Garcilasso, loc. ciL
quand Tlnca permetlait de bâtir ces édifices sacrés avec des pierres tirées de Cuzco même, du c nombril > de la monarchie ^ Une troisième catégorie d'édifices honoraient aussi beaucoup les villes de province : c'était les résidences royales. Les Incas en firent construire un bon nombre et toujours avec un grand luxe. Les murs en étaient tapissés d'ornements d'or et d'argent figurant des fleurs, des fruits, des animaux. Leurs portes étaient revêtues des mêmes métaux, relevés de pierres précieuses, incrustées de turquoises, d'émeraudes*.
Mais les Incas n'étaient pas des rois fainéants. Ils prenaient fort au sérieux, si l'on en croit les chroniques, leur rôle de soleil^errestre. Leur mission était double : convertir les infidèles, propager le culte solaire et faire régner dans leur vaste empire le bon ordre et le bien-être. Leur moyen de propagande parmi les tribus sauvages circonvoisines était la guerre, mais la guerre avec de bonnes intentions, la guerre sans haine ni colère, entreprise dans l'intérêt bien entendu de l'adversaire. J'aurai à revenir sur ces croisades solaires en traitant de la guerre en général. Un esprit de clémence et de miséricorde les inspirait. Les pays conquis étaient incorporés à l'empire, leurs habitants traités exactement comme les anciens sujets et soumis, comme ces derniers, à un despotisme paternel^
C'est au fondateur légendaire de la dynastie des Incas, à Manco-Capac, que les traditions péruviennes attribuaient l'établissement de ce curieui régime*. Manco-Capac, après avoir fondé Cuzco, aurait disséminé autour de cette Rome péruvienne une centaine de petites colonies, de petits centres