Leconte de Lisle, Poèmes barbares
.15G L'iVOLUTION NATURALISTE
Dans la mêlée humaine Tauteur des Corbeaux a vérifié les loÎF de Darwin, constalé que Timmoralité sociale dépasse encore « l'immoralité transcendante * » de la nature. L'écrasement du faible par le fort, le rut des loups sur la proie ont mis la sourdine à Thumanir tarisme des beaux vingt ans. Le poids d'une vie solitaire, l'espèce de quarantaine à laquelle les puissances du théâtre contemporain ont longtemps contraint les jeunes, leur coupant les vivres et la gloire, bien des infortunes privées qui blanchissent les cheveux et rident le front avant l'heure, n'ont laissé à M. Becque de pitié que pour les déshérités. Lui qui reproche à Y Assommoir sa dureté, sans s'apercevoir que cette dureté n'est qu'apparente, se complaît, comme un La Rochefoucauld, à étaler les férocités de l'égoisme humain. Il distille ses mots cruels, comme l'auteurdes Maximes, On l'a dit, et je ne sais si c'est avec plus de justesse que «l'ingéniosité, la Navette est une goutte de misanthropie concentrée '. Idéalisme à rebours. Suprême vengeance «les premiers rêves. La dernière joie
Du poète mort jeune à qui l'homme survit •\
c'est de faire de la société un portrait strict et de le lui jeter à la face en criant : Tiens, reconnais-toi!
M. Becque, peu soucieux de doctrines, s'est vu porté par le courant contemporain. Dédaignant la comédie d'intrigue dont il a donné un amusant modèle, VEnfant prodigue^ il a sabré un jour les conventions, traité un sujet simple, avec une antique simplicité de moyens.
L'histoire des Corbeaux, représentés à la Comédie-