‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 130 sur 538 · Ibid,, I · texte numérisé non relu

Ibid,, I

royal recevaient de la bouche des sages (amanias) le trésor, très pauvre encore, des connaissances réputées supérieures au Pérou : le rituel religieux, les usages militaires, Thistoire et la chronologie, les lois, les principes du gouvernement ^ Les Péruviens n'avaient pas encore d'écriture, mais les traditions jugées importanies étaient pieusement conservées et leur système de quiposy de cordelettes, diversement nouées et colorées, venait en aide à la mémoire. Il était d'ailleurs bien entendu que ces connaissances relevées étaient exclusivement le partage de la noblesse. Le populaire devait se borner à apprendre le métier de ses pères ^ .

L'éducation péruvienne n'était pas seulement intellectuelle. Le grand devoir de l'Inca et de ses nobles parents étant de guerroyer, on y préparait les jeunes Incas, sans en excepter l'héritier présomptif, par des exercices gymnastiques et militaires. Une fois Téducation achevée, les jeunes gens subissaient une très rigoureuse initiation exactement calquée sur celle des tribus peaux-rouges. Les épreuves consistaient en jeûnes prolongés, pendant lesquels il fallait se contenter de quelques poignées de maïs et ne boire que de l'eau, en luttes, en courses d'une lieue et demie, où le dernier arrivé au but était noté d'infamie, en combats avec des armes émoussées, mais dangereuses encore. Un maître d'escrime menaçait les candidats de sa pique, faisait mine de les frapper et quiconque reculait ou donnait le moindre signe d'appréhension était exclu. Puis on frappait fortement les candidats avec des baguettes et Ton éliminait ceux qui ne supportaient pas stoïquement les coups. Ces épreuves duraient trente jours et l'héritier du trône était traité avec une sévérité particulière^. Toutes ces preuves d'endurance,

1. Garcilasso, loc. cit., 126, 127. — Prescotl, loc, cit., I, 125.

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