G. Schweinfurth, The heari ofAfricay II
immédiate punirait Taudacieux , fûl-il du plus haut rang, qui allumerait sa pipe à celle qui brûle toujours devant le trône royal *. — Un autre roitelet africain, voisin deTAIbert- Nyanza, disposait à son gré de la propriété de ses sujets, appauvrissait l'un pour enrichir l'autre , et il étoufluit les plaintes des individus spoliés, soit en les soumetlanl à la torture du brodequin, soit, plus sûrement encore, en les mettant à mort ^.
Mais le plus parfait modèle du pelil monarque absolu en pays nègre, c'est le roi de l'Ouganda, pays situé sur le litlo* rai du Yictoria-Nyanza et sur lequel Speke et Burton nous ont donné les plus intéressants détails. 11 ne semble pas que rien ni personne puisse refréner les caprices de ce despote noir. A son avènement, et par mesure de prudence, tous les princes de sa famille sont brûlés vifs, sauf deux, que Ton conserve pour le remplacer en cas d'accident'. Les iils du monarque, et il peut y en avoir une centaine, sont tenus en prison, les fers au cou et aux pieds, liés de manière à ne pouvoir sans aide, ni s'asseoir, ni se coucher, ni se relever*. Qu'une limite quelconque puisse être imposée au bon plaisir du roi de l'Ouganda, c'est une idée qui ne vient ni au maître ni aux sujets, c Je suis le seigneur de la terre, disait M'tésa, le roi régnant, aux Arabes, comme votre Allah est le Dieu du cieP. » Et il le prouvait en ordonnant à la fois des vingtaines d'exécutions capitales^. Son harem, alimenté par les dons des courtisans et des pères de famille, regorgeait de jeunes femmes; mais il en éciaireissuil la population, d'abord en faisant assommer presque chaque