‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 137 sur 538 · Garcilasso, loc. cit., l · texte numérisé non relu

Garcilasso, loc. cit., l

des troupeaux de lamas, qui, tous, étaient propriété sacrée 0^ royale. Cette laine était tissée par réquisition et il en était de même du coton. La première servait à faire des vêtements chauds pour les montagnards; l'autre à habiller plus légèrement les habitants des plaines. Ces étoffes étaient tissées par les femmes, qui s'occupaient d'abord d'habillerleur famille, puis travaillaient pour les magasins de la couronne Des employés spéciaux réparlissaient les matières premières et surveillaient la fabrication des étoffes ^

Pour l'exécution de§ grands travaux publics, on réquisitionnait des bras dans toutes les provinces de l'empire ^ Ces corvées étaient gratuites; seulement l'état entretenait les travailleurs pendant la durée de la réquisition. Ce système de travail gratuit et collectif permettait d'exécuter des œuvres, qui ont émerveillé les conquérants espagnols, par exemple, les deux roules d'environ 700 lieues de longueur, qui parcouraient l'empire du nord au sud, l'une dans la plaine, au pied des Andes, l'autre sur le flanc de la chaîne. Cette dernière, au témoignage de Garcilasso de la Yega, passait même dans la région des neiges. Elle avait vingt-cinq pieds de largeur. Pour la construire, on perça les rochers en tranchées et en tunnels, on combla des précipices de quinze à vingt brasses de profondeur ^

Dans un pays où, par ordre supérieur, la population était fixée au sol, les routes ne pouvaient servir qu'au passage des armées, à celuides agents du gouvernement ou aux voyages du souverain. A des intervalles réguliers, de dix en douze milles, on avait construit, le long de ces routes impériales, des tambosy espèces de caravansérails, à l'usage des voyageurs officiels et où stationnaient des coureurs, chargés de

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