Ibid., I
en s'agrégeant, en constituant des groupes de plus en plus considérables. Tel fut aussi le mode de formation des provinces de l'Egypte, des nomes. Les petites unités ethniques primitives se soudèrent de proche en proche et constituèrent d'abord la haute et la basse Egypte, qui plus tard se fondirent ensemble ^ En traitant du mariage et de la propriété, j'ai relevé dans l'ancienne Egypte des survivances montrant que, dans ce pays comme partout, la famille avait été d'abord maternelle et la propriété commune. L'usage des allolements, particulièrement le vaste allotement pratiqué par Sésostris, prouve le second de ces faits généraux ; le rôle de la femme dans la famille égyptienne, l'obligation où étaient les Pharaons d'épouser leurs sœurs, attestent le premier. — Nous voilà donc en mesure d'affirmer que, tout en étant chronologiquement la première grande civilisation instituée, celle de TÉgypte n'a pas évolué autrement que les sociétés humaines, fondées à d'autres époques et dans d'autrescontrées.Quandl'histoirenousfaitconnaitrerÉgypte, c'est un empire déjà mûr, vieilli, dont l'organisation politique et sociale est celle de la grande monarchie barbare. Je ne saurais la décrire ici dans tous ses détails, mais j'en signalerai les principaux caractères, et cela suffira pour montrer combien étroite était son analogie avec le régime politique du Mexique et du Pérou.
Comme Tlnca, comme l'empereur du Mexique, le Pharaon était l'objet d'une sorte de culte; c'était un dieu terrestre. D'ailleurs l'histoire des religions montre clairement que les dieux du ciel ont été fort souvent de simples effigies des rois de la terre. Mais si l'on en croit Diodore, et son assertion est conforme aux lois sociologiques, la monarchie, égyptienne ne s'établit pas d'emblée. Tout d'abord le pouvoir