Acte II, se. zi
quelques apartés du drame. J*admets à la rigueur que Teissier se parle à lui-même, pourvu que la conversation intime ne dure pas trop longtemps. Teissier est un barbon, de plus un solitaire, donc monologuiste. Mais il m'est absolument insupportable d'entendre madame de Saint-Genis délibérer in petto : « J'aime mieux décidé- 4nent avoir une explication avec cette jeune fille et lui déclarer que son mariage n'est pas remis, mais qu'il est rompu. 11 est préférable pour elle... etc... etc. ^ » Pour* quoi pas tout de suite le monologue d'Emilie :
Impatients désirs d'ane iUostre vengeance ' Dont la mort de mon père a formé la naissance...
ou le monologue de Gharles-Quint :
Gharlomagno, pardon ! — Ces voûtes solitaires Ne devraient répéter que paroles austères ; Tu t'indignes sans doute à ce bourdonnement Que nos ambitions font sur ton monument...
Procédés de l'ancien théâtre où triomphait la rhétorique, indignes du théâtre futur qui calquera la vie. Il est mille moyens d'expliquer les choses naturellement sans recourir à ces naïvetés. Nul personnage ne doit faire ses confidences au public ; andelà de la rampe, on doit vivre comme si le reste de la salle n'existait pas. Est-il rien de plus ridicule, de plus anti-réel que d'entendre tel acteur lancer très haut des réflexions, convenlionnellement inécoutées par des gens qui sont tout près de lui?
Mais les conventions, c'est l'arche sainte. Qu'on en casse deux ou trois, et vous allez admirer le beau tapage.
Nous sommes à la Comédie- Française. Un vent de