Charles Demailly^ p
pénétrant, des moustaches de Mantchou qui s'en vat'en guerre ; une forte voix, une voix militaire et haute. C'est un homme qui a eu quelque chose de tué sous lui dans sa vie , une illusion, un rêve ; je ne sais. Au fond de lui gronde et bâille la colère et l'ennui de la vaine escalade de quelque ciel. Son pbservation de sang-froid fouille sans vergogne et manches relevées, l'homme jusqu'à l'ordure : c'est comme une poigne de chirurgien, qui tàte avec de l'acier un fond de plaie, ^m Et plus loin: « C'est un poète avant tout.... la grande pente de son esprit est à la pourpre, au soleil, à l'or. » Voilà bien le grand observateur et le grand styliste harmonieux. De ce romancier « à la poigne de chirurgien » et de Charles qui « possédait à un degré suprême le tact sensitif de l'impressionnabilité, » qui avait « une perception aiguë, presque douloureuse de toute chose et de la vie » partent les deux courants du roman naturaliste. L'auteur de V Assommoir dérive à la fois des deux, il est au confluent de Flaubert et des Concourt ainsi que M. Alphonse Daudet. Parmi les romancien plus jeunes, les uns, tels queM.GuydeMaupassantsont comme Flaubert, des poètes en prose, nombreux e périodiques, dont toutes les fins de phrase ont des en volements de strophe, de style d'acier, ferme et bruta « aux reflets métalliques »*, les autres, et M. J. K. Huya mans peut-être pris comme type, sont des sensationniste à outrance, insoucieux de composition, heurtant le mots, mais arrivant à rendre comme des peintres la vi d'une rue. Cette dernière école est de beaucoup domi nante.
Jules de Concourt n^a pu voir éclore tous ces jeune
i. Charles Demailly» p. 162.