Germinie Lac&*tetix, p
et morales. Aa contraire un roman des Goncourt est plein de trous: rachat de leur procédé pictural ; voltigeant sans trêve d'un tableau à J'autre, ils sautent aussi d*an sentiment à un sentiment, d'une sensation à une sensation, en négligeant la gamme transitoire. Les patients ne sont pas pris d'assez loin ; ils sont campés dès le début d'une manière vivante, magistralement parfois, comme dans Renée Maupérin, avec un peu d'artifice et de peine, d'autres fois, comme dans Germime Lacer teux, mais on regrette presque toujours de ne pas les avoir assez vus grandir.
Jeregrette aussi l'intervention des écrivains ; toute réflexion incidente détourne du récit. M. Edmond de Goncourt prétend que cette libre méthode ressemble beaucoup plus au sensitif monde moderne que l'impassibilité affectée de Flaubert. Ne prête-t-il pas son tempérament trop vite à la majorité de ses contemporains? Germmte Lacerteuxse termine en plaidoyer. Il y a même une apostrophe éloquente : « Paris l tu es le cœur du monde, tu es la grande ville humaine, la grande ville charitable et fraternelle I Tu as des douceurs d'esprit, de vieilles miséricordes de mœurs, des spectacles qui font l'aumône 1... » C'est beau, c'est entraînant, émouvant, mais M. de Goncourt est-il bien sûr que cela soit si moderne ? Cette échappée lyrique sent son 1830. On pense à l'ode perpétuelle d'Hugo. Les Misérables sont pleins de pareilles invocations et de digressions philosophiques semblables aux digressions des Goncourt sur la religion des femmes du peuple et sur la blague parisienne. Relisez les pages du grand poète sur les joies du cloître et sur le gamin de Paris. Hugo est plus long, plus nébuleux, plus génial, mais les deux inspirations se ressemblent.
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Pourtant, ce sont bien les Goncoart qai ont en les premiers conscience, après Balzac, de Timmense portée du roman contemporain. Flaubert, ignorant de sa besogne, n'écrivait Madame Bovary que pour « blaguer » Técole Champ fleury . « Son livre, son beau livre est, le croir riez-vous?une pénitence: il a voulu mettre son style au pain sec et brider sa fantaisie à peu près comme ces femmes pléthoriques qui, craignant leurs tentations, se font tirer une pinte de sang ^ » Tandis que les Concourt, ces aristocrates de Part, donnent au peuple droit de cité dans le roman, écrivent, dès 1864, ces lignes dont les œuvres critiques de M. Zola ne seront que le développement : « Aujourd'hui que le Roman s'élargit et grandit, qu'il commence à être la grande forme sérieuse, passionnée, vivante, de l'étude littéraire et de l'enquête sociale, qu'il devient, par l'analyse et par la recherche psychologique, l'Histoire morale contemporaine; aujourd'hui que le Roman s'est imposé les études et les devoirs de la science, il peut en revendiquer les libertés et les franchises. Et qu'il cherche l'Art et la Vérité ; qu'il montre des misères bonnes à ne pas laisser oublier aux heureux de Paris; qu'il fasse voir aux gens du monde ce que les dames de charité ont le courage de voir, ce que les reines autrefois faisaient toucher de \\i\\\ à leurs enfants dans les hospices : la souffrance humaine, présenteet toute vive, qui apprend la charité ; (|uo h) Roman ait cette religion que le siècle passé appelait de ce largo et vaste nom : Humanité ; — il lui Hunit do cotte conscience : son droit est là^ »
Non seulement MM. de Goncourt sont des initiateurs an fait do stylo et de doctrine, mais ils ont obéi dans