H. Spencer, Sociologie, III
royal fut seulement viager et la récompense de ceux qui avaient rendu au peuple de grands services. Ce fut le légendaire Menés (Mena), qui aurait fondé la monarchie égyptienne, unifié le pays et soumis la caste des prèlres (Hérodote, Diodore) \ Une fois institué, le pouvoir monarchique finit par devenir héréditaire : c'est la règle. En même temps le monarque acquérait des privilèges et un prestige divins ; il était littéralement adoré, comme le montre bien la prière suivante, adressée à Ramsès H : c Ils se jetèrent à terre et, levant les mains, ils prièrent le roi en ces termes : Nous venons devant toi; seigneur des cieux, seigneur de la terre, soleil, vie du monde, maître du temps... maître de la prospérité, créateur des moissons, fabricateur des mortels, dispensateur de la respiration, toi qui animes la compagnie entière des dieux... toi qui as fait les grands et créé les petits... toi, notre seigneur, notre soleil, par la parole de qui Tum vil... accorde nous la vie par tes mains... et Tair pour nos narines > ^. Les monuments égyptiens nous montrent les prêtres, les prêtres eux-mêmes, prosternés devant le souverain ^ Celui-ci est si parfaitement assimilé aux divinités du pays, que sa mort, comme celle du bœuf Apis, entraine un deuil général de 72 jours*. De même que rinca Péruvien, le Pharaon d'Egypte est assimilé au soleil; il « fait luire son visage sur TÉgypte, comme le soleil ^ » ; il était littéralement adoré; Diodore nous l'affirme et les monuments nous le prouvent®. A sa mort, la population déchirait ses vêtements, fermait les temples s'abstenait de tout sacrifice pendant la durée de son deuil. Par centaines