‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 108 sur 538 · Clapperton, Second voyage^ II · texte numérisé non relu

Clapperton, Second voyage^ II

9î8 L'ÉVOLUTION POLITIQUE.

de grossière féodalité, avec fiefs payant la dime au suzerain et concédés à des nobles classés par catégories, qui, il y a peu d'années encore, se retranchaient dans leurs forteresses et n'en sortaient que pour piller leurs voisins ou détrousser les passants avec Taide de leurs vassaux et esclaves ^ : ils vivaient noblement, à la manière de nos barons du moyen âge. Mais au sommet de la hiérarchie féodale trône le roi, mailre du sol, des biens et même de la personne de ses sujets, qui l'appellent tout uniment c notre dieu » ^. En tout pays la royauté, même sauvage, aime à revêtir un caractère divin.

Pourtant l'hérédité du pouvoir semble mal réglée à Madagascar. Le souverain désigne ordinairement son successeur ; mais s'il y manque, les nobles le font pour lui, en s'astreîgnant pourtant à choisir son fils aine, à moins que ce fils ne soit tout à fait incapable de régner ^ Il existe en effet un grand conseil national, composé des chefs des provinces, des villes et des villages *. Si les règles de la succession au trône sont encore peu rigoureuses chez les Hovas, cela tient sûrement à l'état encore primitif de leurs mœurs, particulièrement de leur moralité sexuelle. — Le mariage hova est en effet de genre polynésien; il comporte sans grande difficulté l'infidélité réciproque.Le faiidra^ l'échange, le serment du sang, en usage dans toute l'Afrique orientale, rend communs aux deux contractants les droits conjugaux de chacun : c'est exactement le tayo polynésien. De plus la filiation est maternelle ; c'est la mère qui donne le sang, le rang ^ Le mariage entre frère et sœur n'est pas rare. En somme la famille est imparfaitement constituée; on n'est pas encore '

I . Dupré, Trois Mois à Madagascar, 135. t. Ellis, Hist. of Madagascar, I, 3il.

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