Ibifl.y II
A. Ibid.y II, 137.
LetouhneàU. — L'Évolution politique.
tique. Quatre grands électeurs, nommés pendant la vie du monarque défunt, choisissaient son successeur parmi les frères du roi ou, à leur défaut, parmi ses neveux. Les rois alliés de Tezcuco et de Tlacopan participaient à l'éleclion*.
La coutume républicaine deTinitiation avait été conservée au Mexique, mais fort atténuée, réduite à n'être plus guère qu'un cérémonial, une sorte de sacre religieux. Pourtant le nouveau souverain était encore soumis à quatre jours de jeûne, qu'il devait passer dans un temple \ Après quoi le grand-prêtre, qui toujours appartenait à la caste aristocratique, oignait le corps du monarque avec un onguent de couleur noire; il l'aspergeait d'une eau consacrée durant une grande fête donnée en l'honneur de la divinité favorite des Mexicains, le dieu de la guerre, le sanguinaire Iluitzlilopotchli, que l'élu devait flatter en lui sacrifiant des captifs pris sur le champ de bataille. Enfin le saint personnage haranguait le nouveau roi. Pour terminer, le roi allié de Teczuco plaçait sur la tète de l'héritier élu un diadème en forme de mitre.
Le monarque mexicain, roi ou empereur, avait des armes parlantes : un aigle saisissant dans ses serres un jaguar. Peut-être était-ce un ancien totem de clan; dans tous les cas, ce blason symbolisait bien la mission féroce imposée au souverain, dont le grand devoir était de se procurer par les armes, et ordinairement aux dépens des Tlascalans, des victimes que l'on sacrifiait au dieu de la guerre et que l'on dévorait ensuite. — Une fois intronisé, le roi devenait, comme tous les monarques barbares, un personnage planant de très haut au-dessus de son peuple. Il était "vénéré comme un dieu, entouré d'un luxe extravagant et ses or(?res étaient des
1. PicscoU, Hist. conquête^ Mexique ^ I, 18. t. Lafilau, Mizurs des SauvageSy II, 34.
lois. On allait jusqu'à lui attribuer le pou voir, de gouverner les éléments. Commele modeste sorcier de la tribu primitive, il pouvait faire à son gré la pluie et le beau temps ^ Lors de son couronnement, on lui avait même fait jurer d'obliger le soleil à continuer régulièrement son cours, les nuages à se fondre en pluie, les rivières à couler et les fruits à mûrir ^ Un être doué d'un tel pouvoir ne pouvait vivre comme tout le monde, aussi l'imagination de ses sujets s'était épuisée pour lui offrir toutes les jouissances que comportait la civilisation aztèque.
A Mexico, le palais impérial était une sorte de ville pouvant loger 3,000 personnes, et il avait pour annexes des greniers, des ménageries, des magasins pour les tributs, un harem de 1,000 femmes choisies parmi les plus belles du pays et dans les familles nobles ^. Chaque jour, depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, 600 hommes, 600 gentilshommes sous Montézuma, se tenaient dans les antichambres, attendant les ordres du maître en parlant à voix basse ^. Le palais de Mexico contenait trois cents chambres royales. De magnifiques jardins de plaisance y aliénaient. Dans les cages en bois de sa ménagerie étaient renfermés des animaux sauvages, que l'on nourrissait avec les intestins des victimes humaines offertes en sacrifice ^ L'empereur donnait-il audience? Les assistants, quels qu'ils fussenr, entraient les pieds nus et les yeux baissés. Regarder le monarque en face était un crime capital, comme chez les Zapotèques^. Quand le souverain sortait de sa luxueuse résidence, c'était dans un superbe palanquin, orné d'or, de