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Zola. Les romanciers naturalistes, page

L Education sentimentale, où ce défaut est le plus apparent, abonde en épisodes achevés, la soirée chez la Maréchale entre autres. Dommage qu'on y regrette Tunité sévère de Madame Bovary. L*école moderne a tort de mépriser trop Hntrigue d*un roman. Que cette V intrigue, empruntée àla réalité, reste simple, je le veux ; T mais on ne fait pas un livre avec des détails accumulés ; toute œuvre a besoin d*un commencement, d'un milieu et d'une fin ; elle doit laisser une idée nette dans Tesprit du lecteur. J'attribue à la façon dont écrivait Flaubert la confusion très sensible de ses derniers ouvrages. Travaillant lentement, il perdait le ûl conducteur, oubliait des mois son sujet pour perler l'expression ; le détail l'étouffait.

Plus Fauteur se contentaitdifficilement, plus le public 8*éloignait de lui. Cet abandon navrait le grand écrivain. Son ignorance complète des conditions de la vente lui montrait un succès, dès qu'il lançait un livre ; et les déceptions, sans l'empêcher de se remettre à l'œuvre, le faisaient crier contre « la haine de la littérature. » Ces brusques revirements tenaient autant à la nidveté de sa nature primesautière qu'à son provincia- Jisme. Le moindre éloge, sorti de plumes très obscures, le ravissait ; il avait conservé les joies du débutant, et gardait dans une des poches de sa veste l'article récent où Ton parlait de lui.

Par contre, il refusait de donner le moindre détail sur sa vie, déclarant que l'œuvre seule d'un écrivain appartient au public. Il poussait cette discrétion si loin qu*il ne voulut pas laisser publier son portrait. Une femme le lui avait arraché, après bien des refus, dans an jour de faiblesse tendre. Gloitré la plus grande partie de Tannée dans sa maison de campagne de Groisset,

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il avait les préjugés des boargeois contre lesqnek il déclamait. Il convenait, lorsqu'on le poussait, qu*il était un bourgeois de province, le plus paisible, le plusrang^ des bourgeois.

Jamais il ne vit les misères d*un œil serein. Il pons sait jusqu'aux extrêmes sacrifices la religion de Thon neur familial. Dans ses derniers mois, il engagea pou; les siens, engloutis dans un désastre commercial, si petite fortune si nécessaire ; vieillissant, il se condamm aux privations. Il fallut la violence de sesamis pour h faire accepter un emploi à la bibliothèque Mazarine, un pension déguisée.

Ce farouche pessimiste qui conclut au néant et di chiquète Tespérance à belles dents, était, dans la vi journalière, d'un optimisme absolu. M. Maxime D Camp a publié une lettre de lui, écrite au début de 1 guerre de 1870, qui prouva jusqu'où allait son avei glement. Le patriotisme longtemps endormi, longtemf relégué par lui dans les banalités indignes d'un espr littéraire, se réveilla, lors de nos désastres, en mên temps que sa maladie nerveuse.

Un jour « il avisa sur ma table, raconte M. Maxin Du Camp, le second volume des Conversations de Gœth il le saisit avec empressement, Pouvrit, le feuille comme s'il y eût cherché une phrase restée dans mémoire et me dit: Ah I que je voudrais être dans V tat de cet olympien I c'était un homme celui-là et s nepfs obéissaient à son cerveau. Ecoute ceci : « La bail nationale est une haine particulière. C'est toujou dans les régions inférieures qu'elle est la plus ém gique, la plus ardente, mais il y a une hauteur à 1 quelle elle s'évanouit ; on est là, pour ainsi dire, a dessus des nationalités et on ressent le bonheur ou

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malheur d'uQ peuple voisin comme le sien propre. Cette hauteur convenait à ma nature, et longtemps avant d*avoir atteint ma soixantième année, je m'y étais fortement attaché. » Il rejeta le livre et dit : « 11 parait que cette hauteur ne convenait pas à ma nature, car je n*y suis pas encore arrivé. Bah ! j'y parviendrai peutêtre. * »

i. Souvenirs littéraires de Maxime Du Camp. — Ghap. zxiz.

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