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Acte II, se. IV

Louis XIV fit taire un jour les courtisans, sur le bord d'un bassin de Versailles. Dans les Corbeaux la caricature prend rarement la place du trait juste. Que Teissier dise à Marie : « Il faudraque vous veniez avec votre mère et vos sœurs, visiter ma maison de campagne. Vous n'êtes plus des enfants, vous n'abîmerez rien. Vous déjeunerez chez vous avant de partir etvous serez rentrées pour l'heure du diner * ;» ou qu'il lance cette interrogation : « Est-ce que vous ne seriez pas bien aise de laisser votre famille dans l'embarras et d'en sortir vous-même? J'aurais ce sentiment-là à votre place * ; » ou qu'il se rende, toujours inconsciemment, une suprême justice : « Vous être entourées de fripons, mon enfant, depuis la mort de votre père' »; on ne peut manquer d'étayer ces cruels motsde théâtre avec des mots analogues empruntés à la vie réelle. Dans le rôle de Merckens seulement, non pas faux, mais plus exceptionnel, il y a peut-être quelques touches de trop. En tout cas, celte sobriété fait l'immense supériorité de la pièce de M. Becque sur les comédies de Théodore Barrière. Barrière aussi est âpre, impitoyable. Mais Bassccour et Péponet sont des pantins à ressort, aux gestes prévus, aux repartiesétiquetées. Ils s'assoient tout d'une pièce, avec une raideur mécanique ; leurs paroles ont peu de nuances parce que leurs cerveaux ont été bâtis par un habile Vaucanson. Les faux bonshommes sont très marionnettes, par conséquent très faux. Avantage peut-être vis-ii-vis du public. Les grotesques ne fâchent personne, parce qu'en eux personne ne se reconnaît ou que 1*^. grossissement des traits est un gage d'innocuité. Il en est autrement lorsque les caractères ont le trouble et le nuancé de la vie. Et

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