‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 136 sur 538 · Garcilasso, toc. cit · texte numérisé non relu

Garcilasso, toc. cit

de civilisation. Il est certain que, pendant toute la durée de l'empire, les déplacements, les transportations de populations entières furent les procédés le plus fréquemment usités par les souverains du Pérou, soit pour peupler des contrées désertes, soit pour soumettre des nations nouvellement conquises ou simplement pour en amender les mœurs S soit pour combler les vides creusés par la guerre. Dans de précédents ouvrages S j'ai décrit certains côtés de l'organisation sociale, instituée dans l'ancien Pérou, par exemple, tout ce qui a trait au mariage, à la famille, à la propriété. Je puis d jnc passer aujourd'hui rapidement sur ces importants sujets et me borner à une description très brève du régime administratif et économique en vigueur au Pérou.

L'Etat, représenté par rinca, était le grand propriétaire du sol, le grand régisseur de toute chose. Le sol arable était divisé en trois parties, l'une pour le Soleil et ses prêtres, l'autre pour l'Inca et sa famille, la troisième était annuellement répartie par lots égaux au peuple, obligé de tout cultiver. La population était fixée au sol. Défense de changer de séjour et de condition ; les professions étaient héréditaires. Chacun était marié administrativement à l'âge réglementaire de vingt ans. On épousait une parente^ et tous les mariages se faisaient, chaque année, le mêmejour. A chaque ménage était dévolue la jouissance d'un lot de terre, qui grandissait ou diminuait, chaque année, avec le nombre des enfants. Chacun devait aider son voisin et tous les travaux d'intérêt public se faisaient par réquisition : le percement des routes, les travaux d'irrigation, la construction des palais, temples, magasins publics. Dans ces magasins étaient déposés le produit des terres de l'Inca et de celles du Soleil, la laine

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