisonner, comme je le suis à l'égard des crustacés, céphalopodes et reptiles. Somme toute, je crois que la manière la plus équitable de représenter ces diverses relations est celle que j'ai adoptée. On ne doit pas s'attendre à ce que notre manière, esentieilement artificielle, de distinguer les facultés psychologiques, concorde à tel point avec la réalité des faits, qu’en appliquant au règne animal notre classification des facultés, celle-ci se trouve toujours cadrer exactement avec notre classification des organismes, de telle façon que chaque branche de notre arbre psychologique corresponde exactement à quelque branche de l'arbre zoologique. Il faut s'attendre à des différences ; et,en comparant ces deux classifications entre elles, ma seule surp'ise a été de voir combien, d’une façon générale, elles coïncident étroitement.

| Au niveau 24 j'ai placé les hyménoptères, correspondant au niveau où se trouve une particularité délimitant très nettement cette phase de l’évolution mentale, savoir : la faculté de commu-

È niquer les idées, faculté qui existe, sans aucun doute, chez les s abeilles et les fourmis (1).

{ Puis nous en venons aux oiseaux, ayant pour caractéristique pit psychologique la faculté de reconnaître le sujet d’une image, de fl comprendre des mots et de rêver (2). S'il existe l’une de ces faculln 1 tés chez les vertébrés inférieurs, je n’en ai pas de preuves. | Au niveau qui suit, j'ai placé les rongeurs et les carnassiers, à | | | l'exception du chien. La distinction psychologique la plus mar- À | FE: quée, dont je me serve pour fixer ce niveau, est le fait de com- | ELU : prendre les mécanismes. Bien que j'aie rencontré un exemple de c É | cette compréhension chez les oiseaux (3) et bien qu'elle existe induhilablement aussi chez les ruminants (4), dans aucun cas cette ñ compréhension ne semble s'étendre à des mécanismes autres que À : ceux de l’ordre le plus simple; elle n’est donc comparable que t par sa nature à l'aptitude analogue, beaucoup plus grande, mani- p festée par les rats (5), les renards (6), les chats (7) et le glouton (8), c (1) Intelligence des animaux, chap. mm et 1v. à (2) Ibid., chap, x. tr (3) 1bid., chap. x, p (4) 1bid., chap, xt. ti {5) Zbid., chap. xx. ce (6) Ibid., chap. xv. m (7) lbid., chap. xiv. m

(8) Zbid., chap. xt. Sir James Paget m'a parlé d’un perroquet qui, grâce à

UX

es de raisonner,

odes et reptiles.

itable de reprétée. On ne doit nent artificielle, à tel point avec nal notre classidrer exactement çon que chaque de exactement à tendre à des difs entre elles, ma n générale, elles

orrespondant au t très nettement ‘ulté de commu-

doute, chez les

r caractéristique d'une image, de ne de ces faculpreuves.

es carnassiers, à jue la plus mar le fait de comun exemple de qu'elle existe in- S aucun cas cetle smes autres que comparable que s grande, maniet le glouton (8).

roquet qui, grâce à

Puis nous en venons aux singes et à l’éléphant, qui, à l'exception des singes anthropoïdes, sont les seuls animaux, à ma connaissance du moins, faisant usage d'instruments (1).

Enfin, au niveau 28, nous en venons au développement le plus complet des facultés psychiques qui se rencontre chez les animaux existants; et, à ce niveau, j'ai placé les singes anthropoïdes et le chien.

La signification des mots : « moralité indéfinie », que je donne comme caractérisant cette phase de l’évolution mentale, sera expliquée dans mon prochain ouvrage, quand j'aurai à discuter la question de la genèse probable du sens moral. Il est, ce me semble, préférable de ne pas scinder cette discussion ; aussi préféré-je ajourner l'étude de ce que je regarde comme étant la pre-

une étude attentive, avait appris à ouvrir un loquet; mais, bien que des cas de ce genre puissent se présenter parfois chez les oiseaux, ils sont relativement si rares que j'ai pensé qu'il valait mieux placer la faculté d'apprécier les mécanismes au niveau immédiatement supérieur, car c’est là seulement que nous pouvons commencer à être assurés que les actes ne sont pas dus à une simple association. Un chat qui saute après un loquet et qui, tandis qu’il s’accroche au manche recourbé avec une patte de devant, presse sur le loquet avec l’autre patte, et pousse sur les montants de la porte avec la palte de derrière, montre qu’il comprend bien que le loquet tient la porte fermée, que lorsqu'on l’abaisse, la porte ne l’est plus, et que si l’on pousse sur la porte, celle-ci s'ouvre. Et si l'on peut encore supposer que tout ce savoir peut s’acquérir par la simple association, il y a le cas plus remarquable encore d'un singe, décrit dans l'Intelligence des animaux. Le singe déco. vrit par lui-même, à la suite de recherches patientes, sans qu’il eût jamais vu quelqu’un exécuter un acte analogue, le principe mécanique de la vis, pour ne pas dire aussi du levier.

Il est étonnant, ainsi que je l'ai fait remarquer dans l'/nfelligence des animaux, que cette faculté de comprendre les applications mécaniques simples ne semble pas toujours être en relations très précises ou quantitatives avec le développement général de l'espèce qui les manifeste. Ainsi le chien est, par son intelligence générale, incontestablement supérieur au chat, et pourtant la faculté particulière que nous considérons est à coup sûr moins développée chez lui que chez le chat; et pourtant les chevaux et animaux de race bovine somblent être mieux doués à cet égard qu’à tout autre. Probablement, l’explication de cette disproportion apparente dans le développement des facultés psychiques doit se trouver dans les organes qui leur obéissent : le singe, qui est très apte à comprendre les mécanismes, est l'animal le mieux doué d'organes d'examen tactile; les pattes de devant du chat sont de meilleurs instruments à cet égard que celles du chien; la trompe de l'éléphant, les lèvres du cheval, les cornes des ruminants leur donnent à cet égard un avantage marqué sur la plupart des mammifères d'intelligence comparable à la leur.

(1) Intelligence des animaux, chap. xin et xvu.

mière phase du développement de la conscience. Pour la même raison, j'ajournerai mon analyse des phases inférieures de la volition :t de l’abstraction, qui se rencontrent toutes deux au niveau que nous venons de citer et où se termine notre étude sur l'évolution mentale des animaux.

[AUX

e. Pour la même rieures de la voliss deux au niveau e étude sur l'évo-

Page 1