I . Madame Bçvaru^ p. 45.^ S. MttêtèBàë ÈkAHU^f p. S
àZ L'ÉVOLUTION NATURALISTE
un curé aussi trivial que Bovary, et la pauvre inc( prise cherche à satisfaire moins platoniqnement les deurs de son sang. Ce n'est pas Tamour de son enl qui la retiendra. L^éducation du couvent ne lui a appris à s'attacher résolument aux réalités de la i ses yeux restent trompés par un mirage; toute Toi nisation est troublée; le sentiment maternel s*am( drit. Elle aimera son enfant par caprices, par bouta( impétueusement; deux heures après, cette tendn s*éteindra comme un feu de paille. Par moments, ' en viendra presque à détester la petite à cause du s venir obsédant de Charles. » Que cette enfant est laid< s'écriera-t-elle avec dégoût en la poussant loin d'elle risque de la faire tomber et de la blesser. Puis, lor» l'enfant saignera, pleurante et navrée, ce seront grands cris, des épanchements de tendresse. Beauci d'imagination ; point de cœur.
Après le premier adultère, Kmma, emportée er dans les contrées bleues, et chatouillée par les déli de la faute, s'épanouira comme une fleur aux premi soleils. Sa beauté sera triomphante, insultante. ^ peu à peu, la désillusion l'empoignera, et avec la sillusion , le remords. Elle voudra revenir à son m; l'aimer. Pourquoi n'est-il pas célèbre dans son art? ( ne voit-elle ce nom de Bovary étalé aux vitrines libraires? Elle pousse Charles à ambitionner la glo à tenter des expériences. Ces essais du docile bonhom tournent à sa confusion, le font bafouer par ses c frères, et lorsque Bovary revient chercher une cons< tion chez lui, plus efl*rayé des conséquences terril de son erreur que honteux des moqueries, il est ir mené par Emma qui se sauve, colère, enragée, ferm brutalement les portes, va pleurer d'amertume à Téc
en criant : Quel pauvre homme! quel pauvre homme I et se reproche d'avoir cru un instant qu'il fût propre à quelque chose. Elle est d*un comique lugubre et d'une ironie shakspearienne, cette histoire du pied-bot, opéré par des ignorants, et à qui on est forcé de couper la jambe ! A chaque page éclate un rire forcé, navrant, gros de larmes et d'indignation.
La femme du médecin n'a plus le moindre regret ni le moindre respect humain. Toute pitié et toute pudeur ont également disparu. C'est la passion lâchée. Elle introduit l'amant dans la maison et se livre à lui, pendant que le mari dort en haut. Un soir on entend du bruit : « As-tu des pistolets? demande-t-elle à Rodolphe. — Pourquoi? — Mais... pour te défendre. — Est-ce de ton mari? Ah! le pauvre garçon! » Le nigaud ne se doute de rien ; Emma a beau, dans son ardeur, faire mille imprudences; elle a beau relancer Rodolphe jusqu'en sa gentilhommière, au milieu de ses pipes et de ses chiens; le bourg a beau jaser — on devine comment ! — Charles reste confiant, aimant, banal. Il n'est même plus troublé par le souvenir de l'opération avortée, souvenir si vivace chez Emma. Il voit sa victime, Hippolyte, le garçon du Lion d'or, sans honte et sans remords. Oh! le pauvre homme! Il est bien tel qu'on nous Ta présenté, au début du livre, tournant d'un air niais sa casquette entre ses doigts, sous les quolibetsde ses camarades; comme Emma est l'enfant sentimentale et nerveuse qui passe des nuits à feuilleter les albums où Ton voit des amants enlacés, sous les clartés blondes de la lune.
Il est évident qu'Emma, délaissée par Rodolphe, qui Ycat bien en jouir, mais non s'en embarrasser, cher-
i. Madame Bovary ^ p. 187.
chera an autre idéal et trouvera Léon ; que dans passion, jamais rassasiée, jamais satisfaite, n'atteigni jamais le bonheur idéal rèwé, elle ira de folies enfoli d'extravagances en extravagances. A ses sens délirao il faudra toujours des voluptés plus fortes, comme à vrogne dont le palais est cuirassé il faut des liqaei plus âpres. Ce seront tous les jours des fantaisies no velles, des costumes plus bizarres ; les dettes s*amo celleront ; les billets seront renouvelés, à Tinsu du p^ vre Bovary la plupart du temps ; ce sera une ivre de plaisir qui touchera au délire. A bout d'argent, sirène criera à Léon : « Si j'étais à ta place, moi, j trouverais bien ! — Où donc ? — A ton étude I Et < le regarda. Une hardiesse infernale s'échappait de i prunelles enflammées, et les paupières se rapprochai d'une façon lascive et encourageante ; si bien g le jeune homme se sentit faiblir sous la muette lonté de cette femme qui lui conseillait un crime. AU il eut peur. » * ^
La situation est tendue. Madame Bovafjr, part repoussée, s'épuisant en démarches, en supplicatio se traînant aux genoux de ses créanciers, implorant vain la pitié de ses anciens amants, hagarde, sur point de voir tout son mobilier vendu, redoutant p que tout le pardon de Charles, va rouler dans le ri; seau, si elle ne prend de Tarsenic. Les faits indiquai le suicide.
C'est là la fin de ce drame bourgeois et poignant ; derniers mois du mari idiot et pardonnant n'intéress plus guère.
Non qu'il n'inspire aucun intérêt, cet homme. Il t che par sa bonté ; il a pour sa femme, non un ami