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LE POLÉMISTE

Charles Nodier, se gaussant de la restitutioa des orthographes germaniques dans Thistoîre, engageait Augustin Thierry à traduire son nom en celui de Théodorik, et partait de Jà pour faire spirituellement le procès de la lettre K, a cette perpendiculaire maussade armée de deux pointes obliques et divergentes. » Si le K ressemble à un guerrier Scandinave, lance en arrêt, la lettre Z a un aspect plus agressif encore ; on dirait un homme qui, pour se débarrasser de Tennemi, donne à la fois un coup de poing en avant, un coup de pied en arrière.

Léon Gozlan écrivait des noms : « les uns sont pleins sous leur enveloppe de mauvais instincts, les autres exhalent par tous les pores le musc de Thonnèteté et de la vertu. » Examinez ce vocable exotique: Zola; il donne ridée d'un homme décidé, d'un dédaigneux, d'un rude jouteur.

Jusque dans récriture du romancier, grosse, ronde, ferme, appuyée, sans ratures, découpant à Temportepièce une idée nette, jusque dans la ponctuatijn soignée, on trouve l'empreinte d'un caractère. Qui aurait en main les manuscrits originaux de M. Emile Zola, découvrirait bien des choses qui nous échappent. L'écriture d'un poète est,en quelque sorte, la photographie de son esprit.

Or les hommes carrés, qui vont de l'avant, et, pour se faire place dans la cohue, jouent des coudes et marchent sur les pieds de leurs voisins, peuvent être sûrs d'avoir contre eux la coalition de tous les froissés.

Ouvrez les journaux :

« Il faut bien parler de M. Zola, puisqu'on a joué VAssoHtmoir, mais ce n'est pas de bon gré que je m'y résigne. Le tapage qui se fait autour de lui depuis quelque temps, est fâ hors de toute proportion avec son talent, qu'on craint, en y mêlant une note même hostile, de se faire dupe ou complice d'une immense mystification. J'ai peu hanté les romans de M. Zola, sa littérature étant inhabitable pour moi. J'ai lu de lui, ou pour mieux dire, feuilleté le y^entre de Paris et la Fault de Vabbé Mouret. Cette semaine, par corvée de métier j'ai ouvert, pour la première fois, le soupirail qui mène à VAssommoir.

Voici le troUf voici l'échelle, descendez!

Je suis descendu ; j'ai parcouru, à travers un ennui noir et une répugnance écœurante, cet égout collecteur des mœurs et de la langue, enjambant à chaque pas des ruisseaux fangeux, des tas de linge sale humés avec ivresse par leurs ignobles brasseuses,

Et ce que Bec-Salé vomit sur son chemin.

« L'impression que j'ai rapportée do ces trois lectures est celle d'un écrivain sans aucune ori;^inalité, né disciple, foncièrement élève, rapin de Balzac qu'il parodie, de MM. Flaubert et de Concourt, qu'il caricature cruellement. Outrer l'outranceet

'V'îolenter la violence, défigurer la grimace et ravaler Tavilis- ^^ment, tel est le procédé exclusif de cet esprit attelé, quoi- ^ UMI rue dans son attelage, et qui croit creuser des sillons en ^^fonçant des ornières. » (Paul de Saint-Victor.)

«... Les auteurs de la pièce ', dont un M. Busnach qui ^ ^l très parisien et connaît le théâtre pour s*y être fait *^>.ainte8 fois applaudir, ont jugé prudent de décrasser les «rsonnages, volontairement repoussants, ignobles ou bêtes, ^e M. Zola nous a présentés comme l'incarnation du peuple. M ... A rencontre de ce personnage des contes de fées, qui ^^^liangeait en or tout ce qu'il touchait, M. Zola change en boue '^^at ce qu'il manie. Une odeur de bestialité se dégage de tou- '^-^s ses œuvres ; ses livres sentent la boue. Ce priapisme morbide qui n'est autre après tout que celui des romans de Marc <).e Montifoud, se retrouve, chez lui, dans ce style quil a pris, absolument pris aux frères de Goncourt...

» n est tellement secoué de cette lubricité littéraire que les sentiments naturels deviennent avec lui hideux, comme dans Une page (Vamour, qu'il ne peut décrire une poupée, une pau- Tre petite poupée d'enfant, gisant à terre, les jambes écartées, sans éveiller^ sans chercher à éveiller aussitôt des idées sensuelles...

» Ah! que de papes aujourd'hui, et que de moutardiers du pape, qui se croient impeccables I Nous la raillons, l'infaillibilité du pape, et il y a dans les lettres, dans les arts, un certain nombre de vaniteux, qui se posent à eux-mômes la tiare sur la tête, et ne souffrent pas qu'on les discute. La tiare de M. Zola est faite, d'ailleurs, du linge sale de Gervaise...

» ... La main, chez lui, comme chez certains peintres, est

extraordinaire de facture et de pâte. Le cerveau manque.

M. Zola est le chef d'une école que je crains bien de voir

grandir outre mesure : l'école de Cassurance et de l'ignorance. »

(Jules Glabetie) Feuilleton de la Presse^ 20 janvier 1879).

« ... Emile n'était pas très mièvre, ni très éveillé; mais ce qui chagrinait sa famille, c'était une certaine paresse de langue, non pas un bégaiement caractérisé, mais de la difficulté à mrtieuler certaines consonnes. Ainsi, par exemple, au lieu de saucisson, il disait tautitton. Un jour pourtant, vers quatre

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