‹ L'évolution naturalisteChapitre 27 sur 86 · Charles DemaiUy, p · texte numérisé non relu

Charles DemaiUy, p

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et de mort qa*une mère folle sentait entre son baiser e la joue de ses enfants... chaque partie du moi, désagré gée et isolée de Tètre, semblait perdre le pouvoir de S( correspondre et de réagir de Tune à l'autre. .. Doulou reuK mystère I Dans ces âmes hallucinées, dans ces cer veaux qui se pétrifient, il y a des retours, des jours des lueurs; il y a même chez quelques-uns la certitude Tafifreuse certitude que ce qui habite leur tête est ui mensonge, que ce qui guide leurs actes est une posses sion, que ce qu'ils croient, que ce qu'ils entendent, qu( ce qu'ils touchent, que ce qu'ils goûtent, est un jei cruel et qui les trompe *. » Que d'observations subtilet amassées dans ces quelques lignes! Cette extrême té nuité d'analyse, ce sensationnisme à outrance caracté rise les Goncourt, au même titre que la recherche dï [style. « Je m'aperçois tristement que la littérature I l'observation, au lieu d'émousser en moi la sensibilité Ta étendue, raffinée, développée, mise à nu. Cette espèce de travail incessant qu'on fait sur soi, sur ses sensa tions, sur les mouvements de son cœur, cette autopsie perpétuelle et journalière de son être, arrive à découvrir les fibres les plus délicates, à les faire jouer de l6 façon la plus tressaillante. Mille ressources, mille secrets se découvrent en vous, pour souffrir. On devient, à force de s'étudier, au lieu de s'endurcir, une sorte d'écjrché moral et sensitif, blessé à la moindre impression, sans défense, sans enveloppe, tout saignant*. »

Mais si l'auteur souffre, si la cruauté des dissections le rend malade, le tue, le lecteur aussi, impressionné par un style vivant, sent sa tête éclater au récit des an-

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