Fraser, Hiii. univ. voy., voL XXXV
à commander; personne ne se résignerait à obéir, c Nous sommes, disent-ils, un peuple sans chefs et nons n'en voulons instituer aucun. Nous sommes tous égaux et, parmi nous, chacnn est roi ^ > De même les Ostyaks respectent le cher de leur tribu, mais à la condition qu'il soit sage et vaillant; ils ne lui payent qu'un hommage tout volontaire ^. Sur le littoral océanien de la Tartarie, dans la baie de Castries et aussi dans l'ile de Saghalien, La Pérouse rapporte qu'il a trouvé des Tartares pêcheurs et nomades, vivant en état d'anarchie, mais d'anarchie bienveillante. Leurs mœurs étaient très douces; leurs rapports affectueux. Entre eux il n'y avait jamais de querelle. Ils respectaient leurs vieillards, traitaient humainement leurs femmes et ne les astreignaient à aucun travail forcé. La besogne de ces femmes consistait à faire sécher le poisson, à coudre les habits, surtout à soigner et allaiter les enfants. Comme il arrive en tout pays sauvage, celte dernière occupation durait longtemps, trois ou quatre ans, et parfois Ton voyait les nourrissons s'amuser à tirer do l'arc, puis cesser leur jeu pour se mettre à téter '. Ces Tartares primitifs semblaient n'avoir que des chefs de famille et aucun autre gouvernement *.
Le régime anarchique et égalitaire des Turcomans, des Ostyaks, des Tartares de la baie de Castries, certaines mœurs démocratiques des autres Mongols nomades, les amendes qu'ils infligent aux tentes inhospitalières, aux individus, qui, même involontairement, propagent une maladie contagieuse, comme la variole, etc., sont autant de survivances attestant les mœurs républicaines des ancêtres. Mais, en général, les Tartares nomades, plus civilisés, sont sortis de la
i. Vambéry, loc. cit., 283.