‹ L'évolution naturalisteChapitre 53 sur 86 · Revue des Deux Mondes^ 15 juin · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes^ 15 juin

s'il avait fait ses douze jours, toucher de soixantedix à quatre-vingts francs. Sa femme était enceinte de sept mois ; il avait deux garçons, Tun de sept ans, Tauire de quatre, et une petite fille de quinze mois. Us habitaient une mansarde sans air, rue de Meaux : deux petites pièces formaient ce logement, si Ton veut donner ce nom à ce taudis. Pendant la quinzaine, le patron lui avait fait avoir à crédit, en répondant pour lai ; il se gorgeait bien ; quant à sa femme et à ses enfants, il ne s'en occupait pas. La malheureuse allait dans un marché, accompagnée de ses enfants, ramasser dans un sac des feuilles de choux ou quelques autres légumes avariés. L'alné des enfants recueillait Tavoine que les chevaux laissaient tomber aux stations des voitures de place. Elle obtenait de la compassion d*un boucher et d'un marchand de vin quelques morceaux de vieilles viandes et vivait ainsi. A la sortie de la paie, après force litres, notre sublime rentra à onze heures du soir,à moitié ivre et accompagné d'une prostituée du plus bas étage. Après une lutte, et force coups de poing, il força sa femme et ses enfants à coucher dans la première pièce et lui s'installa dans la deuxième avec son ordure. Le lendemain ils partirent ensemble ; mais pour faire marronner sa femme, il remit devant elle vingt francs à la prostituée. Le fait nous a été raconté par la femme elle-même, qui, les yeux tout noirs, et accompagnée de ses enfants, vint nous exposer sa pénible situation » '•

Pour étudier de tels ètres^ je ne dis pas de tels hommes, la physiologie de M. Zola suffit. La bestialité apparaît triomphante dans les pages que je viens de dter. Mais lorsqu'il tient sous son scalpel des êtres plus

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