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Acte II, se. ix

LE THÊATHE 369

peu fantaisiste. Ce professeur de piano est trop cynique, trop voyou. Jusque dans le style traînent par ci par là des phrases peu naturelles. « Chaque jour de retard, dit Bourdon, est gros de conséquences pour vous. Pendant que vous délibérez, Gaiilina est aux portes de Rome. Catilina, dans Tespèce, ce sont les hypothèques qui vous dévorent * ... » Madame Vigneron n'a pas compris : « Qu'est-ce que c'est que cotte phrase que je me rappel le : Catilina est aux portes de Rome ? ' » Je ne conçois, à mon tour, ni le mot du notaire, ni Tétonnement de madame Vigneron. Il y a là une intention comique où l'on voit la main de l'auteur.

On a reproché à M. Becque la scène du III* acte entre madame de Saint-Genis et Blanche. Il eût été plus naturel, a-t-on répété, que la rupture définitive fût annoncée par une lettre. Je crois que l'auteur des Corbeaux est dans le vrai. Une lettre avec sa brièveté serait inexplicite, courrait le risque d'exaspérer Blanche. Madame de Saint-Genis, après l'aveu de son fils, pense qu'il vaut mieux user de diplomatie, enlacer la fiancée dans de doux refus et de belles paroles, en un mot, prévenir tout éclat, iillie raisonne juste, et réussirait sans l'emportement de la jeune fille et sa propre colère. J'aime moins la subite folie, ou pour parler plus exactement, le subit égarement de Blanche, à la suite de la fameuse scène. M. Becque a beau avoir insisté dès le début sur la sensibilité et l'exaltation de son héroïne, la brusquerie du dérangement cérébral est choquante. C'est un lambeau de la vieille poétique du théâtre qui s'attache à la poétique nouvelle.

Vieilleries encore, les quelques monologues et les

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