‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 118 sur 538 · H. Spencer, Sociologie^ UT · texte numérisé non relu

H. Spencer, Sociologie^ UT

cou^s^ Sur une population de cinq à six millions d'habitants» un seul homme, le roi, a le droit de rester debout, quand bon lui semble ; il est maître absolu du royaume, du sol et des habitants. Les princes se prosternent devant le roi ; les ministres devant les princes, les mandarins devant les ministresy les gouverneurs devant les mandarins; le peuple se prosterne devant tout le monde, reçoit à tout propos des coups de rotin et a souvent l'honneur de voir ses filles entrer dans le harem d'un fonctionnaire quelconque. Le maître, le roi, possède un troupeau de six cents femmes incessamment recruté par les dons volontaires des pères de famille. Devant les portiques de son palais, tout passant doit se découvrir, sous peine d'être rappelé à Tordre par des balles de terre fort dure, lancées par les gardes aux passants irrespectueux. D'inférieur à supérieur les formules de respect sont curieuses à force d'être abjectes. On dit, par exemple, en parlant à un supérieur : c Moi cheveu, moi animal >. Les grands dignitaires se promènent sur le Ménam, dans de longues embarcations surchargées de dorure et ayant auprès d'eux des officiers, qui reçoivent respectueusement dans des vases d'or leurs augustes crachats '. Les repas des fonctionnaires de cinquième ordre leur sont apportés par des serviteurs marchant à quatre pattes^. — Le roi, maître de la vie et des biens do tous ses sujets, se tient, quand il donne audience, dans une niche élevée d'une douzaine de pieds au-dessus du sol et il y est accroupi dans l'attitude hiératique du Bouddha; toute l'assistance se prosterne devant lui avec dévotion aussi longtemps qu'il daigne se laisser adorer^. La langue siamoise n'aurait, dit un

Page 1