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QUELQUES ESSAIS MODERNISTES

A la Comédîe-Françcusey la bataiJle à ^HenrieUe^MO'Ti' chai est re stée célèbre. Les Goacourt ont raconté dans unelongueel^vîvë'prèface de quel prétexte bête, antilittéraire, s*était armée la cabale. On sifflait les amis de la princesse Mathilde, et non les novateurs, les modernistes à outrance.

/ Aussi bien, de Taveu même des auteurs, Henriette Maréchal n'e st pas une tentativ e naturaliste. Ni par les procédés, ni par le choix du sujet, un adultère couronné par un sacrifice filial, MM. de Concourt n'ont révolutionné le théâtre. Seul, le premier acte, le fameux acte de TOpéra, révèle l'originale tendance des ' deux frères. Il y a là une tentative aristophanesque. f Les Concourt ont voulu donner la royauté scénique à / la Blague, à cette Blague parisienne dont ils font le portrait dans Manette Salomon.

« Nous réviôni, dit M. Edmond de Concourt , une

suite de larges et violentes comédies^ semblables à des fresques de maîtres, écrites sur le mode aristophanesque, et fouettant toute une société avec de Tesprit descendant de Beaumarchais, et parlant une langue ailée, une langue littéraire parlée que je trouve, hélas I manquer aux meilleurs de Theure présente : des comédies en6n où une myope Thalie ne serait plus cantonnée à regarder dans un petit coin avec une loupeCP. » Il faut remonter plus haut qu'Henriette Maréchal^ jusqu'au Mercadet de Balz ac, pour trouver un puissant essai naturaliste au théâtre. Mercadet, le financier véreux, est solidement campé, mais autour de luiil y a bien des êtres artificiels, mais on parle dans la plus grande partie du drame un langage de convention. Balzac, trop préoccupé de lutter avec les splendeurs lyriques de Victor Hugo^ne manie pas toujours heureusement le dialogue.

Le Chandelier d'Alfred de Musset doit aussi être regardé comme un retour au simple et au vrai. Assurément le poète des Nuits ne calque pas la réalité comme on essaie de le faire aujourd'hui, mais il a pétri sa pièce en pleine pâte humaine, et c'est à cause de cette humanité qu'elle vivra. Je ne sais pas de caractère plus fouillé, de physionomie plus nuancée et plus troublante, que le caractère et la physionomie de Jacqueline. C'est la meilleure empreinte que l'on ait donnée depuis Shakspeare de Téternel féminin. Les deux poètes ont également traduit le charme félin, le caprice, le mensonge et la perfidie qui sont la femme même.

Toujours ce compagnon dont le cœur n*est pas sûr» La femme, enfant malade et douze fois impur».

Al. Théâtre. Préface.

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