‹ L'évolution politique dans les diverses races humainesChapitre 156 sur 538 · Diodore, I · texte numérisé non relu

Diodore, I

alors les Ëgyplicns des deui sexes parcouraient les rues des villes, la tèle souillée de fange et en chantant des hymnes lugubres à la louange du roi défunt. Jusqu'à l'expiration de leur deuil ils s'abstenaient de froment, devin, de tout aliment provenant d'un être animé *.

Ces souverains divinisés étaient tout naturellement les propriétaires de leur peuple. Ils le pouvaient traiter, s'il leur convenait, comme un bétail, et certains d'entre eux ont, le plus tranquillement du monde, réalisé de monstrueux caprices, dégagés de toute considération d'humanité. Ainsi Sésoosis, père de Sésoslris, s'empara tout uniment de tous les enfants mâles, nés le même jour que son fils, et les lit élever militairement afin d'en former un noyau d'armée pour son héritier*. Avant de partir pour une expédition, le même souverain procéda à une distribution de terres. Il se faisait traîner sur un char par des rois ou chefs vaincus''. Ptolémée Physion, pharaon hellénique pourtant, pour se venger de l'aversion que lui témoignait sa sœur et épouse, Gléopâtre, mit en pièces leur enfant et en enferma les morceaux dans une caisse, qu'il fit déposer aux portes du palais de sa femme, la veille de son anniversaire*. Aménophis, pratiquant hardiment la doctrine darwinienne de la sélection, aurait ordonné de rassembler tous les lépreux ou infirmes de l'Egypte et les aurait fait précipiter au nombre de 80,000 dans les carrières de Tourah^ Les Pharaons Chéops, Clièphren et Menkèra, firent élever, chacun, leur pyramide. Pour celle de Chéops, des équipes de 100,000 corvéables se relayaient de trois mois en trois mois. Il fallut à ces foules de travailleurs dix ans rien que pour construire une chaus-

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