Ibid.y I
violence ^ L'antique existence des clans sauvages en Egypte est attestée par Tusage, longtemps conservé, des totems. Dans les combats, les chefs de clans portaient au bout d'une pique ces totems, ces blasons de leur groupe familial. Ces /otems étaient ordinairement animaux, comme chez les Peaux- Rouges, et Ton devait s'abstenir de manger l'animal dont ils étaient l'emblème '. C'est encore ce que font aujourd'hui les Cafres. De cette vénération pour les animaux totémiques provint la zoolâtrie égyptienne, dont les singularités ont tant amusé les écrivains de Rome. Chaque province d'Egypte avait son animal sacré ^. Les habitants de Mendès adoraient les chèvres et mangeaient les brebis; ceux de Thèbes vénéraient les brebis, mais mangeaient les chèvres*. Les voisins du lac Mœris respectaient religieusement les crocodiles; ceux d'Éléphantine les exterminaient ^ Diodore lui-même adopte l'interprétation totémique que je viens de donner; < on prit, dit-il, pour signe de ralliement des animaux, qui plus lard reçurent les honneurs divins » ^.
Avant toute législation positive, les sociétés primitives obéissent scrupuleusement à la tradition, à la coutume. L'origine de ces coutumes se perd dans la nuit des âges et, quand elles se formulent en lois, on les attribue ordinairement à quelque divinité. En Grèce, Minos se prétendit inspiré , par Jupiter; Lycurque, par Apollon. De même, en Egypte, les lois de Menés ou Mnévès avaient, croyait-on, été dictées par une divinité, à laquelle Diodore donne le nom de Mercure \
Quand les tribus sauvages évoluent progressivement, c'est