Manette Salomon, p
dans un renfoncement obscur, sous le retrait de Torgae poassiéreux^ dans V ombre trouble de vieux carreaux verdis, au milieu de boiseries vermoulues, dans un recoin de ténèbres, sordide et pourri, où la saleté semblait une sainteté vierge et respectée, madame Gervaisais vit au flamboiement de cierges et de lampes*... »
Par trois fois, avec des termes presque synonymes, les auteurs reviennent sur Tobscurité de la chapelle. S*il y avait gradation encore passe, mais je ne vois pas ce que le « recoin de ténèbres » et « rombre trouble » peuvent ajouter au ^renfoncement obscur. »
Ces indications de détail permettent de saisir le procédé. JTimagine l'écrivain en face de son modèle. Ce sera^ si Ton veut, une statue antique. Il ne s'agit pas d'en donner l'idée, ni même l'image approchée, mais d'arriver jusqu'à la sensation aiguë.
« Sabine, la femme d'Adrien, arrêtait chaque visite de madame Gervaisais à son corps tout enveloppé d'une étoffe mouillée, qui l'embrasse, le baigne et le serre en se collant à tous ses membres; le voile de marbre, de la pointe des seins qui le percent de leur blancheur, glisse en caresse sur le dessin et la rondeur du ventre, s'y tuyaute et s'y ride en mille petits plis liquides qui de là vont, droits et rigides, se casser à terre, tandis que la draperie, presque invisible, plaquant aux cuisses, et comme aspirée par la chair des jambes fait dessus de grands morceaux de nu sur lesquels courent des fronces, des plissements soulevés et chiffonnés, des méandres de remous, dans le courant brisé d'une onde *. » Ce qui frappe d'abord l'observateur, c'est le