‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 116 sur 538 · Hue, Voy. en Tartane, II · texte numérisé non relu

Hue, Voy. en Tartane, II

g. Hue, loc. cit, — InrnoT, Ambassade au Thibet, I, 357; II, 121, 185.

LES PETITES MONARGillES BARBARES. 101

Après son exaltation intermittente, le pape thibétain gouverne tout simplement, comme un sultan. Les koutouktouSy les cardinaux, reçoivent de lui l'investiture politique et administrent les provinces. D'humeur fort guerroyante, ils se battent constamment entre eux, au grand dommage du pays où ils promènent le pillage et l'incendie*. — Le Boutan et le Thibet proprement dit ont la même organisation politique, mais le Boutan nous est mieux connu. Dans les deux pays, c'est la caste ou plutôt la classe lamaïque qui règne et occupe tous les emplois importants. Au-dessous d'elle existe une classe de guerriers, celle des zinkabs^ qui est son pouvoir exécutif, son bras séculier ^ Enfin, tout au bas de l'échelle sociale, languit la classe des paysans, mal nourris, mal vêtus, pillés par les gens de guerre, mais néanmoins pieux à l'excès, confiant leurs économies aux prêtres, qui en gardent toujours une partie, accablés de corvées, de contributions en nature et n'ayant aucun recours légal contre les lamas, qui sont maîtres des tribunaux ^.

Au Boutan, comme au Thibet,lemonarqueest une incarnation du Bouddha; c'est le teschou-lama, qui a aussi commué la peine de mort à laquelle nous sommes tous condamnés en une simple transmigration. Les souverains thibétain et boutanien sont censés avoir le don d'omniprésence et d'omniscience ; devant leur trône il faut se prosterner neuf fois. C'est un honneur de toucher du front laplante de leurs pieds sacrés. Leurs ordres doivent être exécutés à la lettre sous peine de mort. Ils ont le monopole du commerce et le droit d'imposer à leurs sujets telle corvée qu'il leur plaît (Turner, Ambassade au Tibeiy passim). Du haut en bas de la hiérarchie, toute la classe gouvernante s'engraisse aux dépens du peuple, dont

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