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pierreries, ombragé de plumes et porté par des nobles. Quiconque rencontrait le cortège devait s'arrêter à Tinstanl et baisser les yeuxS Des relais de courriers, échelonnés sur les routes, apportaient pour la table impériale, et chaque jour, du poisson frais. De belles jeunes femmes servaient l'empereur à table. Un écran masquait cette table et cinq à six grands seigneurs âgés assistaient seuls aux repas du maître. Celui-ci daignait quelquefois leur envoyer un morceau de choix % comme, d'autre part, il faisait largesse de quelques concubines à certains de ses favoris^. Les murs du palais étaient recouverts de tapis aux couleurs éclatantes et un millier de cassolettes odoriférantes parfumaient l'atmosphère. Le jour des fêtes religieuses, le roi mangeait dans de la vaisselle d'or; en temps ordinaire, dans de la faïence artistique de Cholula; mais chaque service ne paraissait qu'une seule fois sur sa table, et après le repas était abandonné aux gens de sa maison *.
Les nobles mexicains rivalisaient entre eux pour peupler de leurs filles le harem du souverain. Celui deMontézuma ne renfermait pas moins d'un millier de jeunes concubines, servies par deux mille autres femmes esclaves et gouvernées par des matrones d'illustre naissance. Si l'on en croit la chronique, cent cinquante de ces femmes étaient toujours enceintes en même temps et, pour réprimer le croît excessif de la progéniture impériale, on usait largement de l'avortcment. Néanmoins la natalité du harem était si forte que le père de Montézuma laissa cent cinquante fils \
L'entretien de la fastueuse et nombreuse maison impériale n'était pas une petite affaire. Un peuple d'ouvriers répa-