Bancroft, loc, cit», II
raient sans cesse la résidence souveraine, à Mexico et dans les provinces. A Mexico, les joailliers du palais composaient à eux seuls une petite armée. Diverses villes et provinces de l'empire contribuaient, chacune pour une part, à l'entretien de la cour, tant en personnel qu'en matériel. Vingt-huit villes fournissaient aux besoins du souverain et de sa suite, à l'entretien des édifices royaux. Pour cet office, elles se relayaient; il y en avait quatorze pour chaque semestre. Cinq villes entretenaient en bon état les appartements royaux ; huit provinces fournissaient à tour de rôle les forestiers, gardiens, jardiniers, ouvriers ornemanistes, etc. ^ Des dégrèvements de taxes compensaient les services rendus. Une telle hypertrophie de la tète monarchique suppose toujours dans un état le régime des castes et l'hérédité des conditions. Mais au Mexique et contrairement à ce qui existait au Pérou, l'hérédité n'était collatérale que dans la famille du souverain. Dans la caste aristocratique, le mariage était monogamique avec liberté de concubinat et l'héritage passait du père au fils, ordinairement au fils aine, caria noblesse était organisée d'après un système féodal, avec fiefs, tenures, obligation d'acquitter des redevances, de rendre hommage, d'assister le souverain dans ses guerres ^ Les nobles portaient un costume spécial ; seuls, ils avaient le droit de se parer de bijoux en or et de pierres précieuses^. A chaque avènement, le nouveau monarque devait confirmer les investitures de fiefs accordées par son prédécesseur*. Il y avait des ordres militaires, celui des princes, celui des aigles, celui des tigres, et chacun d'eux se distinguait par des armes et des costumes particuliers ^ L'on n'entrait dans