‹ L'évolution naturalisteChapitre 66 sur 86 · Th. Gautier · texte numérisé non relu

Th. Gautier

son unique volume de vers, les Fleurs du mal. On sait quel fut Taccueil du public et comme quoi un procès béte donna à Charles Baudelaire, du jour au lendemain, une réputation immense et méritée.

Les Fleurs du ma/, émondées par la justice, inepte comme elle Test toujours en matière littéraire, révélaient une originalité vraie, quoique trop voulue.

Je n'ai point Tintention d'écrire ici une étude complète des œuvres de Charles Baudelaire. Pour expliquer rinfluence du poète sur les jeunes générations, il suffit d'esquisser son profil étrange, aux yeux attirants. Négligeant donc la traduction des Histoires extroùrH' naires et les petits poèmes en prose, bijoux ciselés trop laborieusement à mon gré, je veux dégager le génie de Baudelaire des seules Fleurs du mal : il est là tout entier. De quelques exemples ressortira la bizarrerie de l'inspiration.

Ces Fleurs du mal, on les voit et on les respire d*a.vance.

Le livre

Ne dit- il pas d'abord tout ce qu'il porte au ventre* ?

C'est un ensemble de poésies, assez arbitrairem^ ^* groupées, mais d'un effet saisissant. Baudelaire a J* prétention de donner une image du monde moderne ^^^ plutôt d'une partie du monde moderne. En réalité, s^^^ livre, d'un bout à l'autre, produit l'effet d'un c»-*' chemar puissant. Doué d'une vision si étrange q*^® les choses les plus simples se transforment et prenne ^^ pour lui des apparences monstrueuses, le poète n'ari^^ moins que lesensduréel. On ne comprend pas comm^^^ certains critiques, M. J-J. Weiss, entre autres, cr^^

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